Quelles pistes pour l’après-COP21 ?

Christian de Perthuis, professeur d’économie à l’université ParisDauphine, directeur scientifique de la chaire économie du climat, a été invité, à l’issue de la COP21, par le GEPE – Groupement des entreprises de Péronne et environs – et la CCI Amiens-Picardie.

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Le professeur d’économie est également l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier, Le climat à quel prix ?, a été coécrit avec Raphaël Trotignon.
Le professeur d’économie est également l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier, Le climat à quel prix ?, a été coécrit avec Raphaël Trotignon.
Le professeur d’économie est également l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier, Le climat à quel prix ?, a été coécrit avec Raphaël Trotignon.
Le professeur d’économie est également l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier, Le climat à quel prix ?, a été coécrit avec Raphaël Trotignon.

Depuis dix ans, j’ai réorienté mes recherches sur la question du climat et la biodiversité. Le monde économique a été longtemps opposé à l’écologie. Il va falloir donner une valeur au carbone au-dessus de nos têtes et ce sera une vraie révolution », a insisté Christian de Perthuis.

Pourquoi pas un bonus-malus ?

Durant la conférence, l’économiste a présenté son exposé en développant la méthode de la tarification du carbone. Il propose d’introduire un mécanisme de bonus-malus carbone international au profit des pays à faibles émissions. « Les pays émergents n’ont pas la responsabilité de l’augmentation du processus effet de serre », souligne l’économiste. Et d’ajouter : « Les pays ayant un niveau d’émission supérieur à la moyenne des émissions par habitant auraient une dette à l’égard de la collectivité. Quant aux pays ayant un niveau d’émission par habitant inférieur à la moyenne mondiale, ils auraient une créance. Si on veut réellement limiter les risques de réchauffement supérieur à 2 degrés, ce ne sont pas des prix fictifs qu’il faut appliquer à nos émissions de gaz à effet de serre, ce sont des prix réels. » Selon l’économiste, pour réduire les risques d’un réchauffement moyen supérieur à 2 degrés, il faut sans délai réorienter les modèles de développement en intégrant le coût des risques climatiques dans le fonctionnement de l’économie mondiale. C’est-à-dire introduire un prix du carbone qui représente la valeur que nos sociétés accordent effectivement à la préservation du climat.

Pas de technologie miracle

Lors de la conférence, le public a également participé au débat. Parmi les questions posées à l’économiste, il a été soulevé l’installation des centrales biomasses utilisant une grande consommation de bois. « La biomasse
est intéressante tant que la forêt n’est pas affectée. Il ne faut donc pas oublier de replanter derrière », a souligné Christian de Perthuis. De plus, « il n’y a pas de technologie miracle et à la question de savoir si le nucléaire devient une source alternative aux fossiles mondiales, la réponse est non ». L’économiste a également rappelé aux agriculteurs présents qu’ils ne devaient pas oublier qu’ils travaillaient la terre, un élément vivant. Pour clore la rencontre, Christian de Perthuis a émis le souhait que la société se dirige vers une décroissance de la consommation matérielle en développant le service (le covoiturage par exemple), la culture, la communication. « La COP21 ne va pas modifier la société citoyenne. La société citoyenne se mobilise lorsqu’il y a risque sanitaire », a rappelé Christian de Perthuis.