La Capeb incite ses adhérents à se regrouper

Lors de son assemblée, la Capeb a affiché son ras-le bol d’une politique instable et sans visibilité. Elle attend des actes forts.

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José Faucheux, président, et Éric Verlinde, vice-président, veulent des mesures simples et pérennes.
José Faucheux, président, et Éric Verlinde, vice-président, veulent des mesures simples et pérennes.
José Faucheux, président, et Éric Verlinde, vice-président, veulent des mesures simples et pérennes.
José Faucheux, président, et Éric Verlinde, vice-président, veulent des mesures simples et pérennes.

On veut des mesures simples et pérennes. Notre discours n’a jamais changé. » À la tête de la Capeb Aisne (Chambre des artisans des petites entreprises du bâtiment) depuis neuf ans, José Faucheux a réitéré ces propos au cours de l’assemblée générale qui a eu lieu en juin dernier. Les sujets étaient nombreux, en premier lieu les changements incessants de la politique française. « Il n’y a plus aucun repère, pour nous comme pour nos clients. On vous pond une loi sur la rénovation énergétique qui change en cours de route. Quand est-ce que dans ce pays on comprendra qu’il faut un environnement stable dans lequel nos entreprises se développent ? Nous demandons aux élus de la visibilité et de la transparence », lâche celui qui dirige une entreprise de couverture. Une nouvelle fois, le statut d’auto-entrepreneur a été au cœur des discussions. « Nous n’en voulons pas aux entrepreneurs qui se lancent sous ce statut, mais à la loi et aux inégalités qu’elle génère vis-à-vis de nos entreprises. Et vous ajoutez à cela la loi Sapin qui permettra à n’importe qui de s’installer sans diplôme. Dans l’artisanat, il y a des gestes et un savoir-faire. Et cela s’apprend. »

Travailler ensemble

Le président a continué de pointer les erreurs de la classe politique. Les travailleurs détachés sont une concurrence déloyale vis-à-vis d’entreprises françaises freinées par un contexte social complexe et pesant. Quant à la TVA, elle n’est pas en reste, puisque le bâtiment jongle avec trois taux pour un même chantier. « Si les travaux étaient à 5,5%, nous ne réfléchirions pas pour savoir quel taux utiliser pour tels ou tels travaux. Même les inspecteurs des finances ne savent pas toujours quel taux s’applique », s’amuse à dire José Faucheux. Arrêtons-là les doléances : « L’avenir se prépare aussi dans nos assemblées », lâche l’entrepreneur. Et cette assemblée a été l’occasion d’y travailler. La Capeb incite ainsi ses adhérents à travailler ensemble à travers des groupements pour proposer plus de services aux clients. Quatre groupements ont d’ailleurs été créés sur l’Aisne (Laon- Chauny, Saint-Quentin, Thiérache et Soissons). Un accord a été passé avec une entreprise de groupement d’achats pour permettre aux six cents adhérents de la Capeb de bénéficier de prix sur leurs frais généraux. La plate-forme « BatiDevis » a lancé une expérimentation sur la Picardie permettant de mettre en relation artisans et particuliers. « À nos artisans de s’identifier sur cette plate-forme pour trouver de nouveaux clients, de nouveaux marchés. » La Capeb fut l’un des initiateurs de la création de la plate-forme régionale SPIE. Cette dernière vint d’être agréée « tiers payant » (devenant une banque pour le financement de travaux pour l’habitat), une première en France. « La ministre du Logement l’a saluée dernièrement et cette idée picarde sera dupliquée au niveau du territoire », annonce José Faucheux qui est aussi président de la Capeb Picardie. Et à ce titre, il travaille au rapprochement avec celle du Nord. La Capeb Hauts-de-France devrait voir le jour d’ici à fin 2016.