Financer ses projets avec l’aide d’un courtier professionnel

Le financement de projet d’entreprise sans passer directement par son banquier mais par l’intermédiaire d’un courtier est encore un phénomène marginal mais qui tend à se développer. Le métier s’organise et se professionnalise dans un contexte où la vanne du crédit paraît grande ouverte avec des taux d’emprunts exceptionnellement bas.   AB Courtage, Cafpi, MeilleursTaux, […]

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Faire appel à un courtier, « d’abord un gain de temps (… » pour Éric Martinet, président de la Fédération bancaire française en Picardie.
Faire appel à un courtier, « d’abord un gain de temps (… » pour Éric Martinet, président de la Fédération bancaire française en Picardie.

Le financement de projet d’entreprise sans passer directement par son banquier mais par l’intermédiaire d’un courtier est encore un phénomène marginal mais qui tend à se développer. Le métier s’organise et se professionnalise dans un contexte où la vanne du crédit paraît grande ouverte avec des taux d’emprunts exceptionnellement bas.  

AB Courtage, Cafpi, MeilleursTaux, Empruntis ou encore In&Fi, ces noms dorénavant bien connus du grand public représentent certains des plus importants réseaux de courtage en crédit en France. Leur développement spectaculaire de ces dernières années s’explique par l’engouement des particuliers pour ces intermédiaires dans le cadre du financement de leurs projets immobiliers. « C’est d’abord un gain de temps. Le courtier par le biais d’accord avec les banques négocie les meilleures conditions d’emprunt. Lorsque les particuliers font appel à ces spécialistes du financement, ils n’ont plus besoin de déposer leur dossier dans les différentes agences bancaires », explique Éric Martinet, président de la Fédération bancaire française en Picardie. Depuis peu, des courtiers s’essaient sur le marché du crédit professionnel. Une activité encore embryonnaire mais qui laisse présager une forte croissance dans les prochaines années compte tenu des réductions d’effectifs opérées dans les agences bancaires depuis la crise de 2008. « Les banques se sont réorganisées avec comme résultat un peu moins de proximité avec les entrepreneurs. À partir d’une demande de prêt au delà de 5 000 euros, la décision n’est plus prise dans l’agence locale. Il peut être alors intéressant de passer par un courtier qui par son réseau connaitra les bons interlocuteurs », remarque Charles Locquet, président de la CGPME Oise. Toutefois, au deçà d’une demande de prêt de 50 000 euros, les entreprises ont une forte probabilité de voir leur projet accepté en le présentant seul à leur banquier : « En cas de refus, l’entreprise a la possibilité de faire un recours en médiation. Les banques motivent et expliquent systématiquement leur décision sur un dossier de prêt. On met en place un vrai travail de pédagogie », précise Éric Martinet. Du côté des courtiers, les dossiers de prêt de faible montant ne sont pas très intéressants. En effet, Les courtiers se rémunèrent de différentes manières. Ils peuvent facturer un pourcentage du prêt à l’emprunteur et, ou un autre pourcentage auprès de la banque. « La politique de facturation dépend de la société de courtage », explique Brahim Guerfi, directeur de l’agence AB Courtage à Amiens.

Bien choisir son courtier Les services de courtage en prêt ont connu un développement exceptionnel et avec eux des courtiers peu scrupuleux avec une méconnaissance du métier. Depuis, la profession s’organise avec l’apparition des réseaux nationaux de courtage en crédit qui se développent sous forme de franchise. « La loi Lagarde a permis de réglementer et d’organiser la profession pour éviter toutes formes d’abus », rappelle Brahim Guerfi. Parmi les dispositions destinées à professionnaliser le métier, on retrouve l’obligation pour le courtier d’afficher une expérience dans le milieu bancaire ou d’avoir suivi une formation spécifique de 180 heures. Autre obligation, le courtier doit impérativement s’enregistrer sur le registre des métiers. De ce fait, il existe de moins en moins de courtiers locaux et indépendants des réseaux. Les grands réseaux bancaires ont tous passé des contrats avec les courtiers nationaux qui apparaissent comme des apporteurs d’affaires. « Le courtier est devenu un interlocuteur privilégié des banques. Ils nous apportent une nouvelle clientèle et dans le même temps, ils prennent une partie de la marge des banques. Avant de signer un contrat avec un courtier, les banques vérifient son sérieux et son professionnalisme car nous devons instaurer une relation de confiance », explique le président de la Fédération bancaire française en Picardie. Même constat du côté des entreprises au moment du choix du courtier, elles ne doivent pas hésiter à demander des références et à les questionner sur leurs modes de fonctionnement voire à demander l’avis de son expert comptable. Car si le courtier doit permettre d’accélérer le processus de décision pour un projet tout en négociant le meilleur taux ou les meilleures conditions d’emprunt, il a également un rôle de conseil important auprès de l’entreprise et devient un interlocuteur de proximité. « On rencontre le client, on découvre son activité et ses besoins de financement. Notre rôle ensuite est de présenter le projet aux partenaires bancaires. C’est un métier qui demande une grande disponibilité pour créer une relation de confiance à la fois avec les entrepreneurs ainsi qu’avec les banquiers », remarque le directeur de l’agence AB Courtage à Amiens. Toutefois, la décision finale revient toujours au chef d’entreprise.

Des conditions d’emprunt exceptionnelles La crise financière puis économique a favorisé l’essor des courtiers en prêts avec la dégradation des relations entre les banques et leurs clientèles. Force est de constater qu’aujourd’hui, le robinet du crédit est grand ouvert.
Selon les dernières données disponibles de la Fédération bancaire française, à fin mai 2016, l’encours de crédits mobilisés aux PME a augmenté de 2,5% sur un an et s’élève à près de 379 milliards d’euros : « L’accès au financement n’est pas un souci, notamment pour les PME. Les entreprises qui ont du mal à se financer sont celles qui ont de réels problèmes », commente Éric Martinet. Outre une grande liquidité sur les marchés, les taux sont particulièrement faibles et atteignent des plafonds historiquement bas, « les taux ne devraient pas évoluer à la hausse dans les mois à venir », affirme Éric Martinet. Dans ce contexte, les chefs d’entreprise se sont engagés dans une phase de renégociation bancaire qu’il s’agisse de leurs prêts d’investissement ou du financement court terme. « Comme pour les particulier avec la renégociation de leurs
emprunts immobiliers, il existe un marché pour renégocier les emprunts d’entreprises. Pour le moment, les entreprises ne font pas appel à nos services, mais nous sommes capables de le faire », remarque Brahim Guerfi. Aujourd’hui, les entreprises utilisent les courtiers d’abord pour les soutenir dans le financement de leur projet d’investissement comme l’acquisition de locaux professionnels, achat de fonds de commerce ou de machines outils. En ce qui concerne les besoins de trésorerie et de financement du besoin en fonds de roulement, les chefs d’entreprise privilégient le rapport direct avec leur banquier. Encore une fois, le financement court terme ne paraît pas être un problème selon les chiffres de la Fédération Bancaire Française avec 83% des PME qui obtiennent leurs nouveaux crédits de trésorerie au 1er trimestre 2016.