Eggs iting ou l’œuf et la poule

Posséder un poulailler connecté, c’est désormais possible avec Eggs iting. Un poulailler nouvelle génération imaginé et conçu par une start-up amiénoise. Élevage en batterie de poules pondeuses, en cage et intensif : Eggs iting propose de changer de système pour entrer dans un cercle vertueux. S’occuper d’un poulailler connecté chez soi, l’idée peut paraître saugrenue […]

476
L’équipe d’Eggs iting dont l’initiative s’inscrit dans l’économie circulaire.
L’équipe d’Eggs iting dont l’initiative s’inscrit dans l’économie circulaire.

Posséder un poulailler connecté, c’est désormais possible avec Eggs iting. Un poulailler nouvelle génération imaginé et conçu par une start-up amiénoise. Élevage en batterie de poules pondeuses, en cage et intensif : Eggs iting propose de changer de système pour entrer dans un cercle vertueux.

S’occuper d’un poulailler connecté chez soi, l’idée peut paraître saugrenue au premier abord. Pourtant, derrière ce concept se cache un marché gigantesque, surtout lorsque l’on sait qu’aujourd’hui, près de 75% des poules pondeuses ne voient pas la lumière du jour et ne possèdent qu’un espace équivalent à une feuille A4 pour vivre. « En 2012, l’Europe a élargi cette surface en ajoutant l’équivalent de deux tickets de métro. Ni la poule ni l’éleveur ne sont gagnants : seuls les vendeurs de cages ont profité de cette nouvelle réglementation. Tout cela est tellement délirant que les associations ne pensent même plus à une alternative à ce mode de consommation mais proposent de ne plus consommer d’œufs. Nous, nous estimons donc qu’il est possible d’entrer dans un cercle vertueux et de reprendre en main sa consommation », affirme Arnaud Jibaut, en charge de la conduite du projet Eggs iting. Il rappelle également qu’un Français mange environ 240 œufs par an, qu’une poule pond 300 œufs par an et peut se nourrir de 50 kg de déchets sur une année, soit un septième de la production d’un citoyen (354 kg de déchets par habitant en France). Donc, ce poulailler connecté est plus qu’une bonne idée : c’est d’une part l’occasion de vivre une expérience ludique et écocitoyenne et, d’autre part, de s’impliquer dans sa production de nourriture. Avec un de ces poulaillers connectés, toute une famille abordera de nombreux thèmes vertueux au quotidien : réduction et tri des déchets, retour à la terre, pédagogie, numérique, fin de l’hyper-industrialisation, compostage, énergie solaire, fabrication bois, circuit court, écologie, etc.

Mais comment ça marche? Le poulailler Eggs iting est conçu à base de briques en bois massif usinées et façonnées à partir d’essences locales. « Toutes les briques Eggs iting sont compatibles et connectables, laissant aux utilisateurs de nombreuses possibilités de personnalisation et d’amélioration. Il est auto alimenté par un panneau solaire rechargeant des batteries. Le poulailler est paré de plusieurs capteurs (luminosité, humidité, température, présence de l’animal, niveau de grain et d’eau), d’une caméra permettant d’identifier les œufs dans les nids, ainsi que certains mécanismes permettant d’ouvrir et de fermer la porte du poulailler de manière automatique. Toutes ces technologies ont été réfléchies afin de ne pas impacter les poules de quelque manière que ce soit », détaille l’équipe à la tête de cette invention, composée également de Florian Dupuis, Nicolas Giraud et Benjamin Boudet. Tous ces capteurs permettent d’agréger un certain nombre de données qui, une fois traitées par leurs serveurs, permettent d’informer l’éleveur, de lui proposer des recommandations et de l’accompagner dans sa démarche écoresponsable de (re)prise en main de sa consommation. « Ceci nous permet également d’ajouter une couche ludique permettant de se challenger en famille ou au sein d’une entreprise, concluentils. Toutes ces informations sont disponibles sur une plate-forme web et mobile. Le but est donc de réintroduire des poulaillers chez les particuliers, mais également dans les entreprises disposant d’espaces verts, dont l’entretien est souvent une problématique, ainsi que dans les établissements scolaires afin de réduire le volume de déchets et de permettre un apprentissage des gestes écoresponsables. » Actuellement en phase finale de prototypage, le poulailler connecté sera disponible au printemps, autour de 600 euros.