LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE, UN DÉFI SUR CINQ ANS

Une enquête réalisée entre fin 2015 et fin 2016 par la CCI et la Direccte révèle que 19% des établissements de la région seraient concernés par un projet de transmission d’ici à cinq ans, soit 33 500 entreprises. Ce sont 172 400 emplois qui seraient potentiellement concernés. Il n’y aurait pas d’âge idéal pour commencer […]

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19% des établissements de la région seraient concernés par un projet de transmission d’ici à cinq ans.

Une enquête réalisée entre fin 2015 et fin 2016 par la CCI et la Direccte révèle que 19% des établissements de la région seraient concernés par un projet de transmission d’ici à cinq ans, soit 33 500 entreprises. Ce sont 172 400 emplois qui seraient potentiellement concernés.

19% des établissements de la région seraient
concernés par un projet de transmission d’ici à
cinq ans.

Il n’y aurait pas d’âge idéal pour commencer à se préoccuper de sa cession, même si en période de « papy-boom », la CCI recommande d’ouvrir un œil à partir de 54 ans. « Un projet de transmission nécessite souvent un développement de l’entreprise ou une restructuration en amont de sa cession pour optimiser la valorisation du bien. Ce qui peut prendre trois à cinq ans », explique Luc Méresse, conseiller transmission-reprise de la CCI du grand Hainaut. L’âge de départ en retraite n’explique cependant qu’à peine plus d’un projet sur deux. 45% des dirigeants qui auraient un projet de transmission dans les cinq années à venir ont moins de 55 ans. Le développement de projets personnels ou professionnels peut expliquer une cession chez les jeunes.

TROIS SECTEURS FAVORABLES

De manière générale, on constate que la part de projets de cession est plus forte dans les activités en contact direct avec le consommateur. Le commerce de détail, les services aux entreprises et l’hôtellerie-restauration concentrent 71% des projets de transmission. Le commerce de détail est en pole position en termes de nombre de projets de transmission. 42% des chefs d’entreprises se penchant sur cette éventualité sont dans la classe d’âge des 55-65 ans. Le secteur est toutefois troisième en termes d’emplois concernés : il est plus simple et rentable pour un commerçant à l’âge de la retraite de simplement vendre son fonds de commerce sans transmettre son entreprise. Avec plus de 6 200 projets de transmission et 15 200 emplois concernés, l’hôtellerie-restauration est un secteur où la transmission d’entreprise est un enjeu majeur. La création de TPE y est parmi les plus faibles de la région (10,4 pour 100 entreprises) et le taux de défaillance le plus élevé (37,4 pour 1000 entreprises). De plus, la localisation et les locaux jouent une part stratégique importante. La transmission fait partie intégrante du projet entrepreneurial lorsqu’un hôtelier ou un restaurateur souhaite s’agrandir. À l’inverse d’autres filières, 64% des projets de transmission concernent des établissement dont le dirigeant a moins de 55 ans. Un chiffre qui peut en partie s’expliquer par la pénibilité de ces métiers (horaires décalés, travail le week-end, etc…).

L’INFLUENCE DU TISSU RÉGIONAL

85% des établissements qui seraient concernés par un projet de transmission ont moins de six salariés. Ce chiffre reflète la composition du tissu économique des Hauts-de-France, constitué en majorité de très petites entreprises : 45% des entreprises inscrites au registre du commerce et des sociétés n’ont aucun salarié. Les établissements de plus de 20 salariés ne représentent que 6% des entreprises de la région. Les zones d’emploi de Lille et de Roubaix-Tourcoing représentent un peu plus d’un quart des projets de transmission dans les Hauts-de-France. Viennent ensuite celles d’Amiens et de Roissy-Sud Picardie qui en représentent chacune 6%. Si l’on rapporte le nombre de projets de transmission au nombre d’entreprises sur le territoire, ce sont les zones d’emploi d’Abbeville et de Berck-Montreuil qui sont les plus impactées. Un constat qui s’explique par une présence d’entreprises du commerce de détail et de l’hôtellerie-restauration supérieure à la moyenne. Au contraire, sur les zones d’emploi de Compiègne et de Lille, la part des entreprises du commerce de détail est la plus faible de la région. Quant à la zone d’emploi de Roubaix-Tourcoing, ce sont les entreprises de l’hôtellerie-restauration et des services aux particuliers qui sont particulièrement sous-représentées. À Beauvais et Roissy-Sud Picardie, où la propension à transmettre est parmi les plus faibles, la proportion de dirigeants de plus de 55 ans est également moindre.