Picardie : attention aux particules fines dans l’air

A l’occasion de sa deuxième Journée d’échanges sur l’air, Atmo Picardie, association qui surveille la qualité de l’air, dresse un bilan sur la pollution de l’air en Picardie par les particules fines. Il en résulte que la région est touchée par cette pollution reconnue dangereuse pour la santé.

L'équipe d'Atmo Picardie a dressé le bilan de l'air régional.
L'équipe d'Atmo Picardie a dressé le bilan de l'air régional.

 

L'équipe d'Atmo Picardie a dressé le bilan de l'air régional.
L'équipe d'Atmo Picardie a dressé le bilan de l'air régional.

En Picardie, la qualité de l’air est qualifiée de bonne même si de nombreuses sources d’émission de particules fines sont concentrées dans la région. Une zone est quand même touchée, la communauté creilloise, dans le sud de l’Oise. Cette zone géographique a dépassé le seuil de la première alerte, c’est-à-dire que les stations d’Atmo Picardie ont recensé que certaines villes dépassent la valeur limite pour les poussières (soit 50 microgrammes/ m3). Mais rien d’alarmant pour le moment. « Nous venons de détecter ce problème et même si ce n’est que le premier seuil, il faut agir tout de suite pour éviter d’arriver à une situation critique. Cette limite a été dépassée, en 2013, 35 fois à Nogentsur- Oise, 14 à Rieux et 14 à Creil. Nous allons donc mettre en place un Plan de protection de l’atmosphère (PPA) sur la région de Creil dont 30 communes concernées », comment Eric Montes, le président d’Atmo Picardie. La cause ? Les chaudières très anciennes ainsi que les cheminées à foyer ouvert. Cette première alerte a été annoncée durant la seconde Journée d’échanges sur l’air, organisée par l’association. Cette journée a rassemblée une cinquantaine d’industriels, de professionnels de la santé et des associations de défense de l’environnement qui ont débattu ensemble sur les risques sur la santé publique des particules fines que l’ont retrouve dans de nombreuses activités.

Des risques sanitaires
Les industries, le trafic routier, le chauffage et l’agriculture sont les principaux foyers d’émission de particules fines dans la région, causant des risques pour la santé publique. « Le risque en termes de santé est différent car il existe beaucoup de particules différentes et beaucoup de maladies. Le plus souvent les particules sont principalement inhalées par nez et la bouche et causent des maux de gorge ou des bronchites mais les particules les plus fines s’incrustent au fond des poumons et atteignent la circulation sanguine pour aller jusqu’au cerveau et au coeur », note le docteur Elisabeth Popin, pneumologue au CHU d’Amiens. D’autres maladies plus graves peuvent faire leur apparition comme l’asthme ou le cancer. Mais la fumée de tabac reste également une source de particules fines et le docteur Elisabeth Popin rappelle que fumer chez soi provoque de nombreuses maladies, surtout chez les jeunes enfants. Cette pollution est prise en compte au niveau national, par de nombreuses structures et actuellement de multiples expérimentations sont engagées sur la nature physique de ces particules, encore peu connue des scientifiques.
Ces différents constats poussent Atmo Picardie, les collectivités et la région à agir. La Picardie est d’ailleurs la seule région française à avoir lancé en 2011 une politique environnementale santé. Aujourd’hui le but est d’améliorer les connaissances en matière d’Etat de santé de la population et de mettre en places actions appropriées pour chaque problème (vélo, transport en commun, isolement des maisons, etc.). « Avec notre service pour l’énergie qui va se mettre en place l’année prochaine, la ville de Creil pourrait être par exemple un site pilot en matière d’isolement des pavillons. C’est à réfléchir », confie François Veillerette, vice-président du conseil régional.