CARESSE DE COTON, DE LA DOUCEUR ET DU BIO SIGNÉS MALTERRE

Dirigée depuis 1981 par Laurent Malterre, l’entreprise de tricotage Malterre implantée à Moreuil dans la Somme a su perdurer grâce à la recherche et développement d’innovations textiles. La société spécialisée dans la fabrication d’étoffe à maille pour la lingerie, le prêt-à-porter et le balnéaire a lancé, en 2010, sa propre gamme de vêtements biologiques et […]

1053

Dirigée depuis 1981 par Laurent Malterre, l’entreprise de tricotage Malterre implantée à Moreuil dans la Somme a su perdurer grâce à la recherche et développement d’innovations textiles. La société spécialisée dans la fabrication d’étoffe à maille pour la lingerie, le prêt-à-porter et le balnéaire a lancé, en 2010, sa propre gamme de vêtements biologiques et hypoallergéniques, baptisée « Caresse de Coton ».

Face à la concurrence asiatique et aux nombreuses délocalisations, le secteur du textile français a souffert ces 30 dernières années. Et ce n’est pas Laurent Malterre qui dira le contraire : son grand-père et son père fabriquaient déjà des tee-shirts et des maillots de bain au sein de Malterre SA, une usine de bonneterie réunissant des ateliers de tricotage, de teinture et de confection. Celle-ci déposera le bilan en 1979, puis sera reprise la même année par le groupe Kindy, à l’initiative de Patrick Boquert. Laurent Malterre est donc reparti de zéro, en fondant sa propre société, Tricotage Malterre en 1985 à Moreuil. Après avoir ouvert un restaurant à Moreuil et crée une société de communication à destination des collectivités locales et de la presse d’entreprise, Patricia Malterre rejoint l’entreprise familiale, dix ans après sa création.

 INNOVER POUR PERDURER

« Il y a 30 ans lorsque l’entreprise de mon père a disparu, j’ai compris que le textile ne pouvait survivre en France qu’à condition de se mettre à l’écoute du marché, explique le dirigeant, en proposant des produits correspondant à une demande spécifique. » Au cœur d’un contexte de vive concurrence liée à la mondialisation dans le secteur textile, il a choisi de se positionner sur des marchés de niche et plus particulièrement sur celui des textiles techniques. La stratégie se révèle payante, et permet à l’entreprise de survivre à l’effondrement de la filière textile picarde. « Nous faisons du cousu main, ce que la grande industrie délocalisée en Asie, ou ailleurs, ne peut proposer. Nous produisons des petites séries, qui font avant tout appel à l’innovation. » Et parmi les produits confectionnés dans l’usine de Moreuil, on retrouve des doublures pour la lingerie féminine, des minerves cervicales, des bandeaux en maille respirante pour les femmes subissant des chimiothérapies, des cagoules ignifugées pour les pilotes de chasse, des pistes d’escrime homologuées par la Fédération internationale d’escrime, ou des bandes de voltige destinées aux acrobates circassiens. D’autres innovations sont le fruit de partenariats locaux, à l’instar de la cagoule adaptée aux grands prématurés pour la réalisation d’électroencéphalogrammes élaborée avec le CHU d’Amiens, une première mondiale qui a été brevetée.

ALLIER TEXTILE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE

« Depuis quelques années, on assiste à une demande de sens de la part des consommateurs. Ils souhaitent des produits fabriqués en France, écologiques pour l’environnement, la planète et le bien-être de leurs enfants, réalisés de manière éthique et respectueuse du travail des hommes, ajoute Laurent Malterre. Le bio nous est naturellement venu à l’esprit, car cet engagement correspond à notre sensibilité. » En 2010, le couple Malterre décide de lancer sa propre gamme de produits bio, sous le doux nom de « Caresse de coton ». Elle se compose d’une quinzaine de modèles de vêtements d’intérieur pour hommes, femmes et bébés : tee-shirt, pantalon large, short, gilet, cache-cœur… Tous sont de couleur écrue, afin d’être totalement cohérents, les colorants ont été éliminés car trop polluants. Toute la chaîne de fabrication est contrôlée par l’entreprise : du dessin des modèles à la vente en ligne des produits en passant par l’ensemble des processus de fabrication. Le fil du tricot, les étiquettes, les cordons, et le fil à coudre sont entièrement fabriqués avec du coton, « la matière première la plus naturelle et la plus appréciée des consommateurs ». Le coton est certifié biologique par l’organisme italien ICEA (Institut pour la certification éthique et environnementale) habilité à émettre des certificats en accord avec les standards internationaux Global Organic Textile Standard (GOTS). Les boutons sont fabriqués à partir de noix de coco biologiques, et l’encre des étiquettes est également certifiée bio. L’engagement de l’entreprise Malterre ne s’arrête pas au biologique, le local prime également : tous les fournisseurs sont situés dans un rayon de 15 kilomètres, à l’exception du filateur qui lui est à moins de 30 kilomètres. Malterre gère également la vente directe aux consommateurs, à travers son site en ligne Caresse de Coton : « Grâce à Internet, nous pouvons supprimer les intermédiaires et proposer des produits haut de gamme à des prix très abordables », précise Laurent Malterre.