Le bâtiment dans l’Aisne : la zone rouge est atteinte

A l’occasion de son assemblée générale, la Fédération française du bâtiment (FFB) de l’Aisne a dressé le constat de la situation actuelle et pointé du doigt les insuffisances des mesures prévues.

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Les participants à la table ronde autour du préfet de l’Aisne, Pierre Bayle, et Ginette Plâtrier, présidente départementale de la FFB de l’Aisne.
Les participants à la table ronde autour du préfet de l’Aisne, Pierre Bayle, et Ginette Plâtrier, présidente départementale de la FFB de l’Aisne.

 

Les participants à la table ronde autour du préfet de l’Aisne, Pierre Bayle, et Ginette Plâtrier, présidente départementale de la FFB de l’Aisne.
Les participants à la table ronde autour du préfet de l’Aisne, Pierre Bayle, et Ginette Plâtrier, présidente départementale de la FFB de l’Aisne.

Côté emploi, la chute est régulière et rapide. Dans l’Aisne, 1 710 entreprises et 10 604 salariés en janvier 2010, 1 580 entreprises et 9 101 salariés début 2012, 1 502 entreprises et 8 695 début 2013. La profession table sur une perte de 600 emplois cette année. Ces chiffres s’entendent hors intérim, hors travaux publics, hors artisans travaillant seuls. De façon constructive, la FFB de l’Aisne avait organisé une table ronde pour échanger sur les modalités du PIL (Plan d’investissement pour le logement), en cours de mise en place. Autour de Ginette Plâtrier, présidente départementale, avaient pris place Jacques Brenot (dirigeant de la SA HLM Logivam), Antoine Daudré- Vignier, architecte d’origine soissonnaise, Jacques Krabal, député-maire de Château-Thierry, Pierre Bayle, préfet, qui, tous, se sont prêtés au jeu avec franchise.

Des aides réelles
Plusieurs mesures retiennent l’attention des professionnels, comme la lutte contre les recours malveillants, la simplification des normes, la rénovation thermique massive. La réduction de la TVA pour le secteur du logement social est appréciée, mais elle est réclamée pour le secteur de la rénova-tion. La présidente, Ginette Plâtrier, a fustigé la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, qui a coûté beaucoup de pouvoir d’achat. Quant aux normes, il y a du chemin à faire. Le gel des normes pendant deux ans ne convainc guère, tel l’architecte qui a donné un exemple précis : « Pour une porte-fenêtre sur un balcon, la garde d’eau implique une barre de seuil d’au moins 5 cm pour que l’eau de pluie ne pénètre pas. Mais la nécessité de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite impose une barre de 2 cm au plus. Comment faire ? Il y a risque de procédure pour faute dans les deux cas, et ceci n’est pas un exemple isolé. »
Les trois élus nationaux présents ont été quelque peu surpris ! Le zonage a aussi été évoqué, notamment l’élargissement des aides fiscales dites Duflot dans le sud de l’Aisne : ce dispositif fiscal ne concerne actuellement que l’agglomération de Saint-Quentin, mais d’autres marchés, comme le sud de l’Aisne, sont plus tendus. Le député de Château-Thierry a fustigé le comportement d’un établissement incitant les gens ayant les moyens d’investir à… Reims !
D’autre part, la mise à disposition de terrains de l’Etat pour la construction n’a rien apporté de nouveau dans l’Aisne. Les biens signalés étaient déjà connus, et leur intérêt est limité.

Les HLM à la peine ?
Le préfet a bien sûr, dans son rôle, rappelé la sous-utilisation du crédit impôt compétitivité, mais personne ne s’est posé vraiment la question de cette sous-consommation.
Sur les engagements de construction et de rénovation des HLM, le représentant du secteur a rappelé que les organismes ne disposaient pas de fonds propres pour aller au delà de leur volume actuel et que le montant d’un loyer – 350/450 €/mois – ne permettait pas d’amortir 15 à 20 000 € de travaux. Le problème des offres anormalement basses (dumping social, emploi de maind’oeuvre de l’Est) a été relevé à plusieurs reprises. En bref, sur ce plan, disait Antoine Daudré-Vignier, « on en attendait un souffle épique, on a un souffle comptable ». Jacques Krabal ajoutait : « Je mesure combien nous sommes loin du compte, mais j’apprécie les avancées réalisées, faites confiance. »