LA DÉCULTURATION, CLÉ DU MANAGEMENT

Invitée par l’École supérieure de commerce (ESC) d’Amiens le mardi 23 janvier, Estelle Morcant-Riquier, fondatrice et dirigeante du cabinet M&P Consulting, a questionné les chefs d’entreprise et élèves présents sur l’état actuel de leur légitimité en tant que manager ou futur manager. Ingrédient nécessaire à la performance collective en entreprise, la légitimité managériale n’est, selon […]

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Estelle MorcantRiquier, fondatrice et dirigeante du cabinet M&P Consulting.

Invitée par l’École supérieure de commerce (ESC) d’Amiens le mardi 23 janvier, Estelle Morcant-Riquier, fondatrice et dirigeante du cabinet M&P Consulting, a questionné les chefs d’entreprise et élèves présents sur l’état actuel de leur légitimité en tant que manager ou futur manager.

Ingrédient nécessaire à la performance collective en entreprise, la légitimité managériale n’est, selon Estelle Morcant-Riquier, pas assez questionnée. « Pourtant, c’est souvent la source des dysfonctionnements pour lesquels mes clients viennent me voir », confie-t-elle. Il n’y aurait pas de modèle managérial pour qu’une équipe fonctionne et s’épanouisse au travail. Car la légitimité ne dépend pas de ses actes, mais de sa façon d’être et de la façon dont l’autre nous perçoit. « La communication doit être montante et descendante au sein d’une équipe. Un manager fixe la destination, mais pas le chemin. »

CONFLIT ENTRE GÉNÉRATION X ET Y

La légitimité du manager est d’autant plus mise en question ces dernières années, à cause d’une mutation des générations. « La génération X, née entre 1964 et 1981, a connu les Trente Glorieuses et les grandes valeurs du travail. Elle a une grande reconnaissance envers la hiérarchie et cherche toujours à faire ses preuves. La génération Y, née entre 1981 et 1996, cherche davantage le bienêtre au travail, sans se fidéliser à une entreprise. Plus que la rémunération, c’est le sentiment d’appartenance à un groupe de travail qui lui importe. Sans généraliser, on comprend ainsi que quand une génération X manage une génération Y, ça coince », explique Estelle Morcant-Riquier. Autant de bonnes raisons pour laisser place à la déculturation au travail. Pour cela, l’écoute est primordiale. La consultante rappelle qu’il y a quatre facteurs définissant la légitimité d’un manger vis-à-vis de son équipe : l’expertise « tout en sachant avouer la limite de ses connaissances », le titre hiérarchique, la notion d’autorité naturelle et la réputation. De quoi donner à réfléchir aux deux générations mélangées lors de cette soirée.