Fausi, une ONG au service de l’autre

Fondée à Laon en 2007, cette organisation non gouvernementale s’efforce d’apporter soins, formations et matériels à des populations en difficulté, d’Haïti aux Philippines, en passant par le Burkina Faso. Rencontre avec son président, Alexandre Pertin.

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Une équipe de Fausi en novembre dernier dans la ville de Tacloban, aux Philippines, durant une recherche de victimes dans une habitation.
Une équipe de Fausi en novembre dernier dans la ville de Tacloban, aux Philippines, durant une recherche de victimes dans une habitation.
Une équipe de Fausi en novembre dernier dans la ville de Tacloban, aux Philippines, durant une recherche de victimes dans une habitation.
Une équipe de Fausi en novembre dernier dans la ville de Tacloban, aux Philippines, durant une recherche de victimes dans une habitation.

Président de Fausi (France aide urgence secours international) depuis 2011, Alexandre Pertin est pompier professionnel à Laon. Scout de France durant une quinzaine d’années, il a fait son service militaire dans le Génie, « où on est amené à intervenir sur des catastrophes naturelles », explique-t-il. Il va rejoindre une première ONG en 2003, acquérir une solide expérience et en devenir vice-président en 2005. Mais « je n’appréciais pas la gestion de l’organisation et je l’ai quittée », confie-t-il. En 2007, il cofonde un nouvel organisme – Fausi– qui, après seulement deux mois d’existence compte déjà 20 membres et un premier projet au Cameroun. « Nous avons apporté équipements (matériel anti-incendie, véhicules, ndlr.) et formations aux pompiers de Douala », raconte Alexandre Pertin.

Un positionnement spécifique
L’organisme est apolitique, non-confessionnel et indépendant. « Cette indépendance nous permet d’avoir face à nous des portes ouvertes, on ne représente personne et aucune idéologie », précise le président de Fausi. L’ONG cherche à porter secours à des personnes contraintes de rester chez elles lors de catastrophes, ne pouvant se faire soigner dans les centres aménagés dans les villes. « Par exemple, des grands-parents blessés ne peuvent laisser leurs petits-enfants seuls, les parents étant décédés : nous allons au-devant d’eux. Ce qui implique parfois 15 à 20 km de marche avec tout l’équipement », évoque le pompier professionnel. C’est ainsi que Fausi est intervenue en Haïti en 2010 à la suite du tremblement de terre. Elle s’est d’ailleurs distinguée lors du sauvetage de la petite Elizabeth, âgée de 23 jours, qui avait passé plus de sept jours sous des décombres. « Cela reste un souvenir très fort pour toute l’équipe présente alors sur place », souligne Alexandre Pertin.

Des missions humanitaires
L’organisme se mobilise pour des missions d’aides d’urgence comme celle en Haïti ou aux Philippines en 2013, mais aussi pour des opérations humanitaires. « Celles-ci se préparent plus longue- ment, parfois un an avant l’arrivée sur le terrain, pour trouver des partenaires sérieux, élaborer un projet solide », explique le président de l’ONG. Fausi va d’ailleurs lancer une nouvelle mission de ce type au Burkina Faso en novembre-décembre prochain. L’objectif est d’améliorer les soins dans des dispensaires situés à 100 kilomètres au nord de Ouagadougou, en apportant du matériel et en formant les personnes sur place. L’association ne prodigue pas des formations exclusivement en Afrique : elle propose aussi en Picardie des cours de secourisme pour stagiaires, associations, entreprises, etc. Ces formations sont l’une des sources de financement de l’ONG, avec les dons, et restent une manière de prolonger jusqu’en France la noble mission de Fausi.