Combien de toits pour les ménages picards demain ?

39 000 logements à construire d’ici à 2020, c’est le besoin des picards souligné par une étude de l’Insee publiée le 3 décembre. Hausse de la population et augmentation du nombre de ménages, à travers cette analyse apparaissent les futures mutations de la Picardie.

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Les besoins en logements les plus importants d'ici à 2020 seraient situés dans le Grand Amiénois et dans l'Oise selon l'INSEE.
Les besoins en logements les plus importants d'ici à 2020 seraient situés dans le Grand Amiénois et dans l'Oise selon l'INSEE.
Les besoins en logements les plus importants d'ici à 2020 seraient situés dans le Grand Amiénois et dans l'Oise selon l'INSEE.
Les besoins en logements les plus importants d'ici à 2020 seraient situés dans le Grand Amiénois et dans l'Oise selon l'INSEE.

Entre 1999 et 2009 la population picarde a augmenté de 2,8%. Avec cette dynamique, inférieure à celle de l’Hexagone mais supérieure à celle de régions limitrophes (Nord-Pas-de-Calais et Champagne Ardenne), la Picardie devrait compter 60 000 habitants supplémentaires (+3,1%) d’ici à 2020. Derrière cette évolution significative se révèlent des changements démographiques et sociétaux non négligeables. De 1999 à 2009, on a vu la population picarde gagner près de 53 000 habitants. Cette hausse est un moteur naturel de la demande de logements. Ainsi, en 2009, ils étaient 873 400 en Picardie, pour seulement 769 600 dix ans auparavant. Cependant, cette évolution démographique ne doit pas dissimuler une autre variable notable : l’augmentation du nombre de ménages. En effet, ceux-ci devraient connaître dans la région une hausse plus soutenue que la population d’ici à 2020 : 60 000 nouveaux habitants pour 61 000 ménages (soit un accroissement de 7,9%). Cette projection de l’Insee permet de plonger plus en détail dans les raisons de cette multiplication des ménages.

pourquoi une hausse des ménages

L’apparition de ces 61 000 ménages supplémentaires aura évidemment un fort impact sur les besoins potentiels en logements. Comment expliquer cette tendance ne reposant pas que sur la démographie puisqu’il la dépasse ? L’Insee met en évidence le phénomène du desserrement, soit la baisse continue du nombre de personnes par ménage. Et pour cause, entre 1999 et 2009, la taille moyenne des ménages picards a décliné de 2,6 à 2,4 personnes, entraînant mécaniquement un plus gros besoin en logements à population constante. Cette baisse est liée au vieillissement de la population. En effet puisqu’on observe une forte augmentation des ménages avec une personne de référence âgée de 50 à 64 ans (+35% soit 55 500 ménages), ou de 80 à 89 ans (+74% soit 23 000 ménages). Sans enfant à charge, elles vivent le plus souvent seules, suite au décès du conjoint pour la seconde catégorie. D’autres tendances sociétales actuelles accentuent la multiplication des ménages, telles que la plus grande fragilité des unions, les mises en couple plus tardives des jeunes ainsi qu’un recul de l’âge moyen au premier enfant. On comprend mieux que sur les 61 000 ménages supplémentaires attendus d’ici à 2020, 56 000 seraient composés d’une personne seule. Mais au-delà de ces phénomènes apparaissent des besoins en logements très divers suivant les territoires.

Quels besoins pour quelle politique ?

Le nombre total de logements à construire sur la période 2014-2020 serait estimé à 39 000, soit en moyenne 6 500 logements par an sur toute la région. Sur les 67 000 logements qui devaient être construits pour l’ensemble de la Picardie entre 2009 et 2020, 28 000 l’ont été déjà été de 2009 à 2013. Cependant, les besoins ne sont pas équilibrés, ils se font davantage ressentir dans le sud de la région sous influence francilienne et dans les principales agglomérations. À noter que le nombre de ménages devrait lui augmenter partout, y compris là où la population diminuera de 2% d’ici à six ans, comme en Thiérache et dans le Saint-Quentinois. Les politiques publiques devront prendre en compte ces évolutions. Leur volonté de densification autour des quartiers de gare ou de zones desservies en transport en commun, s’opposera aussi à la traditionnelle aspiration des ménages à accéder à un logement individuel.