Le secteur de l’aéronautique décolle en Picardie

Quatorze entreprises picardes s’étaient rassemblées sous le même pavillon lors de la 50e édition du salon du Bourget qui s’est achevée dimanche. L’occasion pour elles de faire valoir leur savoir-faire et de véhiculer un message positif : l’aéronautique est un secteur qui ne connaît pas la crise et qui recrute.

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Quatorze entreprises picardes, dont une majorité de PME, s’étaient rassemblées sous un pavillon collectif lors de la 50e édition du salon du Bourget.
Quatorze entreprises picardes, dont une majorité de PME, s’étaient rassemblées sous un pavillon collectif lors de la 50e édition du salon du Bourget.

 

Claude Gewerc (2e à gauche) et Christian Cornille (2e à droite), président d'Aerolia, devant la pointe avant de l'Airbus A350, fabriquée à Méaulte, près d'Albert.
Claude Gewerc (2e à gauche) et Christian Cornille (2e à droite), président d'Aerolia, devant la pointe avant de l'Airbus A350, fabriquée à Méaulte, près d'Albert.

Mardi 18 juin, 10 heures. Sous une chaleur écrasante, les visiteurs affluent en nombre au salon international de l’aéronautique et de l’espace qui s’est tenu au Bourget du 17 au 23 juin.

Du travail pour les années à venir
Ce jour-là, Claude Gewerc et Jacky Lebrun, présidents du conseil régional et de la CCI Picardie, ont rendu visite aux quatorze entreprises de la région rassemblées sous un pavillon collectif. Parmi elles, essentiellement des PME et un groupement d’entreprises, le Pôle hydraulique et mécanique d’Albert (PHMA). Les sociétés les plus importantes comme Aerolia avaient leur propre stand. « La Picardie est une région d’aéronautique, il est normal qu’elle soit présente à ce rassemblement mondial qu’est le salon du Bourget », a expliqué Claude Gewerc. La région compte 80 entreprises travaillant pour cette filière, ce qui représente environ 6 500 salariés, dont 4 500 directement impliqués dans l’industrie aéronautique. Ce secteur ne connaît pas la crise, comme le confirme l’un des collaborateurs d’ACES, société basée à Senlis (Oise). Spécialisée dans les produits de freinage et d’étanchéité pré-appliqués, elle emploie 22 personnes. Elle soustraite pour l’aéronautique, l’automobile et l’ameublement. « C’est notre deuxième salon. On est là avant tout pour se faire des contacts ». Et ça marche. De son côté Christian Cornille, président d’Aérolia, a signé deux conventions avec des écoles québécoises et un partenariat avec un institut de recherche canadien. Les visiteurs s’arrêtent en nombre pour admirer la pointe avant de l’A350 exposée sur le stand du groupe. « Le premier vol de l’A350 a été pour nous un moment extraordinaire qui vient récompenser des années de travail. Nous en sommes à la quinzième pièce. Dans les années à venir, il y aura du travail pour toutes les équipes », s’est félicité Christian Cornille. Car si l’assemblage ne représente que 4 % de la valeur ajoutée d’un avion, l’aérostructure, elle, compte pour 40 %. De quoi encourager les 1 400 salariés du site de Méaulte, près d’Albert (Somme), qui fabriquent toutes les pointes avant de la flotte d’Airbus.

Quatorze entreprises picardes, dont une majorité de PME, s’étaient rassemblées sous un pavillon collectif lors de la 50e édition du salon du Bourget.
Quatorze entreprises picardes, dont une majorité de PME, s’étaient rassemblées sous un pavillon collectif lors de la 50e édition du salon du Bourget.

Des difficultés pour recruter
Unique bémol pour la filière aéronautique, la difficulté à recruter des candidats. « Il en va ainsi pour tous les secteurs de l’industrie », regrette Claude Gewerc. Si les jeunes se tournent difficilement vers ces métiers, c’est parce que le secteur « souffre d’une mauvaise image, marquée par les épreuves et les plans sociaux comme chez Continental ou Goodyear ». Le président du conseil régional assure qu’il y a pourtant du travail dans l’aéronautique : « La filière est en plein essor. Les commandes sont nombreuses. ». Pour faire face à la cadence de production, les chefs des entreprises aéronautiques et spaciales prévoient de recruter 15 000 personnes en 2013 sur tout le territoire français. Le GIFAS, principal syndicat de la filière, a organisé une opération séduction auprès des jeunes lors du salon du Bourget. L’exposition « L’avion des métiers » présentait de manière ludique et interactive la cinquantaine de professions qu’offre la filière. Charles Colvez, gérant de Duperrier Industrie à Pinon (Aisne), peine à trouver des opérateurs- régleurs. Sa société emploie 17 personnes et fabrique des pièces de raccord pour des avionneurs comme Airbus. « L’année prochaine, nous allons devoir recruter. Le problème, c’est qu’il y a peu de candidats sur le marché. » Trop peu d’attractivité, mais aussi, selon Charles Colvez, « un manque de formation pour ces métiers où la filière apprentissage n’est pas assez développée ».