La crise vue par le Medef Picardie

En cinq ans, 34 000 emplois marchands ont disparu en Picardie. La courbe de la dégradation de l’emploi dans le secteur marchand est le reflet de l’activité de nos entreprises. Pour arrêter l’hémorragie, le Medef Picardie préconise de faire confiance à l’entreprise.

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Les représentants du Medef Picardie ne sentent pas de redémarrage proche de l’économie régionale.
Les représentants du Medef Picardie ne sentent pas de redémarrage proche de l’économie régionale.

 

Les représentants du Medef Picardie ne sentent pas de redémarrage proche de l’économie régionale.
Les représentants du Medef Picardie ne sentent pas de redémarrage proche de l’économie régionale.

A quelles conditions les entreprises picardes et françaises pourront-elles recréer des emplois? C’est la question au coeur de l’actualité des entreprises et révélatrice de l’état d’esprit et de santé dans lequel elles abordent la fin de l’année 2013. En effet l’activité baisse, les chiffres d’affaires donc aussi. « Nous ne sentons pas reprise. La consommation n’est pas là. Il manque en moyenne 525 euros par mois pour maintenir le niveau de vie des ménages. On prévoit une baisse de la consommation de 0,5% pour 2013, du jamais vu », souligne Jean-Jacques Blangy, président du Medef Picardie avant de rappeler que le PIB du pays c’est 2000 milliards d’euros et les impôts payés par les sociétés c’est 300 milliards. Certes avec le Crédit d’impôt compétitivité Emploi (CICE), l’Etat a baissé la charge fiscale sur les entreprises de quatre milliards d’euros. « Ce qui représente 1,3% de baisse. C’est insuffisant au regard de ce que payent nos concurrents étrangers. Je n’appelle pas ça un cadeau fait aux patrons, j’appelle ça de l’aumône », affirme le président régional qui demande une mobilisation forte, visible et lisible des élus: « Les élections municipales s’annoncent. Nous lançons un appel aux candidats de tout bord. Déjà dans nos communes, nos départements, notre région, nous demandons à nos élus de baisser les taxes sur les entreprises: foncières, enseignes, versement transport…», interpelle-t-il avant de souhaiter également que les procédures d’appels d’offre soient définies de manière à permettre l’accès à la demande publique à toutes les entreprises et non seulement aux plus grosses d’entre elles.

« Heureusement que la région investit »

Dans ce contexte plus que morose, l’organisation patronale reconnait les investissements lancés par le conseil régional et l’Etat qui ont mis en place des systèmes efficaces en lançant des opérations lourdes d’investissements publics, en relation avec les entreprises, les universités, les laboratoires de recherche et les pôles de compétitivité. Des opérations qui porteront leurs fruits d’ici cinq à dix ans. « Seulement c’est maintenant que les PME ont besoin d’oxygène. Certaines d’entre elles peinent encore à trouver le personnel dont elles ont besoin et beaucoup d’offres d’emploi restent non satisfaites. De leur côté, les jeunes et les demandeurs d’emploi s’interrogent quant aux meilleures opportunités », s’inquiète Jacques Vincent, président du Medef Oise. Pour répondre à ces préoccupations, le Medef a lancé en avril dernier l’observatoire Tendance Emploi Compétence (TEC). Il porte sur les projets de recrutement des entreprises, les emplois non pourvus et les besoins en compétences. Au niveau régional, il fournira, dès le printemps 2014, des informations sur les secteurs qui recrutent, les métiers d’avenir et les formations qui y mènent.