Compagnie du bicarbonate, innover pour se développer

Avant, Nicolas Palangié était responsable de développement chez le premier producteur mondial de bicarbonate de sodium. Mais ça, c’était avant de créer sa petite entreprise. Depuis plus de cinq ans, il est à la tête de la Compagnie du bicarbonate, installée à Chauny et qui a récemment déménagé dans de nouveaux locaux, plus fonctionnels et […]

La Compagnie du bicarbonate, une équipe soudée autour des mêmes valeurs et de Nicolas Palangié (2e en partant de la gauche).
La Compagnie du bicarbonate, une équipe soudée autour des mêmes valeurs et de Nicolas Palangié (2e en partant de la gauche).

Avant, Nicolas Palangié était responsable de développement chez le premier producteur mondial de bicarbonate de sodium. Mais ça, c’était avant de créer sa petite entreprise. Depuis plus de cinq ans, il est à la tête de la Compagnie du bicarbonate, installée à Chauny et qui a récemment déménagé dans de nouveaux locaux, plus fonctionnels et adaptés à son activité.

Après 15 ans passés dans de grosses industries, Nicolas Palangié voulait traiter le bicarbonate de soude à une échelle plus « humaine ». « Je suis parti de rien, souritil, mais avec une idée précise : trouver des applications du bicarbonate pas exploitées, à destination du grand public, pour d’autres débouchés. » Les industriels fabriquent du bicarbonate pour l’alimentation animale, avec comme objectif de rétablir le déséquilibre du métabolisme profond des vaches, qui souffrent d’acidose, et pour piéger les acides des incinérateurs, Nicolas Palangié a décidé, lui, de s’attaquer au domaine domestique. « Qu’il soit utilisé par les industriels ou les particuliers, le bicarbonate de soude reste un produit rééquilibrant, aux multiples applications », explique-t-il. Il s’est, au fil du temps, entouré d’une équipe performante de cinq jeunes « têtes », toutes mues comme le dirigeant par la volonté de développer ce produit en respectant l’environnement : « Nous reconditionnons les flacons – certes en plastique mais rechargeables – et les sachets, nous travaillons avec des entreprises locales, dans une approche pragmatique de l’écologie », note ainsi Nicolas Palangié.
Produits innovants Les produits répondant aux besoins quotidiens – entretien du linge et de la maison, cuisine, hygiène, soins, jardin… – possèdent tous une granulométrie adaptée à leur usage, plus fine pour le brossage des dents, plus épaisse lorsqu’il faut appliquer le bicarbonate sur une éponge. Des recettes qui ont rencontré leur public : si, au début, les produits de la Compagnie du bicarbonate étaient uniquement présents sur son site internet (www.compagnie-bicarbonate.com), des magasins bio et des jardineries françaises et belges ont rapidement été séduits. « Aujourd’hui, 50% de nos ventes sont faites via le site », précise Nicolas Palangié. La Compagnie du bicarbonate élabore de nombreux produits mixant bicarbonate et savon de Marseille, « le vrai » tient à souligner Nicolas Palangié, « notre collaboration est de plus en plus étroite ». Dernière spécialité en date : le Scrubb, savon naturel grattant au savon de Marseille, aux huiles végétales et au bicarbonate parfumé à l’huile essentielle de lavandin, idéal pour dégraisser ou éradiquer les odeurs. « Son panel d’utilisation est varié, assure le dirigeant. Il est autant utile au garagiste qu’à la ménagère, au jardinier ou au bricoleur. » La petite entreprise se développe sûrement, et elle a récemment quitté la pépinière d’entreprises pour rejoindre, toujours à Chauny, l’hôtel d’entreprises Les Linières, dans un bâtiment de 700 m², grâce notamment à l’accompagnement et à l’appui, salués par Nicolas Palangié, de la communauté de communes ChaunyTergnier. Le dirigeant hésite encore pour le moment entre « passer à la vitesse supérieure » en grossissant et changeant de statut ou rester indépendant, mais il entend bien, si ces projets aboutissent, embaucher de nouveau. Et ce, malgré une nouvelle concurrence de taille : la grande distribution. « Elle fait beaucoup de mal aujourd’hui, avoue-t-il. Et nous a beaucoup copiés… D’où cette volonté constante d’aller plus loin dans les spécialisations, de sortir régulièrement des nouveautés, d’étoffer nos gammes complémentaires de produits : celle des brosses fonctionne par exemple très bien. »

Amélie PÉROZ