LE RECRUTEMENT DES CADRES EN CONSTANTE AUGMENTATION

L’Association pour l’emploi des cadres (Apec) vient de délivrer les résultats de son étude annuelle sur l’emploi des cadres dans chaque région de France. Christine Badier, responsable du centre Apec d’Amiens, a fait le bilan des recrutements en 2017 et des perspectives de recrutement pour 2018 dans les Hauts-deFrance, et plus particulièrement en Picardie. Pour […]

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25% des recrutements en 2017 ont concerné des personnes ayant entre un et cinq ans d’expérience.

L’Association pour l’emploi des cadres (Apec) vient de délivrer les résultats de son étude annuelle sur l’emploi des cadres dans chaque région de France. Christine Badier, responsable du centre Apec d’Amiens, a fait le bilan des recrutements en 2017 et des perspectives de recrutement pour 2018 dans les Hauts-deFrance, et plus particulièrement en Picardie.

Pour réaliser son étude, l’Apec a interrogé 11 000 entreprises en France, dont 887 dans la région Hauts-de-France. Elle révèle que le taux de recrutement des cadres a augmenté de 10% au niveau national en 2017, avec une tendance à la hausse dans chaque région. « Du jamais-vu depuis 2008 », affirme Christine Badier, responsable du centre Apec d’Amiens. Dans les Hauts-de-France, 15 090 cadres ont été recrutés (une augmentation de 5% par rapport à l’année précédente). 2 910 nouveaux postes cadres ont été créés et seuls 4 020 salariés non-cadres ont été promus au statut de cadre en interne. « Il y a eu une diminution de 8% des promotions en interne par rapport à l’année dernière. C’est peut-être la conséquence d’une forte augmentation des promotions en 2016 : les entreprises ont fait le tour des salariés pouvant être promus. Mais c’est aussi l’effet de l’émergence de nouvelles spécialisations. Les sociétés cherchent à recruter des personnes ayant de nouvelles compétences, en lien avec la digitalisation par exemple », explique la responsable de l’Apec d’Amiens. Une tendance qui justifie aussi l’âge moyen des cadres recrutés : 25% des recrutements en 2017 ont concerné des personnes ayant entre un et cinq ans d’expérience. Pour 2018, les entreprises chercheraient à recruter 27% de leurs cadres dans cette même tranche. « Les seniors, avec plus de 16 ans d’expérience, ont du mal à s’insérer à nouveau sur le marché. Ils n’ont pas les compétences liées à la numérisation. Pourtant, leur savoir-faire reste indispensable et complémentaire à l’avancée digitale. »

LA PICARDIE DEVANCE LE NORD-PAS-DE-CALAIS

En 2018, les entreprises des Hauts-de-France prévoient d’embaucher entre 15 620 et 16 682 cadres, soit 4 à 11% de plus que lors des pré- visions pour 2017. « Nous pouvons même espérer que les chiffres en 2018 dépasseront ces prévisions. En effet, les résultats des années précédentes montrent que les sociétés interrogées font toujours preuve de réserve quant à l’avenir », confie Christine Badier. Les entreprises picardes seraient d’ailleurs plus ouvertes à l’augmentation de leur effectif cadre que les entreprises du Nord-Pas-de-Calais (entre 5 et 12% d’embauches supplémentaires pré- vues en Picardie contre 3 à 10% d’embauches supplémentaires prévues dans le Nord-Pas-deCalais). L’Oise serait même le département le plus enthousiaste des Hauts-de-France : 21% des entreprises isariennes se disent prêtes à augmenter leur effectif cadre (+9% par rapport aux prévisions de l’année 2017) et seule 2% des entreprises du département n’envisagent aucun recrutement. « L’Oise est en quelque sorte l’antichambre de la région parisienne, d’où ce coup de fouet à l’économie du territoire », déduit la responsable.

L’INFORMATIQUE, PORTEUR DE NOUVELLES EMBAUCHES

Sans surprise, ce serait pour des fonctions liées à l’informatique que les entreprises des Hauts-de-France chercheraient à recruter des cadres en 2018 (20% des prévisions). En 2017, c’est la fonction commerciale qui a le plus recruté. Christine Badier se réjouit également d’une stabilité des prévisions de recrutements dans la recherche et le développement (15% des pré- visions) : « Ça prouve que la région continue d’investir ». La production industrielle et les chantiers, quant à eux, recrutent moins qu’auparavant, avec une baisse de trois points par rapport aux années précédentes. Tous secteurs confondus, ce sont les services et les industries qui portent au plus haut le taux d’embauche de cadres.