Le combat de l’ACDO continue

L’Association des commerçants et des distributeurs de l’Oise tire la sonnette d’alarme sur leur avenir et l’avenir du commerce « non virtuel » en général. Et dit non à la nouvelle taxation imposée par l’État en dénonçant « un acharnement fiscal ».

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Marcel Verfaillie, ancien directeur d’Auchan à La Croix-Saint-Ouen, maintenant à la retraite, se dit aujourd’hui révolté par la nouvelle taxation étatique.
Marcel Verfaillie, ancien directeur d’Auchan à La Croix-Saint-Ouen, maintenant à la retraite, se dit aujourd’hui révolté par la nouvelle taxation étatique.
Marcel Verfaillie, ancien directeur d’Auchan à La Croix-Saint-Ouen, maintenant à la retraite, se dit aujourd’hui révolté par la nouvelle taxation étatique.
Marcel Verfaillie, ancien directeur d’Auchan à La Croix-Saint-Ouen, maintenant à la retraite, se dit aujourd’hui révolté par la nouvelle taxation étatique.

Veut-on la mort du commerce ? », se questionne Marcel Verfaillie, président de l’Association des commerçants et des distributeurs (ACDO). Ses propos sont forts, au même titre que le combat de cette association isarienne, la seule de ce genre sur le territoire français. Pourtant, ce n’est pas la première fois que les distributeurs et les commerçants de l’Oise s’unissent dans ce combat commun : il y a deux ans, ils avaient déjà interpellé le gouvernement sur le risque des taxes non équilibrées et « injustes » par rapport à celles des entreprises dites du e-commerce et avaient proposé une réforme fiscale avec la hausse de la TVA à 25% et la baisse des charges salariales et des retraites.

« On est en arrivé à un point de rupture qui risque de mettre en difficulté ce secteur de plus en plus concurrencé par les géants du e-commerce, Amazon et Google en tête, qui bénéficient des subtilités de l’optimisation fiscale leur permettant d’échapper très largement aux fourches caudines du fisc français, explique Marcel Verfaillie, et depuis deux ans, rien n’a changé ! » La seule réponse reçue des parlementaires : attendre les élections de 2017. « C’est inadmissible ! », s’exclame le président de l’ACDO. Pour ces professionnels, ça l’est encore plus depuis l’annonce du gouvernement qui impose cette année une nouvelle hausse de la taxe sur les surfaces commerciales de 50% pour les surfaces de plus de 2 500 m². Pour eux, « c’est un acharnement fiscal et un nouveau coup de massue qui s’ajoute aux 80 autres taxes. » Mais toujours pas de taxes pour les entreprises du e-commerce.

« Des règles de jeu faussées »

Le combat de l’ACDO n’est pas tant les nouvelles taxes mais bien les taxes jugées inégalitaires avec le e-commerce et le temps de réaction face à cette situation jugée trop tardive. « Le régime d’imposition sur la TVA ne sera totalement modifié qu’à compter du 1er janvier 2019 pour utiliser le taux du pays de consommation auquel sera renversée la taxe, c’est beaucoup trop tard. D’ici là, bon nombre d’entre nous aurons mis la clé sur la porte (…). Sans la grande distribution, c’est tout un pan de l’économie qui s’écroulerait, entraînant dans sa chute de nombreux soustraitants », continue Marcel Verfallie. Pour étayer sa thèse, l’ACDO a choisi de faire appel à un professionnel pour réaliser une étude économique dans la région de Compiègne et une autre sur les inégalités fiscales de la même zone, en cours actuellement.

« Tous les projets économiques servent à faire de l’argent, il faudrait plutôt trouver un équilibre pour le faire vivre », s’exclame-t-il. Il rappelle que les impôts que les entreprises du e-commerce ne paient pas représentent 1,35% TTC du chiffre d’affaires d’un hypermarché moyen, soit plus que la moyenne des taux de bénéfice net enregistrée.

Alors que faire d’autre ? Pas grande chose. L’ACDO tente de faire réagir les élus locaux par tous les moyens, sans vraiment se faire entendre et appelle à la mobilisation.