Un préfet dans le Vimeu

Philippe De Mester, préfet de la Somme, vient de se rendre à Friville-Escarbotin afin derencontrer le président de la Communauté de communes du Vimeu industriel (CCVI) pour y découvrir les enjeux et projets alors qu’elle va fusionner. Il a aussi visité la société Delabie, l’un des fleurons de la région. Au 1er janvier prochain, la […]

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Le sous-préfet d’Abbeville Jean-Claude Geney et le préfet Philippe De Mester.
Le sous-préfet d’Abbeville Jean-Claude Geney et le préfet Philippe De Mester.

Philippe De Mester, préfet de la Somme, vient de se rendre à Friville-Escarbotin afin derencontrer le président de la Communauté de communes du Vimeu industriel (CCVI) pour y découvrir les enjeux et projets alors qu’elle va fusionner. Il a aussi visité la société Delabie, l’un des fleurons de la région.

Au 1er janvier prochain, la Communauté de communes du Vimeu industriel (CCVI) et la communauté de communes du Vimeu vert vont fusionner pour donner naissance à la communauté de communes du Vimeu. Celle-ci représentera 23 000 habitants et 26 communes. Il est prévu de déménager l’actuel siège dans un site plus grand, toujours à Friville.

Suite logique « Nous avons déposé les statuts, explique Bernard Davergne, président de l’actuelle CCVI. Nous allons travailler sur les compétences, notamment la compétence tourisme, qui sera nouvelle. Cette fusion ne pose aucun problème, elle est voulue, c’est une suite logique. » C’est dans ce contexte que le préfet, Philippe De Mester, est venu en visite. Il a pu compter sur un ambassadeur de choix en la personne de Jean-Claude Geney, sous-préfet d’Abbeville alors sur le départ : « Dans le Vimeu, il y a de belles pépites industrielles comme VKR et beaucoup d’entreprises familiales, implantées depuis le XIXe siècle, qui ont su évoluer au niveau du Vimeu, au niveau national et au niveau international. Delabie, que nous allons visiter tout à l’heure, est restée dans le tissu urbain. Dans le Vimeu, on peut équiper sa maison en boîtes aux lettres, chauffe-eau, serrures… » La zone d’activités du Vimeu industriel, implantée à Feuquièresen-Vimeu, compte 30 entreprises pour 2 000 salariés. Elle se développe sur 105 hectares et affiche complet. Un projet d’extension de 85 hectares est en cours. Problème : la CCV devra sans doute exproprier un agriculteur refusant de vendre. La zone d’activités des Croisettes, à Béhen, compte 11 hectares, sept entreprises et 70 salariés. Après la création d’une association de commerçants à Friville, un Fisac sera mené pour maintenir et développer lecommerce de proximité. Autre atout : Vim’lab, plate-forme d’excellence et d’innovation industrielle en Picardie portée par la région et les industriels du Vimeu et de la Bresle.

Carte à jouer Si les entreprises veulent recruter, elles ont cependant des difficultés pour trouver des compétences. Elles jouent pourtant pleinement la carte de l’alternance, mais plus de 35% des jeunes sont sans diplôme. Dans ce sens, une centrale de mobilité pourrait être mise en place et, avec la fusion, un travail sur la mobilité pour les différents publics va être effectué. « Vous avez une carte à jouer avec le transfert des compétences transport des départements vers les régions », a affirmé Philippe De Mester, alors que Bernard Davergne s’est dit préoccupé par la fermeture de la liaison ferroviaire Le Tréport-Abbeville qui arrose directement le Vimeu. « Avec les bus, ce sera peut-être mieux irrigué. Vraiment, c’est l’occasion de rebattre les cartes », a tenté de le rassurer le préfet. Les difficultés pour trouver un logement ont aussi des répercussions. En collaboration avec les communautés de communes Authie-Maye et de l’Abbevillois, deux résidences jeunes pourraientêtre créées dans le Vimeu et sur la côte picarde pour pallier le manque de logements. Un premier travail commun prélude à fusion future ? La mauvaise image du Vimeu rouge n’incite pas les candidats extérieurs à venir y travailler. Autre souci, la dizaine de friches du Vimeu qu’il faudrait dépolluer pour leur donner une seconde vie. La commune de Friville avait ainsi des projets autour de l’enfance pour la friche Bricard, mais l’Agence régionale de santé a refusé pour ces raisons. Quant à la fibre optique, son installation devrait être achevée en 2018, mais pour le moment il n’y a pas encore d’opérateur sur le secteur.

Delabie, un leader Le préfet a ensuite pris la direction de l’usine Delabie, située en plein Friville sur 9 hectares et avec 28 000 m² de bâtiments. En France, Delabie, fondée en 1928, est le leader des équipements sanitaires destinés à l’utilisation hors domicile. Ses métiers : la robinetterie pour les collectivités, pour les hôpitaux et les Établissements d’hébergement pour personnes âgées (Ephad), l’accessibilité, l’autonomie et les accessoires d’hygiène, les appareils sanitaires inox, la robinetterie spécifique (grandes cuisines, sécurité, rénovation). Elle attend beaucoup de la construction des 18 000 nouvelles places de prison et surtout de la maintenance qui va suivre. L’une de ses priorités est l’économie d’eau grâce à la robinetterie àcommande numérique (le premier modèle date de 1991), mais aussi l’hygiène, comme avec ce filtre qui ne laisse pas passer les microbes. L’entreprise réalise 35% de son chiffre d’affaires dans 70 pays. Fin 2015, le groupe comptait 377 salariés regroupés dans dix entités juridiques : deux sociétés françaises, deux sites de production au Portugal et six filiales commerciales dans le reste du monde : Allemagne, Angleterre, Benelux, Portugal, Émirats arabes unis et Hong Kong. Le site de Friville occupe 235 personnes, 80 commerciaux rayonnent en France. L’usine collabore avec dessoustraitants, comme des monteurs à domicile, situés à une quinzaine de kilomètres de l’usine. Il y a deux ans, l’entreprise s’est agrandie de 4 000 m². « Cette surface était destinée à de la logistique et pour le marketing qui a en charge les diverses expositions. Nous participons à plus de 120 manifestations chaque année en France et à l’étranger. Les principales sont Francfort et Milan. Nous sommes présents partout », confie Gérard Delabie, l’un des dirigeants. L’autre atout de l’entreprise réside dans sa réactivité quant aux 3 500 références de son catalogue. « Nous sommes capable d’assembler des produits spéciaux et de les faire partir le lendemain », assure-t-il. Le showroom, qui fait aussi office de centre de formation, a été installé dans les locaux de l’ancienne entreprise de serrurerie voisine Laperche : 750 m² sur trois niveaux dévoilent le savoir-faire unique de la société. Et on ne peut, par exemple, qu’être étonné devant la robinetterie déclipsable.