L’immobilier : un moteur de relance pour l’économie ?

Le lundi 2 décembre 2013, les acteurs économiques locaux étaient conviés à venir assister au sein de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Picardie, à une des Européennes des Caisses d’Epargne, sur le thème : « L’immobilier : un moteur pour la relance ? ».

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L'immobilier : le paradoxe d'un marché en crise mais créateur de richesse nationale.
L'immobilier : le paradoxe d'un marché en crise mais créateur de richesse nationale.

 

L'immobilier : le paradoxe d'un marché en crise mais créateur de richesse nationale.
L'immobilier : le paradoxe d'un marché en crise mais créateur de richesse nationale.

Suite aux successives crises financières et économiques de 2008 et 2011 ainsi qu’à l’augmentation de la réglementation, la croissance du marché de l’immobilier européen est aujourd’hui stagnante, voire en déclin. Le secteur reste néanmoins un des principaux créateurs de richesse. Dans ce contexte, l’immobilier peutil être un moteur de relance pour l’économie ? Voici la problématique posée lors de l’Européenne des Caisses d’Epargne. Lors d’une table ronde animée par Sébastien Couasnon, journaliste à BFM Business, trois intervenants ont tenté d’apporter des explications et des réponses, aux problèmes auxquels fait face le secteur immobilier en 2013 et les défis que ce dernier devra relever. « Le prix de l’immobilier en France est élevé. Or, ce prix est directement influencé par le prix du foncier. Si l’on veut résoudre les problèmes liés au prix de l’immobilier, il faut tout simplement résoudre celui du foncier », déclare Jean- Paul Betbeze, économiste et conseiller économique pour Deloitte.

Une profession réglementée
L’accumulation des différentes réglementations encadrant les normes s’avère également, de l’avis des différents intervenants, un obstacle à la bonne marche du marché de l’immobilier. « Le logement social est aussi confronté à la crise, même si nous sommes un peu plus épargné en France, car nous conservons la TVA à 5%, explique Valérie Fournier, vice-présidente de la fédération nationale des Entreprises pour l’habitat (EHS). Il y a de plus en plus de normes à respecter dans l’immobilier. Or, en terme de construction cela a un coût. Nous sommes donc confrontés à une problématique : comment construire un logement, en respectant les normes réglementaires, mais en ayant un coût de production modéré, condition sine qua non permettant d’offrir un loyer de sortie modéré. »
Dans des conditions peu favorables au marché de l’immobilier, la loi Duflot pour l’Accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR), adoptée par le Sénat en première lecture le 26 octobre 2013 et qui prévoit notamment l’encadrement des loyers, apparaît aux yeux des intervenants, comme une « mise à mort » d’un marché déjà fragilisé. « Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où il y a une sacralisation de l’accession à la propriété et où c’est la cessation qui rapporte. Il s’agit donc d’une part de valoriser l’actif, ce que ne fera pas cette loi et de l’autre d’obtenir un marché harmonieux et équilibré, fait de propriétaire et de locataire », note Jean-Paul Betbeze. François Payelle, président de la Fédération nationale des promoteurs immobilier (FPI) renchérit : « Tous les indicateurs prouvent que le marché est au ralenti. La loi Duflot, si elle peut paraître innovante, ne résoudra pas le problème, car toutes les études réalisées dans les pays de l’OCDE, montrent que baisser les prix de l’immobilier conduit à un appauvrissement général de la population. » Malgré un marché en déclin l’immobilier représente 25% de la richesse nationale. Il pourrait donc en effet être acteur de la relance économique globale, à condition qu’il retrouve son dynamisme passé.