Produire et vendre autrement

Installé à Liomer (Somme), Alain Bourgeois produit depuis un an du pain sous le label Nature & progrès en plus de gelée royale et de miel. Adepte des circuits courts, le pain est disponible chez lui, dans les paniers des différentes AMAP locales ou sur les marchés.

Les fournées hebdomadaires d’Alain Bourgeois demandent 120 kilos de pâte, pétrie à la main.
Les fournées hebdomadaires d’Alain Bourgeois demandent 120 kilos de pâte, pétrie à la main.

 

Les fournées hebdomadaires d’Alain Bourgeois demandent 120 kilos de pâte, pétrie à la main.
Les fournées hebdomadaires d’Alain Bourgeois demandent 120 kilos de pâte, pétrie à la main.

Circuits-courts, AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), label Nature & progrès… Alain Bourgeois est un homme engagé. Egalement membre du Groupement des producteurs de gelée royale (GPGR), une association qui vise à promouvoir le savoir-faire des producteurs français, l’apiculteur tient à assurer la qualité de ses produits, quels qu’ils soient. Malgré 200 ruches, dont une quarantaine pour la gelée royale, la production reste incertaine. Pour pallier les aléas, Alain Bourgeois a décidé de faire du pain une activité secondaire. Un choix légalement possible pour une exploitation agricole.
S’il produisait son pain depuis une dizaine d’années pour sa consommation personnelle, l’exploitant réalise aujourd’hui sept à huit fournées par semaines, soit environ 250 pains.

Choix de vie
« Je fais du pain deux fois par semaine, le jeudi et le vendredi en général. Il faut que ça reste un plaisir, sinon ce serait routinier, et je le ferais moins bien. Un panneau devant la maison indique qu’il y a du pain. Les gens viennent se servir et laissent 4 euros dans la corbeille. Ils peuvent aussi payer plus tard », explique Alain Bourgeois. En plus de cette vente au détail, le pain fait partie des 30 paniers par semaine destinés aux AMAP de Saint-Valery et Abbeville et est également disponible sur le marché de Saleux (Somme). Une clientèle d’habitués s’est rapidement constituée, séduite par cette production maison réalisée à partir des farines de Bertrand Lejeune, producteur bio installé à Métigny (Somme) et qui suit la charte Nature et progrès. Cette association fondée en 1964 a été la première à établir un cahier des charges très précis sur les conditions de production alimentaire. Ce travail a été effectué conjointement par des producteurs et des consommateurs.
Outre le pain, le miel, la gelée royale et le pain d’épice sont également disponibles à la vente au détail. Si la gelée royale est en surproduction cette année, le miel, lui se fait rare. Sur les 150 kilos récoltés, Alain Bourgeois estime que 30 kilos sont invendables à cause de la présence de colza. « Je ne vais pas vendre un produit que je ne consommerais pas moi-même. La conjugaison de plusieurs activités me permet de faire des produits de qualité, d’être raisonnable et de ne pas aller vers une production intensive. C’est un véritable choix de vie ». Alain Bourgeois a cette année décidé d’intégrer le monde du woofing. De l’acronyme anglais “WWOOF” soit Willing worker on organic farms, le woofing s’adresse à des gens souhaitant devenir le temps d’un voyage des travailleurs bénévoles dans une ferme biologique. L’exploitant fait une rapide présentation de son activité sur le site internet dédié à ce mode de rencontre et de voyage et attend d’être contacté. Pour le moment seuls deux Samariens se sont inscrits comme hôtes. Alison, une anglaise de Manchester est la cinquième woofeuse à venir cet été à Liomer: « J’étudie le français et l’espagnol. Il fallait que je passe un an à l’étranger, et j’ai choisi le woofing pour voyager, c’est la première fois. Je faisais déjà du pain chez moi, là je découvre une autre façon de faire et j’aide aussi pour les abeilles. C’est vraiment un échange qui se fait dans la bonne humeur et la motivation. J’habite sur place et je partage les repas avec l’ensemble de la famille ».