Les investissements étrangers en France se maintiennent

Les investissements étrangers n’ont pas fui la France en 2012. Mais ils se répartissent inégalement dans les régions, et se tournent de plus en plus vers des activités économes en emplois. En revanche, l’Hexagone s’en sort plutôt bien dans le contexte européen.

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Un léger fléchissement. D’après le recensement de l’AFII, l’Agence Française pour les investissements internationaux, « le nombre de nouvelles décisions d’investissements créateurs d’emplois en France enregistré en 2012 (693) est (…) comparable au résultat de 2011 (698) », explique un communiqué de Bercy du 7 mars dernier. Mieux, pour les investissements en provenance de certains pays, l’année 2012 représente même un excellent cru. C’est le cas des Etats-Unis, qui présentent 156 projets d’investissements, soit 5% de plus qu’en 2011. Même tendance pour l’Italie, les Pays Bas ou encore de la Russie, même si les projets provenant de ces pays sont beaucoup moins nombreux que les Américains.
Autre tendance positive, les investissements provenant des pays émergents progressent également : les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) sont à l’origine de 8% de l’ensemble des investissements dans l’Hexagone, contre 6% en 2011. Cette part continue donc de rester très minoritaire. En fait, les États-Unis, conservent leur premier rang d’investisseur étranger en France, avec presque un quart du total des projets, suivis de l’Allemagne, dont le nombre d’investissements en France diminue nettement. Tendance inverse avec l’Italie : ce pays a monté 37% de projets en plus qu’en 2011, notamment, dans les fonctions de production, de réalisation, et dans les centres de décision. Au total, l’Europe continue de contribuer à 58% dans les projets d’investissements générateurs d’emplois en France, contre 65% en 2010.

De moins en moins d’emplois créés

Au total, d’après Bercy, les entreprises étrangères en France emploient le quart de l’effectif salarié du secteur industriel et assurent environ un tiers des exportations françaises. Toutefois, « le contenu en emplois des nouvelles décisions d’investissements continue (…) de baisser de façon tendancielle », constate Bercy, dans son communiqué. Concrètement, en 2012, 26 000 emplois ont été associés à ces investissements, contre 28 000, en 2011. En moyenne, donc, en 2012, chaque projet a créé ou maintenu 37 emplois. En 2006, année record, ce chiffre s’établissait à 60. Et Il n’a cessé de diminuer, depuis cette date. La conjonction de multiples facteurs explique cette tendance, d’après les analystes du ministère de l’Economie. La crise économique a porté les entreprises à redimensionner leurs projets à l’international. Pis, si les entreprises de plus de 5 000 salariés, continuent d’être porteuses de projets, la part de ceux soutenus par les PME diminuent : certaines d’entre elles renoncent à se lancer, en raison du contexte. Autre explication : « une tendance à l’implantation dans les pays d’Europe centrale et orientale de projets intensifs en maind’oeuvre », note le rapport annuel de l’APII. Le type de projets aussi a évolué : ils sont davantage tournés vers des activités à forte valeur ajoutée, et moins vers des activités de production. De plus, les secteurs majeurs dans lesquels se développent ces projets sont aussi moins riches en création d’emplois. C’est le cas du secteur des logiciels et prestations informatiques, où le nombre de postes créés ou maintenus est traditionnellement faible : 20 emplois en moyenne, contre 39 dans le secteur manufacturier. Le type de fonction visée n’est pas non plus favorable à l’emploi de masse : les investissements concernant les fonctions tertiaires sont de plus en plus importants, soit 72% des décisions en 2012. Et la part des centres de décision a également progressé. Au programme : quartiers généraux, recherche, développement et ingénierie. A contrario, les projets qui relèvent de la fonction de production ont diminué de 12%, par rapport à 2011, et représentent à présent 28% des projets.

Répartition régionale inégale

La logique de ces investissements a des conséquences lourdes en termes de répartition géographique. D’autant qu’il y a un effet boule de neige : « la présence de sociétés étrangères favorise souvent l’arrivée sur le même territoire de nouveaux investisseurs », analysent les experts de l’AFII. Résultat, 71% des investissements recensés en 2012 se concentrent dans six régions seulement : l’Ile-de-France ( 29%), Rhône-Alpes (17%), Provence- Alpes-Côte d’Azur (8%), Midi- Pyrénées (7%), et Alsace et Nord-Pas de Calais (5%). Chacune sa spécialité : 64% des projets concernant les centres de décision s’implantent en Ile-de-France. La région Rhône-Alpes se distingue dans l’accueil des projets de production et de logistique recevant 22 % du total national. Midi-Pyrénées accueille 20 % des projets de recherche et de développement. Quant à la région Alsace et au Nord-Pasde Calais, elles accueillent chacune 10 % de l’ensemble des activités de production décidées par les entreprises étrangères. Les investissements se dirigent aussi différemment en fonction du secteur d’activité. Par exemple, la région Rhône-Alpes accueille 38% de l’ensemble des projets dans la chimie, alors que l’Ile-de-France concentre 44 % de la totalité des projets dans les équipements électroniques.
Au niveau national, les évolutions des investissements productifs en emplois sont cohérents avec les tendances européennes. Ainsi, « cette baisse de la part des investissements dans la fonction de production touche l’ensemble des pays européens, depuis 2007 », note le rapport de l’AFII. Pour autant, la France s’en sort plutôt bien dans le cadre européen. En 2012, dans ce périmètre, les investissements recensés ont crû de 12% par rapport à 2011. Au total, l’Europe reçoit près de 30% des investissements créateurs d’emplois dans le monde, juste avant l’Amérique du Nord et l’Asie. Et la France conserve son second rang, avec 16% des projets accueillis, derrière le Royaume-Uni mais devant l’Allemagne. Coté investisseurs, les Américains sont les premiers, suivis des Allemands, qui réalisent une part relativement stable de ces investissements (14% en 2012).