Les délocalisations à la loupe

Comprendre les raisons qui poussent une entreprise à délocaliser tout ou partie de son activité pour pouvoir proposer des mesures préventives ou curatives, c’est l’objectif du groupe de travail Relocalisation des entreprises industrielles et de services dans l’Oise mis en oeuvre il y a un an par la chambre de commerce et d’industrie.

Selon Edouard de Lacoste Laraymondie, « le monde politique redécouvre le monde industriel, mais que c’est tard ! ».
Selon Edouard de Lacoste Laraymondie, « le monde politique redécouvre le monde industriel, mais que c’est tard ! ».

 

Selon Edouard de Lacoste Laraymondie, « le monde politique redécouvre le monde industriel, mais que c’est tard ! ».
Selon Edouard de Lacoste Laraymondie, « le monde politique redécouvre le monde industriel, mais que c’est tard ! ».

Quand on regarde le paysage industriel du département, on est frappé par une importante perte de substance depuis plusieurs années, un phénomène qui a été accentué par la crise », confie Edouard de Lacoste Laraymondie, viceprésident de la commission industrie de la chambre de commerce et d’industrie de l’Oise. L’ancien dirigeant du dernier transformateur français dans les métiers de laminage du cuivre, l’entreprise Griset à Villers-Saint-Paul, a été chargé par le président de la CCIO, Philippe Enjolras, de créer un groupe de travail dédié à la relocalisation des entreprises industrielles et de services dans l’Oise. Constitué en juin 2012, ce groupe, coordonné par le directeur des relations entreprises, Jean-Louis Bernard, réunit les trois conseillers industrie de la chambre, des représentants des organisations professionnelles et un universitaire du CESI spécialisé dans l’analyse et le traitement des données statistiques, Gwenaël Guillemot.

55 entreprises à risque
« Nous avons tout d’abord identifié les différentes causes possibles de délocalisation, explique Jean- Louis Bernard. Ce n’est pas seulement la nécessité de réduire ses coûts de main-d’oeuvre pour gagner en compétitivité. Cela peut être la volonté d’accéder à de nouveaux marchés, de se rapprocher de centres de recherche ou de fournisseurs, de contourner des barrières protectionnistes, de choisir un environnement politique, réglementaire, fiscal ou social plus favorable, ou encore résulter de la réorganisation de l’outil industriel dans le cas de fusion-acquisition », énumère le responsable. Parmi les 400 entreprises industrielles de plus de 20 salariés du département, la commission a sélectionné 55 structures présentant le plus haut niveau de risque. Un questionnaire a été établi et des rencontres avec les dirigeants ont été sollicitées. « Aujourd’hui, 47 entreprises ont été traitées, dont la moitié ont accepté de nous recevoir : une très forte proportion qui démontre toute la proximité des équipes consulaires avec le tissu professionnel », se félicite Jean- Louis Bernard. Tendance à la relocalisation Les données recueillies sont actuellement en cours d’analyse et le groupe de travail en tirera, d’ici la fin de l’année, une série de préconisations aux entreprises et aux pouvoirs publics. Aussi bien en matière de prévention, pour éviter une possible délocalisation, que pour accompagner les entreprises qui souhaiteraient rapatrier leurs activités déjà délocalisées. « Les avantages de la délocalisation sont parfois en deçà des espérances. Le coût de la main-d’oeuvre augmente considérablement dans les pays émergents. La distance génère des difficultés de contrôle pouvant conduire à une perte de qualité. Les coûts de transport sont de plus en plus élevés. On se heurte à des incompréhensions culturelles menant à des dysfonctionnements… », souligne Jean-Louis Bernard. « Sans oublier les risques majeurs en matière de propriété industrielle », complète Edouard de Lacoste Laraymondie. Alors qu’une tendance à la relocalisation se dessine très nettement dans le département, avec des entreprises emblématiques comme Kindy, Majencia et Biocodex, l’Oise sera l’un des premiers départements à présenter un état des lieux complet aux plus hautes instances de l’Etat. Parce que la délocalisation, ce n’est pas une fatalité.