DE L’ARTISANAT INDUSTRIEL… OU L’INVERSE

La PME du Valenciennois Briqueterie Chimot fabrique des briques traditionnelles au moyen d’un four Hoffmann qui fonctionne toujours au charbon, comme en 1904. Un travail « à l’ancienne ». Les pavés du chemin d’accès et la cheminée en briques, cerclée de fer, que l’on aperçoit de loin, semblent préparer à un voyage dans le temps. Et c’est […]

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La PME du Valenciennois Briqueterie Chimot fabrique des briques traditionnelles au moyen d’un four Hoffmann qui fonctionne toujours au charbon, comme en 1904. Un travail « à l’ancienne ».

Les pavés du chemin d’accès et la cheminée en briques, cerclée de fer, que l’on aperçoit de loin, semblent préparer à un voyage dans le temps. Et c’est vraiment le cas : la briqueterie Chimot a, en effet, conservé un outil de travail, un savoir-faire et une méthode qui remontent à 1904. Ici, le numérique n’a pas sa place et les briques, fabriquées à partir d’une terre argileuse locale, sont toujours cuites dans un grand four Hoffmann fonctionnant au charbon. Ces fours ont été inventés en 1858. « Dans le Nord-Pas-de-Calais, il n’y a plus que deux entreprises comme la nôtre : Lamour à Waziers et nous, ici, à Marly », explique Pierre Goethals, co-gérant.

ENTREPRISE DU PATRIMOINE VIVANT

Pierre Goethals a repris, sauvé de la disparition et relancé l’activité à partir de 1985. La famille Chimot est toujours propriétaire et, dans son précédent métier, il lui vendait le charbon nécessaire à l’activité. Aujourd’hui, à 62 ans, il gère la Sarl avec son épouse Joëlle. Ils sont à la tête d’une entreprise devenue rare, qui emploie 22 salariés et occupe 1,5 hectare. Quatre millions, c’est à peu près le nombre de briques fabriquées chaque année. La briqueterie a par ailleurs reçu le label ministériel « Entreprise du patrimoine vivant ». « Nous sommes une PME industrielle et artisanale, ou l’inverse… » La briqueterie a notamment travaillé pour des chantiers à caractère historique : le fort Vauban à Arras et le Familistère à Guise. UNE NICHE DANS LA RÉNOVATION Cette méthode de fabrication à l’ancienne permet à l’entreprise d’occuper, avec son « four musée », une sorte de niche économique. « Notre marché, c’est à 80% de la rénovation, essentiellement dans la construction individuelle. On rayonne dans les Hauts-de-France, le nord de Paris, la Normandie et la Belgique, où l’on réalise 20% de notre chiffre d’affaires. Nos interlocuteurs directs sont des négociants en matériaux mais nous avons des contacts avec des maçons, des architectes, des particuliers, toujours séduits par la brique rouge traditionnelle du Nord. » Ce n’est pas la première fois que la briqueterie Chimot participe au salon Nordbat de Lille. « C’est un beau salon régional, le seul auquel on participe d’ailleurs. C’est pour nous faire connaître et prospecter. On y rencontre 90% de nos clients et tous les briquetiers, surtout belges et français, y sont. »