Fablab, le communautaire au service de l’innovation

Fablab, le communautaire au service de l’innovation

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Fablab La Machinerie à Amiens l’effervescence de la rentrée.
Fablab La Machinerie à Amiens l’effervescence de la rentrée.
Fablab La Machinerie à Amiens l’effervescence de la rentrée.
Fablab La Machinerie à Amiens l’effervescence de la rentrée.

Né à la fin des années 1990, le concept du fablab a été imaginé par des ingénieurs de la célèbre université du MIT à Boston, avec l’idée de proposer des lieux dédiés à la création avec du matériel de pointe et ouverts à tous. La France, sous l’impulsion en 2012 de Fleur Pellerin alors ministre chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique, est devenue un des leaders mondiaux par le nombre de structures existantes ou de projets. La Picardie a vite compris l’intérêt d’avoir ces laboratoires d’innovation sur son territoire et a déjà ouvert quatre fablabs.

Lieux d’échanges

Il s’agit de « passer de l’idée au projet, grâce à des structures spécialisées dans le prototypage », explique Fabien Madore. Ce créateur d’une société de drones, aujourd’hui cotée en bourse, est à l’origine de la création de deux fablabs en Picardie. « En 2009, lors de la création de ma société, j’avais besoin de faire des prototypes pour tester la viabilité du projet et y apporter des modifications. Le fablab me semblait être la bonne structure, avec un esprit start-up », ajoute le dirigeant. Le fablab est avant tout un espace de coworking où chacun peut monter ses projets avec une ambition plus ou moins grande grâce à la mise à disposition de machines-outils. Ce lieu d’échanges et d’innovation est toujours supervisé par une équipe – les fabmanagers – qui apporte ses connaissances et son aide dans l’utilisation d’un matériel technique et onéreux, comme les imprimantes 3D, les découpeuses laser ou encore les fraiseuses numériques. « Au delà des outils performants, on trouve la notion de partage des connaissances avec un libre accès aux fichiers numériques. Un maker peut apporter des améliorations à un projet à partir des plans existants », précise Fabien Madore. En revanche, il est toujours possible pour le créateur de conserver ses fichiers en vue d’une commercialisation de son innovation.

Ouverts aux entreprises

Les makers proviennent d’horizons divers. Ainsi, dans les laboratoires, les geeks côtoient des retraités passionnés de bricolage qui réfléchissent avec des étudiants souvent issus de filières technologiques ou d’ingénierie. « Les laboratoires sont des lieux de brassage social. Je regrette juste que les femmes soient très minoritaires : entre 5 à 10% des utilisateurs, sauf dans les fablabs orientés vers l’artistique », commente Fabien Madore. Outre les particuliers, les entreprises investissent les fablabs avec, en tête, les PME qui n’ont pas les moyens d’investir dans du matériel pour réaliser leurs prototypes. Seule ombre au tableau, les structures ont un coût élevé et le manque de financement pourrait remettre en cause leur avenir. Malgré deux subventions accordées par la Région d’un montant de 85 000 euros au lycée Léonard-de-Vinci et 77 000 euros pour la Machinerie, les fablabs doivent se professionnaliser et trouver un business model rentable. « Le système des cotisations n’est pas suffisant. Il faut songer au mécénat ou partir vers un mixte entre pépinière d’entreprises et fablab », conclut Fabien Madore.

Alban LE MEUR