Un concours pour réinventer les châteaux d’eau

En 2012, la Maison de l’architecture de Picardie avait demandé aux collégiens et lycéens de la région d’imaginer « La ville dans le futur ». Trois ans plus tard, ils sont invités à plancher sur l’avenir d’un monument emblématique des villes et campagnes, le château d’eau, et à imaginer comment l’habiter.

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À Amiens, le château d’eau qui abrite aujourd’hui le Service des eaux d’Amiens Métropole a été construit entre 1751 et 1758.
À Amiens, le château d’eau qui abrite aujourd’hui le Service des eaux d’Amiens Métropole a été construit entre 1751 et 1758.
À Amiens, le château d’eau qui abrite aujourd’hui le Service des eaux d’Amiens Métropole a été construit entre 1751 et 1758.
À Amiens, le château d’eau qui abrite aujourd’hui le Service des eaux d’Amiens Métropole a été construit entre 1751 et 1758.

Avec ce concours « Demain : habiter un château d’eau », les enjeux pour la Maison de l’architecture de Picardie est ses partenaires sont multiples. Il s’agit de sensibiliser les plus jeunes à l’écologie et à l’urbanisme en intégrant les diverses problématiques transversales afférentes à l’habitat – ou comment concevoir un logement évolutif dans une architecture existante-, de considérer la singularité d’une construction dans son contexte urbain, et d’aborder la question du développement durable, en ayant notamment à cœur « d’appliquer les innovations techniques en matière d’économie d’énergie, d’eau et d’électricité », prévenant ainsi la pénurie d’eau.
C’est aussi pour les nouvelles, et les plus anciennes, générations un bon moyen de s’attacher à un pan souvent méconnu de notre patrimoine, les châteaux d’eau, dont les premiers datent de la fin du XVIIIe siècle, et qui ont connu leur heure de gloire aux XIXe et XXe siècles, à la fin duquel s’est amorcé leur déclin. On estime que leur nombre est aujourd’hui compris entre 15 000 et 20 000 en France.

Trois thématiques

Les élèves concourent dans deux catégories, « Collège » et « Lycée », et ont jusqu’au 20 mars prochain pour rendre leur maquette et travaux. Leurs œuvres seront ensuite exposées du 20 mai (date de la remise des prix) au 31 juillet dans les locaux de la Maison de l’architecture, à Amiens. Les deux classes gagnantes, une dans chaque catégorie, décrocheront un place pour visiter des expositions abritées par la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris.
Une récompense méritée pour un projet conséquent qui s’inscrit dans une problématique mondiale, celle de l’appauvrissement des ressources naturelles, et des solutions apportées pour l’endiguer, à savoir le développement des énergies renouvelables. Avec en filigrane la question d’un habitat qui doit se trouver un nouveau visage, alliant modernité, préservation de l’ancien et technologies innovantes. C’est de cette base que sont partis les initiateurs du concours, « partant du postulat que les ouvrages d’art énergétiques et biologiques (…) seraient dans un avenir proche devenus obsolètes », et demandant aux collégiens et lycéens « d’imaginer, sur le modèle du château d’eau, symbole de nos besoins vitaux, une réappropriation de cet ouvrage en tant que logement autosuffisant en énergies, en eau, en ressources biologiques et cela tout en respectant sa valeur patrimoniale », en prenant comme modèle un château d’eau existant.
Un vaste programme mais un beau défi à relever, les participants aidés de leurs professeurs ont pour ce faire à leur disposition trois fiches thématiques, « la base d’une réflexion » qui leur permettra de mener à bien cet ambitieux projet. Doivent donc être pris en compte le paysage, l’architecture et le patrimoine (pour intégrer le projet dans son paysage et son contexte social), l’évolution et la flexibilité du logement (l’idée étant de proposer un aménagement intérieur créatif et innovant, avec par exemple l’utilisation de la domotique) et les énergies ainsi que le développement durable, pour imaginer des alternatives biologiquement autosuffisantes.