Mademoiselle Claire, boutique à l’essai

Menée en partenariat avec la ville de Noyon, sa communauté de communes et Initiative Oise Est, la redynamisation du centre-ville est assurée grâce à “Ma boutique à l’essai”, concept inédit en France.

Le sourire de Claire trahit son envie de persévérer, en mars prochain.
Le sourire de Claire trahit son envie de persévérer, en mars prochain.
Le sourire de Claire trahit son envie de persévérer, en mars prochain.
Le sourire de Claire trahit son envie de persévérer, en mars prochain.

Beaucoup de commerces ayant fermé à Noyon, il s’agissait pour les initiateurs de ce projet faire réoccuper les locaux vacants. Leurs propriétaires, des privés, ont donc été approchés, l’idée : leur proposer de mettre un créateur dans une boutique pour une durée de six mois, afin qu’il teste en réel son projet. Initiative Oise Est avec la mairie et la communauté de communes du Pays du Noyonnais ont décidé d’accompagner le porteur du projet en le conseillant et en lui accordant un prêt d’honneur de 5 000 euros, à taux zéro. C’est une opération de courte durée, le temps de tester son idée. Le loyer est faible, environ 500 euros par mois, plus 20 % de taxes au prorata de la taxe d’habitation. Si le créateur décide de continuer au-delà des six mois, il y a un nouveau prévisionnel de préparé avec les mêmes partenaires. En revanche si celui-ci veut arrêter, il bénéficie d’un accompagnement afin de ne pas rester sur un échec. Claire Dété a ouvert sa boutique de vêtements le 3 septembre dernier. Son parcours est atypique. Juriste de formation, elle voulait être avocate, mais n’obtient pas le concours. Elle décide de se tourner vers le commerce. Sa mère était déjà commerçante à Noyon. Elle a voulu tenter l’aventure : « Après avoir mûrement réfléchi avec Initiative Oise Est, la mairie et la communauté de communes, j’ai ouvert ma boutique de prêt à porter féminin, secteur où j’avais déjà travaillé quand j’étais étudiante. Mon concept est de proposer à mes clientes des modèles différents chaque semaine. Je vais à Paris, chaque lundi, et achète maximum six pièces de chaque modèle, jamais de collection entière. Cela me permet de ne pas avoir de stock. Cela pousse la clientèle à passer chaque semaine pour voir les nouveautés. De plus, j’adapte en fonction de la météo, ainsi, chaque semaine, les vêtements sont en adéquation avec le temps. La gamme de prix est de 17 euros pour un pull, à 115 euros une doudoune. » Claire propose aussi des modèles uniques de créateurs français, des bijoux fantaisie, des accessoires de mode. Étant donné la conjoncture actuelle, elle part sur de petits prix et réussit à vendre son stock chaque semaine. “Mademoiselle Claire” est déjà au-delà de son prévisionnel. Le parcours de “Ma boutique à l’essai” a fédéré beaucoup de monde, acteurs publics et privés, la Société générale, Axa, Houtre vitrage, et l’enseigniste qui lui ont fait des tarifs préférentiels. Cette ouverture a dynamisé la place de l’Hôtel de ville de Noyon, puisque grâce au lancement de cette opération en décembre 2013, huit commerces ont pu rouvrir.

Olivier Bourdon, directeur d’Initiative Oise Est
«  Suite au lancement de l’opération de Noyon avec nos partenaires, la ville de Noyon et sa communauté de communes, 30 communes réparties dans toute la France, entre dix et 30 000 habitants, nous ont contactés. Nous avons donc décidé de créer une fédération des boutiques à l’essai en novembre dernier. Son objectif est de proposer un kit aux collectivités, comportant un support communication, juridique, et un mode d’emploi proposant une opération clé en mains, s’adaptant à la ville. Actuellement, nous en accompagnons huit dans un projet d’ouverture. “Ma boutique à l’essai” s’ouvre à tous types d’activité hors l’alimentation, et toujours en centre ville. Pour que le concept fonctionne, il faut que ce soit sur un axe très passager. La priorité est de trouver le bon créateur, les partenaires et le local adapté à la future activité. » France 3 et TF1 ont réalisé des reportages qui seront diffusés prochainement.