AMIENS RÉFLÉCHIT À LA MOBILITÉ DE DEMAIN

La quatrième édition des Assises du transport a permis de réfléchir à la mobilité, à son financement et à son évolution avec une plus grande part laissée aux transports alternatifs. Nemo, le futur Bus à haut niveau de service a également été présenté. Il est important pour nous d’organiser ces Assises chaque année. C’est un […]

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La quatrième édition des Assises du transport a permis de réfléchir à la mobilité, à son financement et à son évolution avec une plus grande part laissée aux transports alternatifs. Nemo, le futur Bus à haut niveau de service a également été présenté.

Il est important pour nous d’organiser ces Assises chaque année. C’est un bel exemple de démocratie locale qui donne lieu à une réelle réflexion et nous donne l’opportunité d’être plus intelligents ensemble », lance Brigitte Fourré, maire d’Amiens en préambule de ce quatrième rendez-vous devant un parterre d’élus – dont Frank Dhersin, vice-président Transports au conseil régional des Hauts-de-France, d’usagers et d’acteurs locaux. Pour Pascal Rifflart, en charge des transports à la ville, il s’agit d’animer de vrais échanges autour d’un projet de mobilité.

FINANCER LA MOBILITÉ

À l’heure où l’on parle de plus en plus de transports alternatifs et où la politique de mobilité mise en place par les acteurs locaux est scrutée à la loupe, ces Assises ont permis de s’intéresser à la question du financement. « Le législateur a prévu que le service public de transport peut être déficitaire contrairement à l’eau par exemple. À votre avis qui finance les transports et dans quelles proportions ? », interroge Sébastien Capron, directeur des Finances au sein d’Amiens Métropole. Le silence laisse à place à plusieurs hypothèses avant que les chiffres amiénois apparaissent. « Aujourd’hui, sur 100 euros, l’usager finance 8 euros, les entreprises 55, l’autorité organisatrice de la mobilité [ndlr, Amiens Métropole] 27 euros et l’État, 10 », explique Sébastien Capron. À partir de cette équation, proposer de nouveaux services devient un réel challenge. Ligne vers les zones rurales, desserte d’un collège, chaque choix remet en question l’équilibre financier.

CHANGER SON MODE DE TRANSPORT

Les deux autres ateliers étaient eux consacrés à des mises en situations concrètes. Parmi différents scénarii, les participants devaient recréer le parcours d’habitants du territoire et mettre en évidence le mode de transport le plus efficace. « Quand on voit ça, on a envie de vendre sa voiture en rentrant », bougonne un retraité en constatant l’écart de coûts annuel entre une voiture et un abonnement de train. « Les gens ne comptent que la consommation d’essence, mais il faut aussi regarder l’usure, l’assurance… », poursuit une représentante d’usagers qui propose de baisser les remboursements kilométriques pour inciter les automobilistes à préférer un autre mode de transport. « Si l’on habite à Saint-Riquier et que l’on va travailler à Amiens tous les jours, le plus simple c’est de prendre sa voiture jusqu’à Abbeville et d’ensuite prendre le train jusqu’à Amiens », propose une autre en vérifiant les horaires de bus mis à sa disposition. Bilan à la fin des ateliers ? Entre le bus, le train, le covoiturage et l’électrique, l’offre alternative se développe. « Il faudrait une meilleure coordination entre tous les acteurs, une vraie régularité, une hausse de fréquence et une offre tarifaire globale », pointe une participante.