Des passerelles entre demandeurs d’emploi et monde de l’entreprise

Avec un chômage à 12,7% au 2e trimestre 2013, le département de la Somme atteint un niveau record, renforçant la fragilité des Zones urbaines sensibles (ZUS) amiénoises, particulièrement touchées. L’entreprise Maieutic a mis en place un système de parrainage entre entrepreneurs ou salariés et demandeurs d’emploi.

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Christian Djitap a installé ses bureaux au sein de la pépinière de l’Atrium, en plein coeur d’Amiens nord.
Christian Djitap a installé ses bureaux au sein de la pépinière de l’Atrium, en plein coeur d’Amiens nord.

 

Christian Djitap a installé ses bureaux au sein de la pépinière de l’Atrium, en plein coeur d’Amiens nord.
Christian Djitap a installé ses bureaux au sein de la pépinière de l’Atrium, en plein coeur d’Amiens nord.

La Métropole picarde compte trois ZUS, Amiens nord (40% de chômage, 57% chez les 16-25 ans), Amiens sud-est (27% de chômage, 48% chez les 16-25 ans) et Etouvie (36% de chômage, 57% chez les 16-25 ans). Si de nombreuses actions ont été mises en place, les demandeurs d’emploi restent généralement très éloignés du monde de l’entreprise. Pour pallier cette absence de liens, Christian Djitap, fondateur de l’entreprise Maieutic développement, implantée à Amiens nord, a décidé de mettre en place un système de parrainage entre acteurs de l’entreprise et demandeurs d’emploi. « L’idée n’est pas de se substituer au travail des structures de recherche d’emploi ou d’accompagnement, il s’agit d’une action complémentaire qui permet au demandeur d’emploi d’être en contact direct avec le monde de l’entreprise », explique Christian Djitap qui bénéficie d’une expérience de vingt ans dans le secteur de l’insertion.

Rapprocher l’entreprise et l’insertion
Aujourd’hui on compte 25 personnes entrées dans le parrainage, toutes sélectionnées pour leur motivation et leur projet. Trois ont retrouvé un emploi. Pour les accompagner, ces demandeurs d’emploi ont pu bénéficier de l’aide de “parrains”, salariés ou entrepreneurs volontaires et bénévoles qui souhaitaient partager leurs expertises. C’est le cas de Samuel Lefebvre, conseiller formation au sein de Constructys, un OPCA de la construction : « Je voulais consacrer un peu de mon temps pour apporter des conseils et mon expérience en dehors de mes activités professionnelles. J’ai rencontré mon filleul une première fois. Il m’a exposé son projet et ce qu’il avait envie de faire. Nous avons discuté du chemin à prendre pour concrétiser son projet. Nous continuons à échanger par téléphone et je reste disponible pour lui. » Un CV et une fiche détaillant le projet du demandeur d’emploi ainsi que les difficultés rencontrées sont adressées aux parrains, qui peuvent choisir d’accompagner, pour une durée de six mois en moyenne, un demandeur d’emploi dont le projet est lié exclusivement à leur secteur ou non. Par ailleurs, Maieutic développe d’autres actions, avec l’établissement par exemple d’une banque de profils ou “cvthèque” qui permet de répondre aux besoins des entreprises grâce à une action sur mesure. Un travail avec certaines branches professionnelles a également été enclenché pour identifier leurs besoins en matière de recrutement et de qualification. « D’un côté notre territoire manque cruellement de main d’oeuvre qualifiée dans des secteurs comme l’industrie, les services à la personne, la santé ou les métiers de bouche, et de l’autre nous avons des publics en mal d’insertion. Il faut absolument établir des passerelles entre les deux », conclut Christian Djitap.