L’agriculture solidaire à l’heure européenne

La ferme du Moulin à Cauffry, tenue par Emmanuel Crucifix, partenaire de plusieurs Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), a accueilli le samedi 15 novembre une rencontre européenne se clôturant par un échange sur les expériences des circuits courts de type Amap en Europe.

Les participants de différents pays européens ont pu confronter leurs expériences.
Les participants de différents pays européens ont pu confronter leurs expériences.
Les participants de différents pays européens ont pu confronter leurs expériences.
Les participants de différents pays européens ont pu confronter leurs expériences.

Il flottait comme un petit parfum des années soixante-dix lors de cette rencontre européenne portant sur les circuits courts alimentaires. C’est dans un hangar de ferme peuplé de tables, de chaises et de confortables fauteuils pour le premier rang, que s’est déroulée cette conférence interactive et polyglotte, clôturant une session de trois jours. « Cette soirée est un des temps forts d’une rencontre entre Amap locales et européennes venues échanger sur leurs pratiques », commentait Claire Tauty, présidente de la Fédération des Amap de Picardie (FAMAPP) et coordinatrice de l’associa- tion « Échanges pour une Terre solidaire » (ETS) basée à Pont-Sainte-Maxence. Cette manifestation organisée par Urgenci, réseau international des Amap, la FAMAPP et l’association ETS, a permis de mettre en lumière plusieurs projets dont celui de « Hungry for rights ». Rebaptisé « Système alimentaires alternatifs », il est relayé en France par le réseau Urgenci en partenariat avec ETS. Outre des Amapiens locaux, une cinquantaine de participants avait fait le déplacement d’Italie, de Lituanie, d’Écosse ou encore de Chypre.

Soixante-deux Amap en Picardie

Nées en France à l’aube des années 2000 mais s’inspirant de concepts nés quarante ans plus tôt au Japon avant de se propager aux États-Unis puis en Europe, les Amap défendent la pérennité d’une agriculture paysanne, à taille humaine, créatrice d’emplois et écologiquement viable. Elles disposent d’une charte (élaborée en mai 2003, revue en mars 2014) qui repose sur trois engagements : économique (prix stable, équitable, traçabilité des produits…), éthique (transparence des pratiques de culture, d’élevage…) et social (sensibilisation, participation à la vie de la ferme…). Chacune des 62 Amap de Picardie est autonome et définit son mode de fonctionnement. Les Amap se réclament d’une « prise de conscience citoyenne » face à la puissance et l’opacité du lobby agroalimentaire. Manger mieux et manger sain (bio) tout en permettant aux producteurs locaux de vivre de leur travail : un modèle d’économie sociale et solidaire bien loin de la grande distribution. Les scandales de la vache folle ou des lasagnes au cheval sont autant d’eau apportée au moulin des Amapien(ne)s comme Marie-Laure, une Creilloise impliquée. « Il y a différentes sortes d’Amap : maraîchère, fromagère, élevage… Concrètement, nous nous engageons auprès d’un producteur à payer notre panier à l’avance. Des contrats de six mois sont signés entre le producteur et les adhérents. Le petit panier est à 11 euros, le gros à 16,50 euros. La distribution se fait place Saint-Médard au pied d’un café, c’est très convivial. Emmanuel travaille avec cinq ou six Amap, cela lui assure des revenus stables. » Mais attention, les Amapiens sont tout, sauf de doux rêveurs…