Bioéconomie : un moteur pour notre région

Et si la bioéconomie était une solution à nos problèmes climatiques et d’emploi de demain ? Les 20 et 21 juin 2017 à Arras et Amiens, le World Forum organise un débat avec les grands acteurs de la région. Une manière de mobiliser notre territoire autour de ce secteur en croissance. Ce n’est pas la […]

Et si la bioéconomie était une solution à nos problèmes climatiques et d’emploi de demain ? Les 20 et 21 juin 2017 à Arras et Amiens, le World Forum organise un débat avec les grands acteurs de la région. Une manière de mobiliser notre territoire autour de ce secteur en croissance.

Philippe Vasseur, président du World Forum for a Responsible Economy

Ce n’est pas la première fois que Philippe Vasseur, en tant que président du World Forum for a Responsible Economy, organise des temps forts avant la session annuelle d’automne du World Forum. Déjà l’année dernière, une journée avait été consacrée à la troisième révolution agricole, à Arras. Cette année, le focus se fait sur la bioéconomie les 20 et 21 juin, sur Arras et Amiens. Des experts de la région mais aussi du monde entier (États-Unis, Pays-Bas, Israël…) échangeront sur les nouvelles tendances de cette croissance verte. La bioéconomie regroupe tous les secteurs basés sur la transformation de la biomasse (algues marines, céréales, déchets verts…) en trois types de produits : alimentaires (pour l’alimentation humaine et animale), industriels (produits chimiques et matériaux) et énergétiques (biocarburant et biogaz).

Mobilisation depuis les années 2000

Depuis plus de dix ans, notre région est moteur sur ce sujet : par la présence de grands acteurs (Roquette, Lesaffre, Bonduelle, pôle IAR-Industrie AgroRessources, centres de recherche, Institut polytechnique LaSalle à Beauvais, Institut supérieur de l’agriculture à Lille) et par leur mobilisation pour travailler ensemble. Ainsi, en 2007, cinq acteurs de la chimie du végétal – Roquette frères, Solvay, UIC, USIPA et IAR – créent l’Association chimie du végétal. Leur objectif : participation à la réglementation du secteur, lobbying auprès des pouvoirs publics et rapprochement des acteurs de la filière. Le World Forum organise une session spéciale sur le sujet en 2008. Et depuis 2011, tous les deux ans, a lieu le Plant Based Summit, un forum européen sur la bioéconomie sur Lille. « Selon le ministère de l’Agriculture, la bioéconomie mobilise en France 1,9 million de personnes sur 80% du territoire. Et ça va augmenter ! », souligne Philippe Vasseur. La loi de transition énergétique en a d’ailleurs fait une priorité pour la construction. En Europe, la bioéconomie représentait en 2012 plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec 22 millions de personnes employées. C’est un secteur en croissance et source de valeur ajoutée pour l’Europe : chaque euro investi génère dix euros de valeur ajoutée à l’horizon 2025. Nombreux sont ceux qui considèrent que la bioéconomie apporte des bénéfices environnementaux (réduction des émissions de gaz carbonique), sociaux en termes d’emploi et technologique(importante R&D).

Le droit à l’expérimentation

Quels freins sont à lever pour soutenir le développement de ce secteur ? « Il faut avoir de bons projets, de bons porteurs de projet. Et ce qui pose problème, ce sont le financement et la réglementation. Sur ce dernier point, c’est difficile. D’une manière générale, la réglementation est faite pour réguler ce qui existe, elle n’est pas faite pour anticiper. Et régulièrement nous devons nous mobiliser pour obtenir des dérogations. J’espère qu’un jour nous aurons un droit à l’expérimentation, qui permettrait de soutenir le développement de la bioéconomie », revendique le président du World Forum. Deux jours de débats. Ce forum réunira agro-industriels, chimistes, syndicats, formulateurs, pôles de compétitivité, sociétés de capital-investissement, think-tanks, institutions, fabricants de produits biosourcés, industriels des marchés aval (bâtiment, cosmétique, emballage, transport, énergie…). Les acteurs de la région seront là, mais aussi des entrepreneurs internationaux. L’Américaine Brianna Mc Guire présentera son application mobile Foodful.ly, qui réduit le gaspillage alimentaire des ménages en prévenant le consommateur lorsque les articles approchent de leur date de péremption. Ou encore le Belge Damien Huysmans, fondateur de The Green Kow Company, expliquera comment il réussit à imposer les insectes comestibles en grande distribution.