Les pharmaciens défient le gouvernement

Avec les notaires, les avocats ou encore les dentistes, les pharmaciens se mobilisent contre le projet de réforme des professions règlementées.

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Le 30 septembre, la majorité des officines ont gardé portes closes.
Le 30 septembre, la majorité des officines ont gardé portes closes.
Le 30 septembre, la majorité des officines ont gardé portes closes.
Le 30 septembre, la majorité des officines ont gardé portes closes.

Celui-ci prévoit entre autres la fin du monopole de vente des médicaments, l’ouverture du capital des officines et donc la possible arrivée d’actionnaires non pharmaciens, ou encore l’éventuelle fin du numérus clausus qui permettrait la liberté d’installation. « Cela fait deux ans que nous discutions avec la ministre de la santé, Marisol Touraine, tout se passait très bien, nous étions même d’accord pour revoir notre mode de rémunéra tion. Je ne sais pas d’où viennent ces attaques », s’étonne Eddy Naillon, pharmacien amiénois et co-président du syndicat régional des pharmaciens. « Faire croire par exemple que l’installation libre permettra la création de plus d’officines est totalement faux, cela créera simplement des déserts pharmaceutiques à l’image de ce qui existe chez les médecins. Et dire que nous sommes des nantis alors qu’une pharmacie ferme tous les trois jours, je trouve ça inadmissible », s’emporte-t-il. Sur les 23 000 officines que compte le territoire français, plus de 90 % devaient rester fermées le 30 septembre. Une mobilisation qui ne se dément pas dans la Somme où sur les 197 structures, seules cinq sont restées ouvertes. Le co-président du syndicat régional assure d’ailleurs que les pharmaciens sont prêts à renouveler ce type d’actions jusqu’à ce que le projet de loi soit abandonné. Aude là de l’avenir de la profession, cette réforme entraîne selon lui une question de santé publique. « Nous avons un lien fort de proximité avec nos patients, surtout avec les plus fragiles. Pensez-vous qu’un supermarché proposera de passer chez un client pour lui apporter un médicament ou lui donner des conseils ? », interroge Eddy Naillon. « L’arrivée possible de fonds de pensions en tant qu’actionnaires nous enlèverait toute indépendance, il ne serait question que de rentabilité », ajoute-t-il avant d’évoquer les soins ou conseils dispensés gratuitement et qui sont intimement liés à l’exercice du métier.