Les Œufs Genty, une entreprise qui se soucie des évolutions du marché

Emmanuel Romain, diplômé d’une école de commerce, a été consultant en management. Il y a trois ans, il quitte son emploi et rachète, sans aucune expérience de l’activité, l’entreprise Les Œufs Genty située à Louatre dans l’Aisne.

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La moitié de la production est destinée à la grande distribution.
La moitié de la production est destinée à la grande distribution.
La moitié de la production est destinée à la grande distribution.
La moitié de la production est destinée à la grande distribution.

La clé de son immersion réussie est due à l’encadrement de M. Genty lui-même, fondateur de la société au milieu des années 70, qui lui a apporté un soutien moral et financier pour débuter dans le secteur. Le gérant l’affirme : « Sans cette assistance, la transmission aurait pu être plus difficile. » Pourtant, la méconnaissance de cette activité et sa fraîcheur dans le secteur ont donné « un œil neuf » à Emmanuel Romain. L’activité principale des Œufs Genty consiste à trier, conditionner, marquer et expédier des œufs, en respectant leur calibrage, leur taille et leur mise en boîte. Il s’agit d’un process industriel bien précis dans un « secteur divisé en plusieurs métiers spécifiques », très normatif et fortement concurrentiel. D’ailleurs, à partir de 2013, « on a assisté à une guerre des prix qui a conduit plusieurs entreprises du secteur à mettre la clé sous la porte ».
Un positionnement de niche

La survie de l’entreprise Les Œufs Genty tient à son positionnement de niche. « 50% de l’activité est orientée vers les marchés judaïque
et hallal », des clients exigeants en qualité et en délais de livraison. Les autres 50% des œufs, « qui passent par le centre de conditionnement, sont à destination de la grande distribution », indique le gérant. Emmanuel Romain a également développé des gammes spéciales telles que les œufs de cane (représentant 2% de sa production), de caille et d’autruche. L’entrepreneur souhaiterait voir se développer un label d’appellation sur une « origine locale, dont la production serait en circuit court, soit à moins de 200 km », pour des œufs de poules élevées en plein air, ce qui favoriserait une démarche de production de terroir. En 2015, 5% de la production annuelle – jusqu’à 10% pendant la période de Noël – provenaient de « poules élevées en plein air qui venaient du coin », le reste de la production venant essentiellement d’œufs bretons, pondus en cage.
Des perspectives malgré un passage difficile

Le chiffre d’affaires en 2015 a baissé par rapport à 2014. De 1,6 millions d’euros il est passé à 1,4 millions d’euros. Aujourd’hui, l’entreprise produit environ 20 millions d’œufs par an. Elle compte dix salariés, dont cinq personnes sur la chaîne de production. L’entreprise vient d’embaucher un troisième chauffeur qui rejoint l’équipe chargée de l’approvisionnement. Emmanuel Romain a fait la demande pour rejoindre le label bio, qui va permettre « de certifier qu’on ne mélange pas nos œufs, et d’affirmer auprès du consommateur la qualité de nos produits ».

Camille SCHAUB