Un partenariat entre Amiens et Caen pour les Tramways

Les agglomérations amiénoise et caennaise souhaitent toutes les deux construire des lignes de Tramway, dans des échéances assez proches. Elles viennent de signer une convention qui doit leur permettre de passer une commande commune de rames et de faire des économies.

La signature a eu lieu à Paris, dans les locaux du Groupement des autorités responsables de transport (Gart).
La signature a eu lieu à Paris, dans les locaux du Groupement des autorités responsables de transport (Gart).

 

La signature a eu lieu à Paris, dans les locaux du Groupement des autorités responsables de transport (Gart).
La signature a eu lieu à Paris, dans les locaux du Groupement des autorités responsables de transport (Gart).

L’agglomération caennaise et Amiens Métropole s’étaient donné rendez-vous le 16 juillet à Paris dans les locaux du Groupement des autorités responsables de transport (Gart). Ce rendez-vous a vu la signature d’une convention de partenariat relative à la mutualisation d’achat de fournitures ou de des prestations entre Amiens Métropole et Viacités, le syndicat mixte des transports de l’agglomération caennaise, en présence des différentes presses locales.
Les deux agglomérations ont le projet de construire des lignes de tramway fer, deux à Caen pour 2018, une à Amiens pour 2019. « Amiens et Caen se sont rencontrées pour la première fois en 2012 lors d’un colloque organisé par le Gart, explique Eric Vève, président de Viacité. Nous avions un projet commun et un même calendrier ». Le partenariat qui a été noué entre les deux signataires doit leur permettre de commander des rames ensemble (32 rames pour Caen, 18 pour Amiens), dans le but de réaliser des économies d’échelle d’au moins 5 %. Les deux agglomérations s’inspirent de l’exemple de Brest et Dijon, qui ont passé une commande commune et « ont réalisé une économie de 15 % », assure Eric Vève.

Deux comités
Le choix de réaliser une première ligne de Tramway à Amiens a été voté en décembre 2012. Il doit traverser la ville du nord au sud sur une dizaine de kilomètres, avec une vingtaine de stations (Picardie la Gazette n° 3464 du 10 mai 2013). « Une majorité des élus s’est dit favorable à poursuivre les études, déclare Gilles Demailly, maire d’Amiens et président d’Amiens Métropole. Nous avons fait un gros travail d’estimation des coûts. Nous sommes à 200 M€ et on essaye de grignoter million d’euros par million d’euros ». « Toutes les pistes pour faire des économies sont les bonnes du moment qu’elles nous permettent de maintenir une certaine qualité », ajoute Thierry Bonté, vice-président d’Amiens Métropole en charge des transports, qui évoque également la création d’un « centre de maintenance bus-tramway qui pourrait se trouver au nord ou au sud d’Amiens ». Le projet de Caen prévoit donc deux lignes, la première de14,8 kilomètres, la deuxième de 7,8 km. La première existe déjà, mais avec un système TVR, c’est-à-dire un tramway à pneus. Le système n’ayant pas fait ses preuves, les élus caennais souhaitent “feriser” cette ligne. La deuxième ligne sera entièrement nouvelle. Le coût total est estimé à 300 M€.
La convention prévoit la création d’un comité de suivi, composé d’élus des deux parties. Il devra notamment définir un cadre commun permettant la mutualisation des commandes et les modalités de constitution du groupement de commande. Un comité technique doit également être créé, constitué de personnes de l’administration de chaque structure. Il devra travailler sur le cahier des charges pour l’achat des rames. Le dernier article sur la résiliation permet à l’une des partie de renoncer à cette convention, avec un préavis d’un mois, sans autre formalité ni indemnité. L’appel d’offre commun devrait être lancé et attribué en 2015.
D’ici là, les deux agglomérations vont répondre à un autre appel d’offre cette année, lancé par le Gart. Le groupement dispose depuis le Grenelle de l’environnement de 2,5 Md€ pour financer 250 kilomètres d’ici 2020. « Le 3e appel à projet a été lancé en mars dernier sur une enveloppe globale de 450 M€, affirme Roland Ries, président du Gart. Elle doit permettre de financer des projets de transports en communs en site propre (TCSP), et également de mobilier durable, de vélos partagés ou de pôles d’échanges multimodales à condition qu’ils soient connectés à un réseau TSCP. » La subvention que chaque collectivité peut obtenir est plafonnée à 40 000 euros. Une majoration de 10 % peut être accordée si le projet participe au désenclavement des quartiers prioritaires dans le cadre de la politique de la ville, ce qui est le cas d’Amiens et de Caen.