Dentechnica fait le pari du numérique

laboratoire phare dans le secteur de la prothèse dentaire au cours des années 90, l’entreprise picarde dentechnica, rachetée en 2013 par deux jeunes entrepreneurs, a pris sous leur impulsion le virage de l’innovation et du numérique.

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Les prothèses sont entièrement assemblées dans les locaux de Moreuil.
Les prothèses sont entièrement assemblées dans les locaux de Moreuil.
Les prothèses sont entièrement assemblées dans les locaux de Moreuil.
Les prothèses sont entièrement assemblées dans les locaux de Moreuil.

Fondé en 1981 à Amiens, le laboratoire Dentechnica s’impose rapidement dans le secteur de la prothèse dentaire en Picardie mais aussi dans le reste de l’Hexagone. Passée de 20 salariés à trois en une dizaine d’années, la structure est finalement cédée en 2013 à deux jeunes entrepreneurs franciliens. Nicolas Franco et Philippe Lepage sont respectivement spécialistes en mécanique de précision et en informatique de gestion. Tous deux font immédiatement le choix de faire entrer cette profession dans l’ère du numérique. L’objectif n’est pas de supprimer l’emploi manuel, mais au contraire de réduire les tâches chronophages et de gagner en précision. Les deux associés, récompensés en 2014 par le Réseau entreprendre Picardie, investissent alors dans du matériel de haute technologie (scanner, usineuse, imprimante 3D). Ces choix révolutionnent les habitudes du secteur.

Faire évoluer le secteur

« Dès notre arrivée sur le marché, nous avons baissé nos prix de 17%, grâce notamment à l’investissement numérique », explique Philippe Lepage, cogérant du laboratoire. « Nous proposons des produits entièrement fabriqués en France, avec un suivi et une traçabilité exemplaires, globalement moins chers et dans des délais pouvant aller d’une demi-journée à trois jours selon la complexité et l’urgence des pièces », ajoute-t-il. Deux coursiers internes effectuent d’ailleurs des ramassages au sein des cabinets de l’Oise, de la Somme, du Nord-Pas-de-Calais et du Val-d’Oise. Des transporteurs sont eux chargés du reste du territoire.

Dents 100% céramique, prothèses adjointes ou conjointes, si Dentechnica produit des pièces « classiques », le laboratoire souhaite faire évoluer les techniques. Cela passe, par exemple, par la suppression des moules traditionnels pour se consacrer à la prise d’empreintes de façon numérique. Après avoir mis en place un extranet à destination de ses clients, le laboratoire proposera en juin une application mobile qui permettra à chacun de suivre en temps réel les travaux en cours, mais aussi d’échanger photos et informations complémentaires sur les besoins du patient.

Continuer à se développer

« Nous savons que notre métier va évoluer. D’ici cinq ou dix ans il sera sans doute question que les prothésistes dentaires traitent directement avec les patients après avoir vu leur dentiste, ce qui est déjà le cas dans de nombreux pays européens », souligne Philippe Lepage. Ce dernier effectue, avec son associé, une veille technologique constante pour proposer les techniques les plus innovantes possibles aux chirurgiens-dentistes et aux mutuelles, qui restent leurs principaux interlocuteurs. « Notre objectif est de continuer à croître et d’embaucher cinq personnes sur deux ans, mais aussi de nous réimplanter sur Amiens, qui est plus visible que Moreuil », résume-t-il.

Côté progression financière, les deux associés espèrent dépasser le million d’euros en 2017 alors que l’entreprise ne comptabilisait que 340 000 euros de chiffre d’affaires en 2013 au moment du rachat.