Delius, un dessinateur hors du commun

Installé à Saint-Quentin, Delius est sollicité par de grands groupes pour son coup de crayon. Je suis quadra et j’habite en province, entre Paris et Bruxelles. » C’est par ces quelques mots que Delius se présente. Saint-Quentin est sa ville natale et c’est de là qu’il planche sur des projets qui ont fait de lui […]

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Parmi ses oeuvres, Delius a dessiné André Lefebvre, ingénieur automobile chez Citroën, devant la maquette de la DS en 1955.
Parmi ses oeuvres, Delius a dessiné André Lefebvre, ingénieur automobile chez Citroën, devant la maquette de la DS en 1955.

Installé à Saint-Quentin, Delius est sollicité par de grands groupes pour son coup de crayon.

Je suis quadra et j’habite en province, entre Paris et Bruxelles. » C’est par ces quelques mots que Delius se présente. Saint-Quentin est sa ville natale et c’est de là qu’il planche sur des projets qui ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. Un illustrateur d’obédience « Ligne Claire », auteur de bande dessinée, dessinateur pour la presse, l’édition et la communication féru d’architecture « Streamline » et disciple inconditionnel de l’école de Dessau. « Je suis dessinateur depuis l’âge de deux ans », sourit-il. C’est au lycée que sa passion prend plus d’ampleur, lorsqu’il rencontre Serge Dutfoy, son professeur de dessin. « Je faisais des petits albums avec des pages collées. Il m’a expliqué que ça ne se faisait pas du tout comme ça.» Et surtout lui fait partager son expérience. « Il m’a donné les clés, m’a appris le b.a.-ba du métier. » Delius part donc pour les Beaux-Arts à Paris. « Mais en réalité je ne suis resté que trois mois, car en même temps, j’ai vendu mes premiers dessins à Fleurus Presse », qui publie Triolo. Il a seize ans à cette époque. S’en suivront de nombreuses collaborations pour Bayard (I love English, Enfant magazine) le groupe Express Expansion (l’Entreprise), Hachette Filipacchi, Disney Hachette Presse, France Culture, Le Cherche-Midi Éditeur ou encore le magazine Senso où il s’initie à l’art délicat du portrait. Il fait sa première apparition en librairie avec l’album collectif Fétiches pour le Groupement graphique d’expression française (GGEF), hommage à L’oreille cassée et préfacé par Philippe Goddin alors secrétaire général de la fondation Hergé. Son style élégant et intemporel se distingue par sa grande lisibilité, tant graphique que narrative et puise son inspiration à la source de la ligne claire d’Hergé et de Jacobs. On trouve aussi dans les coups de crayons de Delius, de l’Art Déco, rappelant le passé de SaintQuentin, capitale de cette architecture. Son trait séduisant lui vaut d’être régulièrement sollicité par la communication au profit d’ouvrages variés de sensibilisation pédagogique pour de grandes marques comme les 3 Suisses, Bayer Schering, Hilton international, l’Unesco avec l’amicale complicité de Rodolphe, un ami scénariste avec qui il collabore au quotidien.

Portraits de collaborateurs chez Natixis Dernièrement, Delius a collaboré avec le groupe bancaire Natixis. « L’effet déclencheur de ma collaboration avec Natixis est la convergence de la sortie simultanée du recueil de portraits parus chez Albin Michel (Destins inoubliables) que j’avais réalisés pour le trentième anniversaire de l’émission Une vie une œuvre sur France culture et de l’édition bilingue de Somewhere in time pour l’UTC qui avait reçu le premier prix de l’Association des responsables de communication de l’enseignement supérieur (Arces) en 2015. C’est la pierre angulaire de cette nouvelle aventure graphique et narrative qui a alors inspiré la direction de la communication de Natixis afin de
me proposer de réaliser des portraits de prestigieux collaborateurs (senior Banker) du groupe à l’international et de les mettre en scène dans leur travail quotidien (synergie réseau) dans le cadre de la Purple Energy qui est l’ADN de l’entreprise. » Une démarche singulière, pédagogique et innovante qui s’inscrivait parfaitement dans la direction artistique du moment de Delius, notamment sur son blog personnel, où il rend régulièrement hommage aux créateurs pluridisciplinaires qui influencent son univers d’auteur.

Des collaborations en Belgique Installé entre Paris et Bruxelles (Delius aime le dire et le répéter), il collabore beaucoup avec la Belgique. Bruxelles n’est pas loin de Saint-Quentin. Après avoir réalisé l’affiche de la dernière Biennale « Art déco-Art Nouveau » pour la ville de Bruxelles, il s’active dorénavant à la création d’un ambitieux coffret d’une dizaine d’opus, sous l’égide de l’excellent Renaud Huberlant, pour célébrer le 150e anniversaire de la société Blaton, agrémenté d’un portfolio illustrant entre autres les bâtiments emblématiques et portraits d’architectes idoines de 1865 à nos jours, la gare centrale à Bruxelles en 1930 ou le pavillon américain de l’Expo 1958. L’ensemble fera l’objet d’une édition collector soignée avec tirage numéroté et signé. « Ma passion pour le style international est par ailleurs comblée avec l’édition de deux cartes postales sur la célèbre Villa Cavrois à Croix (Nord) de son architecte de prédilection Robert Mallet Stevens aux éditions Floriscope. » Enfin pour le mensuel de vulgarisation scientifique La Recherche Delius a créé des strips mettant en image les expériences de nos « actes sous influence » inspirés par R. Miller ou encore Jonathan Freedman et Scott Fraser. « La BD est à cet effet un support pédago-ludique d’une imparable efficience », assure l’auteur.

De beaux projets C’est cette fois encore l’architecte Belge Antoine Courtens qui sera au cœur de ses prochaines inspirations afin de concrétiser ses velléités graphiques à son endroit, créateur notamment du Palais de la Folle Chanson à Bruxelles, Delius travaille à un projet de « Graphic Novel » afin de faire davantage connaître son œuvre auprès d’un plus large public. Claire Jane Jouvet, dont le mari est le petit fils de Louis Jouvet, (son acteur fétiche) a créé un site pour lequel Delius élabore la réalisation de nouveaux portraits du célèbre comédien « cela m’offre ainsi l’opportunité de rendre un légitime hommage au grand maître », conclut Delius qui replonge sur ses planches…