Les vétérinaires en colère

Le projet de loi d’avenir de l’agriculture limiterait la possibilité pour les vétérinaires de délivrer la totalité des médicaments nécessaires au traitement des animaux.

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Même les ânes ont parfois besoin d’être mis sous antibiotiques par le docteur Tribalat.
Même les ânes ont parfois besoin d’être mis sous antibiotiques par le docteur Tribalat.

 

Même les ânes ont parfois besoin d’être mis sous antibiotiques par le docteur Tribalat.
Même les ânes ont parfois besoin d’être mis sous antibiotiques par le docteur Tribalat.

Cette disposition de l’avant-projet de loi est de nature à compromettre la qualité des services rendus aux détenteurs d’animaux avec comme conséquence, de mettre en danger le réseau territorial vétérinaire. C’est pourquoi, Près de 10 000 vétérinaires sur 16 900 exerçant en libéral, en France se sont mobilisés pour manifester leur mécontentement devant le ministère de la santé. Le même jour, les cabinets ont été appelés à fermer dans tout le pays, à l’appel du syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral, avec le soutien de l’ensemble des organisations professionnelles vétérinaires. Sur les 437 vétos que compte la Picardie, 70% étaient présents à la manifestation et environ 75% de cabinets fermés. Jean-Charles Tribalat, vice- président du syndicat pour le Nord de la France est installé à Roye depuis plus de vingt ans. Il a beaucoup de clients qui ont des bovins, des ovins et des équins et bien sûr, chiens et chats. Il démontre l’absurdité de la mesure : « Cela se traduirait notamment par l’allongement du délai d’intervention lors des urgences, avec moins de vétérinaires et plus de distance à parcourir, et des risques en matière de santé publique et une moindre disponibilité des traitements pour les animaux. Comment trouver un pharmacien la nuit ou les week-ends et jours fériés pas trop éloigné de la ferme et aura-t-il en stock les antibiotiques nécessaires ? La profession contribue de façon exemplaire, depuis des années, à la lutte contre l’antibiorésistance. »

Atteinte à la probité

Le gouvernement à la demande du ministère de la santé, veut introduire des dispositions discriminantes sur la délivrance des antibiotiques. Les vétérinaires ont ressenti ce projet comme une véritable atteinte à leur honneur et à leur probité, eux qui garantissent à la fois santé animale et santé publique, grâce à un exceptionnel maillage du territoire, et à une disponibilité sans faille lors de crise sanitaire. Il faut savoir poursuit Jena-Charles Tribalat que : « La profession est sous tutelle des ministères de la santé et de l’agriculture, et la délivrance des médicaments doit être validée par les deux. Le véto ayant le droit de plein exercice de vente des médicaments, ne peut tenir officine, c’est-à-dire délivrer des médicaments sans examen de l’espèce animale, donc sans ordonnance. Nous ne pouvons pas renouveler une ordonnance émise par un confrère. Nous sommes très conscients des enjeux liés aux risques de sur utilisation d’antibiotiques. »
Il faut savoir que les vétérinaires prennent une marge sur la vente des médicaments, car ce ne sont pas les consultations qui leur permettent de payer le personnel, ni améliorer les installations, le risque est la rupture du maillage sanitaire du cheptel s’il y a moins de vétos. Il y en a de moins en moins en campagne, surtout pour s’occuper des gros animaux. Après sept années d’études très difficiles, le vétérinaire, commence à exercer en général vers 26 ans ; il pratique la totalité des soins, consultation de médecine générale, chirurgie, gynécologie, imagerie médicale, écographie et délivrance de médicaments Les vétérinaires sont aussi inquiets au même titre que d’autres professions libérales envisagées dans les caisses de retraite. Le coût de gestion des caisses son très faibles et les vétérinaires doutent que la mise en place de directions imposées par l’Etat améliore leur fonctionnement. En effet, ce ne seront plus des gens de la profession mais des fonctionnaires mis en place par le ministère de tutelle. Après la manifestation, Le dialogue a été renoué et un accord a été trouvé, visant à limiter encore le recours aux antibiotiques. Les deux ministres de tutelle se sont clairement engagés à ne pas avoir recours au découplage entre la prescription et la délivrance, y compris lors des futurs débats parlementaires. Même si l’alinéa 7 de la loi de modernisation agricole est retiré, la profession reste vigilante car la phase parlementaire n’est pas exempte de vouloir confirmer cet article. Les vétérinaires restent fortement mobilisés et maintiennent leur action.