Gerberoy et Le Sidaner : un siècle de passion

Plus de cent ans après l’installation à Gerberoy de son grand-père Henri, peintre impressionniste, Etienne Le Sidaner multiplie les initiatives pour faire vivre et s’épanouir le village des roses. Passionnément…

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Avec son ami Jean-Pierre His et son épouse Dominique, Etienne Le Sidaner souhaite faire de Gerberoy un lieu harmonieux.
Avec son ami Jean-Pierre His et son épouse Dominique, Etienne Le Sidaner souhaite faire de Gerberoy un lieu harmonieux.

 

Avec son ami Jean-Pierre His et son épouse Dominique, Etienne Le Sidaner souhaite faire de Gerberoy un lieu harmonieux.
Avec son ami Jean-Pierre His et son épouse Dominique, Etienne Le Sidaner souhaite faire de Gerberoy un lieu harmonieux.

En 1901 le jeune Henri Le Sidaner, ami des plus grands peintres impressionnistes et du sculpteur Rodin, découvre le village de Gerberoy à l’époque quasiment à l’abandon. Immédiatement séduit, il achète une maison où il installe son atelier, crée un splendide jardin sur les ruines de l’ancien château fort et consacre sa peinture à chanter sa beauté. Il y mourra presque quarante ans plus tard, en 1939, laissant une oeuvre artistique considérable, aujourd’hui exposée partout dans le monde. Une oeuvre qui magnifie ce village médiéval, ses roses, la quiétude de ses jardins, ses lumières diaphanes : comme Giverny pour l’oeuvre de Monet, Gerberoy est désormais indissociable de celle de Le Sidaner. Son petit-fils Etienne a lui aussi été gagné par la passion de ce village, qui ne compte qu’une trentaine d’habitants permanents, mais dont les ruelles accueillent chaque année des centaines de milliers de visiteurs.

Poterie, art, vin…
L’homme d’affaires dans la construction, toujours en activité malgré ses 80 ans, a depuis une quinzaine d’années entrepris de réveiller la belle cité endormie avec son groupe Equerre Industrie. Certes, d’autres acteurs travaillent aussi à l’animation du village, comme l’association de l’emblématique Fête des roses, lancée par le peintre en 1928, l’association Les moments musicaux et ses concerts annuels, et bien d’autres. Mais Etienne Le Sidaner reste l’un des piliers du rayonnement gerboréen : dans une petite maison près de la mare, il accueille La Terrasse, où les promeneurs peuvent déguster un cidre local à l’ombre des remparts. Un peu plus loin, c’est un atelier de poterie où Stéphanie Quilan modèle, cuit et vend ses productions. Non loin de la halle, une grande maison entièrement réaménagée abrite deux galeries recevant des expositions temporaires. C’est aussi Etienne Le Sidaner qui a mis un terrain à disposition pour y planter Le Clos Gerberoy, un vignoble renouant avec la tradition viticole du village. Plus récemment, une dépendance de sa maison a été affectée à l’Atelier Gourmand, où la talentueuse Sarah Snoussi propose ses succulentes tourtes et pâtisseries entièrement faites maison.

Comme dans un tableau
Et depuis deux ans, Etienne Le Sidaner ouvre même au public les jardins du peintre : avec son complice Jean-Pierre His, il a créé l’association Henri Le Sidaner en son jardin de Gerberoy, qui a entrepris la restauration du site et son ouverture aux visiteurs : du mercredi au dimanche sauf le dimanche matin, et sur rendez-vous pour les groupes ou les photos de mariage, chacun peut se promener dans la roseraie, admirer le jardin blanc, rêver dans le temple d’amour… se sentir partie intégrante d’un tableau impressionniste. C’est dans ce jardin qu’un imposant thuya japonais, planté par le peintre, est devenu le symbole de longévité de l’association des futurs centenaires fondée par l’octogénaire Etienne Le Sidaner, qui parcourt la vie avec humour et philosophie. Auteur d’un livre retraçant l’histoire du village depuis la Guerre de cent ans, intitulé Gerberoy passionnément, il est aussi le fondateur d’une association portant le même nom et qui organise chaque année, pour les Journées du patrimoine, une vaste exposition d’art contemporain partout dans le village. « Pour l’instant, c’est mon épouse Dominique qui s’occupe très bien de tout cela, moi je m’y mettrai quand je serai à la retraite, à 90 ans », précise-t-il avec un regard juvénile. Décidément, il n’y a rien de tel que la passion pour rester jeune…