Région et départements, « travailler ensemble pour avoir des résultats ensemble »

Les présidents du conseil régional et des cinq conseils départementaux de la grande région ont entamé un dialogue commun pour lier au mieux les dossiers, les projets et les thématiques qui leur sont communs. Un partenariat inédit d’actions et, c’est la promesse de ce G6, de résultats mesurables auquel il faudra s’habituer.

Cette réunion a permis aux présidents d’échanger sur des problématiques communes, comme la question du canal Seine-Nord.
Cette réunion a permis aux présidents d’échanger sur des problématiques communes, comme la question du canal Seine-Nord.
Les présidents des conseils départementaux et Xavier Bertrand réunis le 13 janvier pour leur premier G6.
Les présidents des conseils départementaux et Xavier Bertrand réunis le 13 janvier pour leur premier G6.

Les uns ont leur G10, d’autres leur G20, G23… La nouvelle grand région Nord-Pas-de-Calais- Picardie a depuis le mercredi 13 janvier son G6, groupe des six qui réunit les présidents du conseil régional, Xavier Bertrand, nouvellement élu, et des cinq conseils départementaux, Aisne, Nord, Oise, Pas-de-Calais et Somme, respectivement Nicolas Fricoteaux, Jean-René Lecerf, Edouard Courtial, Michel Dagbert et Laurent Somon. Objectif de ce G6 qui se réunira environ toutes les six semaines : « Travailler ensemble pour avoir des résultats ensemble. » Une première rencontre s’est donc tenue à l’Hôtel du département du Nord à Lille, neuf jours après l’élection de Xavier Bertrand, pour échanger sur leurs problématiques communes, du retour à l’emploi au Canal Seine Nord en passant par les transports scolaires ou encore l’agriculture.

Cette réunion a permis aux présidents d’échanger sur des problématiques communes, comme la question du canal Seine-Nord.
Cette réunion a permis aux présidents d’échanger sur des problématiques communes, comme la question du canal Seine-Nord.

Tous les six ont rivalisé d’éloges sur cette première rencontre, à commencer par l’hôte du jour, Jean-René Lecerf (Nord), qui en a rappelé les objectifs, « voir comment se coordonner au vu des textes nouveaux qui s’appliquent, notamment la loi NOTRe, et surtout comment faire jouer la synergie la plus totale pour que 5 + 1 ne fasse pas 6, mais bien davantage… » Edouard Courtial (Oise) a retenu de cette initiative qu’elle « montre une grande vertu, notre capacité à se parler au sein d’un petit cénacle au bénéfice d’une grande région ». Si Nicolas Fricoteaux (Ainse) a, lui, salué « l’entente très forte des représentants élus pour apporter ensemble des solutions aux grands défis de l’insertion et de l’emploi », Laurent Somon (Somme) a mis en exergue le partenariat que Xavier Bertrand entend nouer avec les départementaux et l’entrée rapide « dans une politique d’action qui doit être mesurée sur son efficacité ».

Et Xavier Bertrand de préciser leur feuille de route : « Nous allons travailler ensemble (…) pour sortir nombre d’habitants de la grande région de leurs difficultés et pour faire sortir et avancer mieux et plus vite les projets. » Sans ostracisme : « Les départements sont toujours là et bien là avec des compétences appréciées par les départements. Comme président du conseil régional, je continuerai à parler avec les communes, avec les intercommunalités, mais on ne m’empêchera pas d’avoir un dialogue avec les présidents de conseils départementaux et chacun conservera son identité départementale et même politique (…). Les départements ne s’en sortiront pas seuls. Aujourd’hui, plus personne n’est dans une querelle de clocher ou de beffroi. La logique, c’est de faire en commun si on peut le faire. Ce n’est pas possible partout, mais quand c’est possible, cela a du sens. On ne peut pas vous livrer une règle de mutualisation en tous points et tous lieux du territoire. Nous avons décidé de faire perdurer le format de la réunion de ce jour et de pousser le plus loin possible la réflexion autour de la mutualisation. » Les intentions réaffirmées, les membres du G6 régional ont évoqué leurs échanges du jour. Morceaux choisis du président…

RSA

« Le « A » de RSA doit être le « A » d’activité. Il ne s’agit pas de donner un coup de main financier aux départements, mais de redonner toute sa force à ce « A ». La région peut les aider en finançant davantage par exemple l’ESS, les chantiers d’insertion, les chantiers écoles, sur la formation au bénéfice des allocataires du RSA… Une convention sera signée dans les prochaines semaines. Je suis sûr qu’on aura des résultats (à la condition d’un) travail en commun et sur mesure. »

Schéma régional des formations 

« Il est plus ouvert en Nord-Pas-de-Calais qu’en Picardie. Nous allons appliquer la règle du mieux-disant. Les Picards pourront accéder à l’éventail de l’ensemble des formations existantes. »

Canal Seine-Nord

Projet auquel Xavier Bertrand « tient comme à la prunelle de [s]es yeux », il veut en « bousculer le calendrier (…), passer à la vitesse supérieure…» parce qu’il « est synonyme d’emplois et de développement économique ».

Agriculture 

Un plan d’urgence sera voté fin janvier pour les éleveurs et les producteurs de lait. Sur la question de l’approvisionnement des cantines et autres lieux de vie, « on a quelques mois pour être opérationnels à la rentrée prochaine, et avant si possible ».

Contrats de plan 

Le président du conseil régional a rencontré le Premier ministre « favorable à la renégociation » du Contrat de plan État-région. Il entend que l’État soit davantage au rendez-vous sur la question des infrastructures. Il ne s’interdit pas de contrats région-départements sur les routes d’intérêt stratégique régional. Il a cité la RN2, la liaison Cambrai- Montreuil, le CD 200 (axe Creil-Compiègne)…

Commission européenne 

Une rencontre « importante » est programmée en février avec la Commission et les parlementaires européennes. « La fusion doit permettre l’alignement de la Picardie sur le statut du Nord-Pasde-Calais. Je n’imagine pas un instant qu’elle puisse nous dégrader, nous coûter. Si certains zonages peuvent être discutés, je peux le comprendre, mais je ne veux pas perdre ce statut qui a permis d’obtenir des crédits de reconversion. »

Jean-Luc DECAESTECKER