L’emblématique Label Bleu maintient son activité

Créé en 1986, le Label Bleu fait partie intégrante de l’histoire de la Maison de la culture d’Amiens. Tourné principalement vers le jazz, le label continue, malgré les difficultés, à servir de tremplin à de jeunes artistes.

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Avec 20 000 disques écoulés, une victoire du Jazz pour Thomas Enhco et un bon accueil par la critique de la nouvelle production d’Henri Texier, l’année 2012 a été faste pour le Label Bleu. Fondé en 1986 par Michel Orier, ingénieur du son et ancien directeur de la Maison de la culture d’Amiens, le Label Bleu devient rapidement une référence dans le monde du jazz avant de s’ouvrir aux musiques du monde, produisant notamment des artistes comme Rokia Traoré.
Mais après vingt ans d’existence et de succès, le label est touché de plein fouet par la crise du disque et accuse un déficit de 100 000 €, entraînant un arrêt de la production. Aujourd’hui, si la situation reste difficile, le label s’est stabilisé avec trois productions par an et la réactivation de son catalogue. La dette, elle, sera définitivement soldée en 2018.

Continuer la production
« Lorsque je suis arrivé, j’avais deux choix. Laisser disparaître le Label ou me battre pour le faire vivre. Le Label Bleu fait partie intégrante de l’histoire de la Maison de la culture d’Amiens, nous avons donc décidé de nous battre, en ayant conscience que nous ne retrouverions pas le niveau de production d’avant la crise du disque, puisque l’économie du secteur ellemême a changé », commente Gilbert Fillinger, directeur de la Maison de la Culture d’Amiens. Aujourd’hui l’objectif est de sortir trois disques par an, disponibles physiquement ou en téléchargement et recentrer la production autour du jazz pour permettre une meilleure identification. L’album de Thomas Enhco, pianiste, violoniste et compositeur de jazz fait partie des productions de l’année 2012 : « J’ai produit moi-même cet album, tous mes choix ont été mûrement réfléchis. Ce label en plus d’être mythique, propose une expérience humaine forte et offre une liberté incroyable. Les rapports sont simples, il n’y a pas de production pléthorique ce qui garantit notamment une implication complète. » L’album Fireflies a valu au jeune artiste le prix de la Révélation de l’année lors des Victoires du jazz 2013. Le label amiénois propose aujourd’hui plusieurs options comme l’explique Gilbert Fillinger : « Nous pouvons produire un disque dans son intégralité, mais il est également possible pour l’artiste de produire lui-même son disque et de nous laisser la partie édition et distribution. Entre la composition, l’enregistrement et les arrangements d’un album il faut compter en moyenne six mois de travail. A cela s’ajoutent le temps de l’édition et la distribution. »
Pour compléter l’offre mais également permettre des économies supplémentaires, la Maison de la culture accueillera l’année prochaine un studio d’enregistrement – le label loue actuellement un studio faute de structure – et une résidence d’artistes.

Aider les jeunes artistes
Si des artistes confirmés comme Henri Texier ou David Krakauer restent fidèles au label, la structure sert essentiellement à repérer de jeunes talents : « La mission première de ce label a toujours été d’accompagner les artistes en développement et de faire découvrir des talents. L’idée est véritablement d’apporter à l’artiste une référence et au public une découverte. » Le label qui vient de changer de distributeur, espère rencontrer de nouveaux artistes et continuer son chemin en conjuguant coups de coeur artistiques et volonté commerciale.