L’Art déco va s’exposer à Saint-Quentin

En organisant une exposition, Saint- Quentin veut confirmer et renforcer son statut de capitale de l’Art déco. Trois mois de manifestations très attendus.

Saint-Quentin est la grande capitale en France de l’Art déco. La ville a été précurseur et ce style s’est exporté aux États-Unis, en Australie et au Japon », lance Victorien Georges, directeur adjoint au service culturel de la ville. Il suffit de sillonner les rues de la cité des Pastels pour se rendre compte que l’Art déco, un style apparu avec la reconstruction après la Grande Guerre, compte pour les Saint-Quentinois. Né en France, l’Art déco joue sur les formes géométriques pures et privilégie les matériaux modernes comme le béton, pour une architecture populaire, diamétralement opposée à l’art nouveau d’avant-guerre.

Près de 3 000 façades Art déco sont recensées à Saint-Quentin mais aussi des édifices publics et privés comme les grands magasins, aujourd’hui propriétés du groupe des Galeries Lafayette. Construit en 1876, le magasin fut détruit durant la Première Guerre mondiale et reconstruit en 1927 par l’architecte parisien Sylvère Laville. Après la Seconde Guerre mondiale, les grands magasins de Saint- Quentin ferment leurs portes et le lieu est transformé en loisirs : galas de catch, boxe, bals et compétitions de patins à roulettes. Il reprendra par la suite ses fonctions de commerce sous l’enseigne Monoprix. Seul le rez-de-chaussée est aujourd’hui exploité, les deux niveaux supérieurs sont restés dans la même configuration. Une architecture novatrice en béton et stuc, fait d’un mélange de différentes influences : cubisme, antique avec ses colonnes, orientalisme avec les fleurs de lotus, des palmettes, et de la ferronnerie d’art. Un ensemble novateur baigné de deux immenses puits de lumière.

De grands musées partenaires

C’est dans cette bâtisse, au premier étage, que la ville de Saint-Quentin organise une exposition d’envergure internationale baptisée L’Art béco et Saint-Quentin, l’invention d’un style international, qui débutera prochainement (la date officielle n’est pas encore arrêtée) pour s’achever le 30 janvier 2016. De nombreuses manifestations seront organisées, le programme est en cours de finalisation. Pour organiser cette exposition, la ville s’est associée à des musées pour le prêt d’oeuvres (musées de la céramique de Sèvres, des années 30 de Boulogne-Billancourt ou bien encore l’éco- musée de Saint-Nazaire), aux acteurs économiques locaux dans le cadre de mécénat et à la Cité de l’architecture et du patrimoine de Paris dont Emmanuel Brayon, conservateur en chef, qui sera le commissaire de l’exposition. Quant au groupe Galeries Lafayette, il loue les lieux à la ville qui effectue actuellement des travaux d’accessibilité et de sécurité. « Nous ne touchons à rien. Nous laissons le lieu tel quel », précise Victorien Georges. Depuis quelques années, la ville mise sur les atouts de l’Art déco pour attirer une clientèle touristique de plus en plus nombreuse qui a l’envie de découvrir un style qui fait tant parler de lui. Cette exposition attirera de nouveaux visiteurs, restaurateurs et hôteliers attendent avec impatience cette manifestation.