Isagri, la réussite picarde

Le leader européen des nouvelles technologies destinées à l’agriculture, la viticulture et la profession comptable, va investir 50 millions d’euros pour développer des solutions informatiques.

Les acteurs économiques locaux ont accompagné l’ancien Premier ministre, à la rencontre des salariés, essentiellement des jeunes.
Les acteurs économiques locaux ont accompagné l’ancien Premier ministre, à la rencontre des salariés, essentiellement des jeunes.
En pleine campagne électorale, François Fillon, accompagné de Caroline Cayeux, sénateur-maire de Beauvais, est venu comprendre la réussite d’Isagri.
En pleine campagne électorale, François Fillon, accompagné de Caroline Cayeux, sénateur-maire de Beauvais, est venu comprendre la réussite d’Isagri.

L’aventure a commencé en 1983. Isagri, société implantée à Tillé, près de Beauvais et de son aéroport, n’a cessé de se développer jusqu’à devenir le leader européen des logiciels et solutions informatiques du monde agricole. Celle-ci affiche une croissance de 10% par an. Récemment, elle avait mis au point deux innovations. Isa360, le premier ordinateur embarqué permettant aux agriculteurs de gérer leur exploitation depuis leur tracteur. Le second, Mobi’pilot, est une tablette adaptée pour la gestion du troupeau depuis la salle de traite.

Dans le monde agricole, l’informatique a fait son chemin. En 32 ans, on est passés d’un ordinateur dans un bureau à des systèmes embarqués et très précis. « Actuellement, les solutions informatiques répondent à une demande administrative, technique et économique. Nous développons des logiciels qui communiquent entre eux pour une plus grande efficacité et réduire le temps d’usage », explique Pascal Chevallier, directeur général d’Isagri.

Grâce à ces applications innovantes, l’agriculture est revue et réorganisée version agriculteurs nouvelle génération. Alors qu’il y a 15 ans, l’informatique intéressait uniquement quelques agriculteurs dans le cadre du management, aujourd’hui ce domaine s’est propagé dans leur gestion économique, technique et administrative. Mais l’innovation demande de l’investissement et Jean-Marie Savalle, PDG d’Isagri, a annoncé un raz-de-marée sur l’activité : « C’est une réécriture de nos gammes de produits. Nous évoluons en fonction des besoins et ces besoins passent par la mobilité. Nous allons investir 50 millions d’euros pour développer des solutions via le cloud computing, l’avenir de l’informatique. Les agriculteurs seront équipés de tablettes et de smartphones et seront connectés partout et tout le temps ».

Un projet à quatre ans

Les acteurs économiques locaux ont accompagné l’ancien Premier ministre, à la rencontre des salariés, essentiellement des jeunes.
Les acteurs économiques locaux ont accompagné l’ancien Premier ministre, à la rencontre des salariés, essentiellement des jeunes.

L’évolution technologique est rapide. Isagri met donc les moyens et entre dans son projet « 2018, Tous Connectés » pour faire face à cette rapidité. L’entreprise a fait le choix de créer des solutions GPS, les services Internet, le développement et l’intégration d’applications spécifiques ainsi que les offres réseaux et télécoms. Celle-ci a annoncé le recrutement de 300 postes sur les quatre prochaines années, notamment des ingénieurs agricoles, des développeurs informatiques et des conseillers formateurs sur logiciels.

Le pari est donc ambitieux mais logique. L’entreprise est déjà bien implantée en Europe : elle compte 1 400 collaborateurs répartis dans 12 pays européens et au Canada et près de 115 000 utilisateurs. Le développement va de soi, elle a récemment racheté la société Landmark Systems, leader anglais de ce secteur.

« Notre premier export date de 1991 en Espagne. Actuellement nous exportons 30% des produits techniques et d’ici à quatre ans nous voulons passer à 50% », note Pascal Chevallier. Isagri compte également agrandir son marché. Depuis deux ans, elle s’est introduite dans le marché chinois et ambitionne d’implanter un logiciel pour la production porcine. « Nos logiciels permettent d’optimiser le nombre de porcelets par truie et par an pour des raisons sanitaires et de reproduction. Nous parlons donc d’une gestion pointue et complète », explique Pascal Chevallier.

Isagri, ce n’est pas que l’informatique mais c’est aussi les média. La société est actionnaire majoritaire (75%) du groupe de presse France Agricole, détenu avec Sofiprotéol, l’établissement financier de la filière oléagineuse en France.

Ce statut lui prévaut également d’être le leader français pour la presse spécialisée en agriculture, avec un chiffre d’affaire à 50 millions d’euros.

Isagri en quelques chiffres

– 145 millions d’euros de chiffre d’affaires
– 1 400 employés (600 sur le site de Tillé)
– Neuf filiales en Europe (Italie, Espagne, Portugal, Roumanie, Suisse, Belgique, Allemagne, Pays Bas, Royaume-Uni), une au Maroc et une au Canada
– Les logiciels Isagri sont présents dans plus de 30 pays
– 115 000 entreprises clientes
– 12e éditeur de logiciels français (Truffle, 2014)
– 30e employeur high-tech en France (Capital, 2015).