LE VERGER DU COLOMBIER SUR LE CHEMIN DU BIO

Après huit ans de collaboration fructueuse avec son père, Martin Noyon, amoureux de la terre et de son terroire, reprend en 2014 l’affaire familiale pour devenir le nouveau gérant du Verger du Colombier, situé à Suzanne, dans la Somme. Il est accompagné par sa femme Ariane Noyon dans ce projet de vie. Mon père a […]

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Le Verger du Colombier sera labellisé Agriculture biologique en 2019.

Après huit ans de collaboration fructueuse avec son père, Martin Noyon, amoureux de la terre et de son terroire, reprend en 2014 l’affaire familiale pour devenir le nouveau gérant du Verger du Colombier, situé à Suzanne, dans la Somme. Il est accompagné par sa femme Ariane Noyon dans ce projet de vie.

Mon père a toujours eu un temps d’avance, notamment au niveau des méthodes de production privilégiées. » C’est ainsi que très vite, l’envie de s’investir pleinement dans une agriculture respectueuse de la nature et la moins interventionniste qui soit s’est éveillée chez Martin Noyon. « C’est peut-être la plus dure, mais la plus intéressante pratique à mes yeux. Grâce à lui, j’avais une bonne idée des ouvertures que je pouvais avoir au moment où mon père déciderait de céder la société civile d’exploitation agricole. » Pomiculteur éco-responsable, Martin Noyon, en duo avec son père François, mène déjà depuis quelques années une agriculture dite raisonnée qui valorise le travail harmonieux avec la nature et la faune auxiliaire. « Sans vraiment en être conscients, nous étions vraiment à la limite de l’agriculture biologique, précise-t-il. Un verger écoresponsable suit différents principes, dont celui d’observer et de comprendre la vie du verger. Cela induit un respect strict des équilibres naturels. Je dois identifier les meilleurs moyens pour que tout un écosystème puisse vivre en totale harmonie. On introduit par exemple des auxiliaires pour lutter contre les araignées rouges. Ces insectes sont très utiles pour préserver le verger et à terme la qualité de la production. »

D’UNE AGRICULTURE RAISONNÉE AU BIO

La transition vers le bio a donc été facile à opérer. « On décide de substituer la chimie par des instruments qui permettent de travailler mécaniquement. Nous avons investi dans une désherbeuse afin de travailler l’arbre au niveau du sol. Ceci a pour conséquence directe de déranger les mulots. On enfouit également à la base de l’arbre des compostes et fumiers afin que ce dernier puisse subvenir à ses besoins en nutrition », souligne Martin Noyon. Mais, la transition a également été importante pour le pomiculteur Samarien, qui doit apprendre à produire et vendre en même temps. « Au départ, j’avais une appréhension puisque cela engendre des changements fondamentaux dans notre approche. Il est crucial d’observer quotidiennement le verger, le scruter dans les moindres recoins. Nous mettons également des pièges avec des capsules pour capturer des papillons pouvant ravager le verger. On intervient ainsi dans le bio contre les maladies et contre les ravageurs. Ce sont bien sûr des techniques et des traitements entièrement naturels, indique le gérant du Verger du Colombier. Le marché du bio, je ne le connais pas trop encore. Je commence en rencontrant divers arboriculteurs plus expérimentés. On y va prudemment en suivant une approche humble. » Celui qui en est aujourd’hui à sa troisième récolte et qui obtiendra le label Agriculture biologique en 2019, dispose de six hectares en bio avec une augmentation chaque année de la superficie dédiée à ce type de production. Dans ce cadre, Martin Noyon est régulièrement audité par Ecocert. « Des inspecteurs viennent de façon impromptue pour évaluer l’ensemble de l’entreprise, notamment au niveau des achats biologiques. Ceci est toujours très bien encadré », explique-t-il.

UNE TRANSITION MAÎTRISÉE

Aujourd’hui, Martin Noyon est en pleine période de test pour constituer à terme un verger bio adapté. Soucieux de la qualité de sa production, il est en train de renouveler une partie de l’ancien verger avec des anciennes variétés, plus résistantes et plus adaptées au terroire picard – comme la Belle de Boskoop, la Pirouette ou encore la Conférence pour la poire -. Avec quatre salariés permanents, des salariés saisonniers, et une trentaine de clients différents tels que les grandes enseignes (Auchan, Leclerc…), les magasins en direct (Intermarché…), quelques grossistes, la restauration collective de collectivités (écoles, maisons de retraite…) et des intermédiaires qui commercialisent les produits à Paris, Martin Noyon a su reprendre les rênes de l’affaire familiale avec brio en menant une transition d’une agriculture raisonnée à une agriculture bio parfaitement réussie. « Je m’investis à 200% dans ce projet qui est un véritable challenge. Je me dois de communiquer efficacement via le site Internet et l’animation des divers points de vente. Je fais le choix de me déplacer pour faire déguster les jus de fruits artisanaux. Ce pan de mon activité est tout autant crucial afin de faire connaître au grand public ma vision et le sens de ma démarche. »