LE GOUVERNEMENT VEUT AIDER PLUS EFFICACEMENT LES PME

Mieux accompagner les PME d’aujourd’hui en simplifiant les dispositifs existants, miser sur la culture des jeunes pour préparer l’avenir : le Premier ministre, Édouard Philippe, a présenté le plan du gouvernement pour améliorer les outils publics destinés à favoriser l’export des PME. L’export, c’est aussi une question d’état d’esprit, de culture, d’après Édouard Philippe. C’est […]

1193
Crédit Photolia

Mieux accompagner les PME d’aujourd’hui en simplifiant les dispositifs existants, miser sur la culture des jeunes pour préparer l’avenir : le Premier ministre, Édouard Philippe, a présenté le plan du gouvernement pour améliorer les outils publics destinés à favoriser l’export des PME.

L’export, c’est aussi une question d’état d’esprit, de culture, d’après Édouard Philippe. C’est donc devant un parterre d’étudiants de l’Edhec Business school, une école de commerce implantée à Croix (Nord), que, le 23 février dernier, le Premier ministre a présenté le plan du gouvernement destiné à améliorer les dispositifs publics d’aide à l’export. Les mesures prévues portent principalement sur trois thèmes : les dispositifs de financement des entreprises, ceux concernant leur accompagnement et la formation, initiale et continue, en anglais et en commerce international. C’est la première fois que des thèmes relatifs à la formation sont autant mis en avant dans un plan sur les outils d’aide à l’export. Exemple, le Premier ministre a indiqué vouloir développer l’apprentissage de l’anglais. D’ici trois ans, l’État financera à chaque étudiant, avant d’entrer en premier cycle universitaire au mieux et au plus tard avant la fin de ce premier cycle, une certification internationale en anglais de type Cambridge, IELTS, ou TOEFL, prévoit par exemple le plan. Côté formation continue, le gouvernement souhaite que les apprentis bénéficient d’un dispositif Erasmus, leur permettant d’effectuer une partie de leur formation à l’étranger. Mais le plan prévoit aussi un parcours de formation à l’export spé- cifiquement dédié aux TPE, PME et ETI (Entreprises de taille intermédiaire), afin de les encourager à aborder le sujet de l’export, et les aider à se professionnaliser dans leur démarche. Le dispositif, à visée opérationnelle, est actuellement à l’étude. Il devra être mis en place avec le soutien des Chambres de commerce et d’industrie (CCI) et l’appui des Conseillers du commerce extérieur de la France (CCE).

MIEUX ORGANISER LES DISPOSITIFS EXISTANTS

Au-delà de ces nouveautés à venir, le plan du gouvernement s’attache essen tiellement à mettre de la cohérence entre les actions des multiples acteurs publics chargés du soutien à l’export. Une dé- marche déjà entamée par le précédent gouvernement : en 2015, par exemple, Ubifrance, agence chargée de soutenir les entreprises à l’export, et l’Agence française des investissements internationaux, chargée de favoriser les investissements étrangers sur le territoire, avaient fusionné au sein de Business France, aujourd’hui encore chargé des deux missions. Le plan présenté par Édouard Philippe tente donc de mettre sur pied un dispositif plus efficace et également plus lisible pour les entreprises. Concrètement, il devrait prendre la forme, sur Internet, d’une plate-forme informatique destinée à fournir aux entrepreneurs les informations et contacts nécessaires à leurs projets. Sur les territoires, dans chaque région, les entrepreneurs trouveront un guichet unique donnant accès aux ressources des différents acteurs de l’export. Les régions sont tête de file sur la définition de ce projet, en collaboration avec Business France et les autres acteurs publics de l’export. Côté financement, Bpifrance, devient le guichet unique en matière d’export. Nouveauté, l’assurance prospection proposée par la banque publique sera amplifiée et étendue. Désormais, les entreprises assurées recevront dès le début de leur contrat avec Bpifrance Assurance Export une avance de trésorerie, à hauteur de 50% de leur budget prévisionnel de prospection. L’objectif du plan du gouvernement consiste à accroître le nombre d’entreprises exportatrices, traditionnellement très faibles : en France, on en compte environ 124 000, contre plus du double en Allemagne. En 2017, le déficit commercial s’est encore aggravé passant de 48,3 milliards d’euros en 2016 à 62,3 milliards d’euros.