Le Souffle de la terre fête ses 30 ans

Du 21 août au 19 septembre se déroule la 30e saison du son et lumière créé en 1986 par Dominique Martens à Ailly-sur-Noye. Cette année, en plus de nouveaux textes, musiques et chorégraphies, Le Souffle de la terre a noué un partenariat avec le parc Samara.

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Le son et lumière permet un véritable échange entre les générations.
Le son et lumière permet un véritable échange entre les générations.
Les bénévoles répètent le spectacle deux fois par an peu avant le début de la saison.
Les bénévoles répètent le spectacle deux fois par an peu avant le début de la saison.

Dans les années 80, Dominique Martens préside une association théâtrale à Ailly-sur-Noye (Somme). Un bon vecteur d’animation et de création de lien entre les habitants de ce canton rural. Tant et si bien qu’un jour, les salles où se produisent les acteurs amateurs sont devenues trop étroites pour accueillir le public, à chaque fois plus nombreux.

Dominique Martens décide alors de créer un spectacle en plein air ayant pour thème la Picardie, point commun de tous les participants. Trente ans plus tard, Le Souffle de la terre est devenu une attraction incontournable du val de Noye, qui rassemble chaque année entre 17 000 et 20 000 spectateurs.

Une préparation millimétrée

« Mon travail consiste à ce que ce spectacle soit un plaisir pour les participants et le public. Je prépare longtemps les répétitions pour que ce soit un moment agréable et que chacun trouve sa place rapidement. C’est une aventure humaine où les gens sont là pour construire des choses, se rencontrer et tisser des liens. À moi ensuite d’organiser les choses. C’est très structuré pour que tout soit plus simple », explique Dominique Martens, créateur et metteur en scène du son et lumière.

Tout au long de l’année, la vingtaine d’équipes techniques (costumes, accessoires, sécurité, communication…) se réunissent une fois par semaine pour travailler sur la saison à venir. A partir d’idées soumises en comité par le metteur en scène, le spectacle évolue, des tableaux sont retravaillés et de nouveaux thèmes apparaissent. « Cette année je voulais frapper fort avec un thème que l’on n’avait pas encore exploré : le paléolithique supérieur. Pour cela, nous avons travaillé avec le parc Samara. Dès l’entrée sur le site, le public peut visiter un village et, avant le spectacle, des comédiens vont lui raconter la vie à cette époque. Enfin, nous avons introduit une nouvelle scène sur cette période glaciaire », souligne Dominique Martens. Le metteur en scène a également retravaillé la musique avec le compositeur québécois Dominic Laprise, ainsi que les chorégraphies confiées pour la seconde année à Barbara Lefevre-Hoguet, chorégraphe et professeur de danse à Amiens. « Il faut que les tableaux transmettent une émotion particulière, et je pense que la danse apporte cela avec une touche colorée et différente des scènes jouées. J’étais bénévole depuis 20 ans, je connais donc la scène et le fonctionnement du son et lumière, ce qui a facilité les choses », dit-elle avant d’ajouter : « C’est un défi particulier puisque pour les chorégraphies d’ensembles, il faut que les mouvements soient simples et accessibles à tous et que le rendu touche le spectateur. »

Une véritable aventure humaine

Le son et lumière permet un véritable échange entre les générations.
Le son et lumière permet un véritable échange entre les générations.

Des pas simples qui permettent aux acteurs amateurs d’assimiler rapidement la mise en scène, une nécessité car si les commissions techniques se réunissent tout au long de l’année, les 25 équipes de comédiens ne répètent que deux fois par an. C’est bien souvent des histoires de famille qui poussent ces 810 bénévoles à intégrer le spectacle. Les enfants d’hier prennent aujourd’hui le relais et s’investissent de plus en plus, rejoints par quelques curieux qui ont eu envie de participer à l’aventure, comme Camille, 28 ans, venue d’Amiens. « C’est ma première année ! Je connaissais le son et lumière depuis longtemps et j’ai eu envie de m’inscrire. Je joue un gueux, une bourgeoise et une paysanne pendant l’Exode. C’est un peu stressant au départ, mais on est très bien accompagnés et entourés par ceux qui ont plus d’expérience », s’enthousiasme la jeune femme. Un engouement de la jeunesse qui rend très fier Dominique Martens : « C’est cela qui me donne envie de continuer. Les jeunes générations s’engagent dans l’association, ils se sont complètement approprié le spectacle, ils veulent le défendre et le faire perdurer. Il y a peu d’exemples similaires, c’est assez exceptionnel », conclut-il.

Un impact économique et touristique

Si Le Souffle de la terre bénéficie d’un large engouement local qui lui permet de rassembler plus de 800 bénévoles, le son et lumière est également un élément phare pour le développement économique et touristique du val de Noye. « Sans le spectacle, notre territoire resterait largement méconnu d’une bonne partie de la population », souligne Christian de Caffarelli, président de l’Office de tourisme. « Les retours économiques et touristiques sont importants pour les hébergeurs, qui affichent complet tout au long de la saison, mais aussi pour la restauration et les fournisseurs locaux qui collaborent avec la restauration du son et lumière. Celle-ci peut servir jusqu’à 2 000 clients par soir », ajoute-t-il. L’association, qui investit chaque année dans des moyens techniques ou des accessoires, collabore régulièrement avec des entreprises et des artisans locaux, renforçant l’économie du territoire.

L’office de tourisme du val de Noye, qui travaille en partenariat étroit avec la Communauté de communes, a également développé des offres touristiques à destination des particuliers et des groupes. « En ce qui concerne les offres de groupe, nous associons l’offre pour le son et lumière avec d’autres partenaires touristiques comme des visites de patrimoine, d’exploitations agricoles, ou encore, le dernier week-end d’août, avec les Médiévales de Folleville », énonce Christian de Caffarelli. Ces offres semblent massivement séduire le public, majoritairement régional ou limitrophe (Normandie, métropole lilloise, Champagne- Ardenne), puisque les premiers chiffres de réservation montrent une très forte augmentation par rapport aux années précédentes et au prévisionnel (+45%) de 2015. « Le Souffle de la terre attire massivement les visiteurs, c’est vraiment un élément phare pour le val de Noye et pour Ailly-sur-Noye qui bénéficie d’une forte notoriété », s’enthousiasme le président de l’Office de tourisme.

Le Souffle de la terre en chiffres :

– 810, c’est le nombre de bénévoles qui participent à l’aventure, dont 450 sur scène, comprenant 35 cavaliers et 28 danseurs.
–3 200 costumes sont nécessaires à la réalisation des 37 tableaux du son et lumière.
–690 000 spectateurs ont assisté au Souffle de la terre depuis sa création.
–70 000 euros, c’est le montant de l’investissement pour cette 30e édition. Le son et lumière est autofinancé à 85% grâce à la billetterie et à la restauration.