Tourisme : 2016 restera une mauvaise année

Météo pluvieuse au printemps et en début d’été, peur des attentats, bloquage de raffineries… les causes sont multiples pour expliquer une chute de la fréquentation touristique sur la côte picarde. Même si août a été bon et l’arrière saison prometteuse, cela ne redorera pas le cru 2016. En ce week-end du 15 août, les plages […]

369
En juillet, à Saint-Valery, les touristes étaient peu nombreux.
En juillet, à Saint-Valery, les touristes étaient peu nombreux.

Météo pluvieuse au printemps et en début d’été, peur des attentats, bloquage de raffineries… les causes sont multiples pour expliquer une chute de la fréquentation touristique sur la côte picarde. Même si août a été bon et l’arrière saison prometteuse, cela ne redorera pas le cru 2016.

En ce week-end du 15 août, les plages picardes et en particulier celle de Fort-Mahon connaissent une affluence qui n’avait pas été observée depuis bien longtemps. Le soleil est là et comme un aimant, il attire les touristes. Du côté des professionnels du tourisme, le sourire est de mise. « Nous avons un bon mois d’août, commente Céline Leclerc, directrice de l’office de tourisme de Fort- Mahon. La fréquentation est revenue à la normale mais sur juillet, la baisse est de 20 %. Le week- end du 15 août a été plus que positif. Tout était complet ! Les rues étaient remplies. Les gens se sont rattrapés du mois de juillet. Ils ont profité du beau temps. »

Les touristes belges fidèles La clientèle de Fort-Mahon est une clientèle familiale de proximité : Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Champagne Ardennes, Paris et nord de Paris, Normandie. Côté étrangers, les Anglais reviennent tout doucement et les Belges sont toujours aussi fidèles : « La saison 2016 restera moyenne, poursuit Céline Leclerc, car juin et juillet n’ont vraiment pas été terribles. Plusieurs raisons pour l’expliquer : la météo, la coupe d’Europe de football, l’année scolaire qui a fini plus tard, les attentats… Même si l’arrière saison est bonne, elle ne complétera pas le manque… » Réceptionniste à l’hôtel-restaurant La Terrasse à Fort-Mahon, qui fait face à la mer, Stéphanie Moullec a le sourire : « Nous avons un super mois d’août. La semaine du 15 août est toujours la plus importante de l’année. Là, avec le soleil, c’est plein midi et soir. Nous avons 56 chambres, 80 places en brasserie et 150 en restaurant. C’est beau. Juillet a été mitigé même si nous avons bien travaillé les week-ends. Heureusement que nous avons l’hôtel. Notre avantage est que nous pouvons prendre des groupes. Le bilan sera moins bon mais nous avons réussi à maintenir la tête hors de l’eau durant l’avant saison. Nous avons fait beaucoup de séminaires et des groupes. » Les campings ont la cote Laurent Pruvot est président de la fédération régionale de l’hôtellerie de plein air de Picardie et gérant du camping quatre étoiles Le Robinson à Fort-Mahon. Son établissement a affiché complet les deux mois d’été. Plus que jamais, les campings sont à la mode : « L’avant saison a été difficile, commence le gérant. Nous allons avoir des baisses dans le secteur de l’ordre de 5, 15 voire 20 %. En juillet et en août, l’activité s’est maintenue sur les campings contrairement à des hébergements comme les gîtes, les hôtels et les chambres d’hôtes. Nous avons une clientèle qui vient pour la semaine. C’est miraculeux alors que les autres ont du mal a remplir la semaine ! Il y a une mode autour des campings car ça correspond à une attente familiale. Pour nos clients, le camping est synonyme de vacances alors que l’hôtel, c’est plus du court séjour. »

Tarifs, animations, piscines, clubs enfants… font des campings un hébergement privilégié : « Chaque année, l’offre de location en mobile home est en augmentation et chaque année la demande augmente, ajoute Laurent Pruvot. Un mobile home c’est comme une petite maison avec un coin de verdure et un barbecue… » L’an dernier, Ault avait été classé neuvième village préféré des français lors de l’émission télévisée de France 2. Les touristes étaient venus en nombre. Cette année, ils sont encore là. « Le week-end du 15 août a été très porteur, présente Celine Delahaye. Avec le pont du 15 août, ça été la folie. La saison a été plutôt favorable et même quand le temps a été pluvieux. Les gens ont été en attente d’activités à faire autour du patrimoine naturel, des randonnées… Nous avons mis en place des balades contées, des chasses au trésor, des animations plage pour les enfants… Les restaurateurs et gérants de campings sont plus mitigés au niveau des taux de remplissage mais, avec août, tout s’est rattrapé. Quant aux réservations de dernière minute, elles ne cessent de s’amplifier. »
Un bon week-end du 15 août À Saint-Valery-sur-Somme, même le célèbre petit train de la baie de Somme, qui avait enregistré des records de fréquentation en 2015 avec 196 746 voyageurs, fait grise mine : « Globalement, jusqu’à juillet, le bilan est médiocre en particulier à cause du temps particulièrement pénible car les week-ends, nous avons eu de la pluie, informe Maurice Testu, président de l’association du Chemin de Fer de la Baie de Somme. Nous ne ferons pas plus de voyageurs que l’an dernier. Nous avons beaucoup souffert de la grève des raffineries. Nous avons perdu 10 % de groupes. En août, nous avons retrouvé la clientèle habituelle et le week-end du 15 a été très chargé. » La fréquentation a été très bonne à la maison de la baie de Somme de Lanchères et au musée Picarvie de Saint-Valery-sur-Somme durant le premier semestre mais en juillet, les entrées ont chuté : « Il y avait très peu de monde sur la côte, souligne Fabien Jansen, le directeur des deux structures. La faute à la météo et au terrible 14 juillet de Nice. Les touristes sont revenus durant la première quinzaine d’août. Côté étrangers, les Anglais et les Belges ont été présents. » « C’est une saison un peu particulière, conclut Marion Duquesne, conseillère en séjour à l’office de tourisme de Saint-Valery-sur-Somme. Nous avons un peu de mal à comprendre. Jusqu’au 15 août, nous enregistrions 120-130 personnes par jour. Des hébergeurs nous appelaient pour nous dire qu’il n’y avait personne dans leurs chambres. À partir du week-end du 15 août, nous sommes passés à 400 par jour. Au début, nous avons envoyé les gens sur Abbeville. Et puis après, nous les avons dirigés sur Amiens car tout était rempli sur la côte. » Désormais, chacun croise les doigts pour espère un été indien…