La Région se lance dans la réhabilitation thermique

Initiative unique en France, le Service public de l’efficacité énergétique (SPEE) et sa régie dédiée ont été mis sur pied par la Région pour « sortir la rénovation thermique de l’impasse ».

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Avec cette nouvelle compétence, la Région entend lutter contre la fracture énergétique picarde, comme l’a expliqué son président lors de l’inauguration du SPEE.
Avec cette nouvelle compétence, la Région entend lutter contre la fracture énergétique picarde, comme l’a expliqué son président lors de l’inauguration du SPEE.

 

Avec cette nouvelle compétence, la Région entend lutter contre la fracture énergétique picarde, comme l’a expliqué son président lors de l’inauguration du SPEE.
Avec cette nouvelle compétence, la Région entend lutter contre la fracture énergétique picarde, comme l’a expliqué son président lors de l’inauguration du SPEE.

Un parc de logements vieillissant – sur les 800 000 logements picards, les deux tiers ont été construits avant 1975, date de la première réglementation thermique –, de nombreux Picards, cumulant contraintes financières (en partie dues au coût de l’énergie) et habitat peu performant, ne sachant vers qui se tourner… Une situation problématique qui a poussé le conseil régional à se doter d’une nouvelle compétence sur la réhabilitation thermique des logements individuels. Le SPEE, dont la création a été entérinée en septembre et sa régie ce mois-ci, se veut « une référence locale à identifier, un acteur digne de confiance, un tiersfinancement qui limite l’obstacle du paiement des travaux », avec comme objectif de diminuer de 50 à 80 % la consommation énergétique des logements anciens. Et ce, grâce à un plan de bataille qui permettra de rénover dans un premier temps 2 000 logements dans les trois ans (50 M€ vont être mobilisés, dont 8 M€ issus du budget de la Région), pour atteindre à terme les ambitions du Schéma régional climat air énergie (SRCAE), à savoir à partir de 2018 13 000 rénovations par an – 10 000 dans le secteur privé et 3 000 dans le logement social – et un potentiel de 3 000 emplois pour les entreprises du bâtiment en Picardie.

Fédérer les professionnels
Cette décision marque pour la Région « une volonté politique forte d’être un acteur de la transition énergétique en étant au plus près des habitants et des territoires ». Si le SPEE est censé améliorer la qualité de vie et le confort des Picards, il représente aussi pour les entreprises de la région un marché conséquent, source de création d’emplois. Les professionnels de la réhabilitation thermique sont en effet invités, via ce nouveau service, à se regrouper pour répondre à des appels d’offres d’envergure. Un appel à projets a été lancé dans ce sens. Et pour former les professionnels aux nouveaux matériaux et nouvelles techniques, des plates-formes de formation Praxibat® ont été mises en place (39 sur les 60 au niveau national, avec un objectif de 60 plates-formes picardes) dans les lycées professionnels picards, ce qui permet aux entreprises d’être estampillées « Reconnu garant de l’environnement » (RGE).
La Région a également souhaité impliquer les territoires. Trois à six sites seront sélectionnés durant la phase d’expérimentation qui court jusqu’en 2017, en fonction de leur précarité énergétique et de la volonté de la collectivité à soutenir la démarche, qui créera 650 emplois sur ces trois ans.
Et pour franchir le pas de la rénovation thermique, le SPEE met en place différents types d’accompagnement. Technique d’abord, avec la pose d’un diagnostic et le suivi des travaux (pendant trois ans) et financier avec le tiers-financement qui permet aux ménages de rembourser avec les économies engendrées sur les factures d’énergie résultant des travaux. Selon la Région, « ce système de financement permet de franchir la barrière du paiement d’avance et de sortir du strict raisonnement bancaire », avec des durées d’amortissement de 15 à 25 ans suivant la nature des travaux et des remboursements indexés à 2 % (un niveau comparable à l’inflation générale et inférieur aux anticipations d’augmentation du coût des énergies).