L’année 2012 a offert peu d’éclaircies à la Picardie

L’Insee Picardie présentait le 30 avril le bilan économique de la Picardie pour l’année 2012. Des chiffres très souvent en baisse que ce soit pour l’emploi, l’activité de certains secteurs, (industrie et construction en tête), la création d’entreprise et la consommation. Seul les transport, l’agriculture, le tourisme et l’auto-entrepreneuriat sont plus positifs.

456
Le chômage a augmenté tout au long de l’année dans les trois départements picards (source Insee).
Le chômage a augmenté tout au long de l’année dans les trois départements picards (source Insee).

 

Le chômage a augmenté tout au long de l’année dans les trois départements picards (source Insee).
Le chômage a augmenté tout au long de l’année dans les trois départements picards (source Insee).

L’Insee Picardie, avec différents intervenants comme des directions régionales (Dirrecte, Draaf, etc…), le comité régional du tourisme ou encore la Banque de France, a présenté le bilan économique de l’année 2012. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne faut pas compter sur la vérité des chiffres pour remonter un moral déjà bien bas.

6 000 emploi en moins

Yvonne Pérot, la directrice régionale de l’Insee Picardie, a d’abord fait le point sur la situation de la France, « dont la croissance reste atone ». Ainsi, la production manufacturière a connu son « plus fort recul depuis 2009 ». Pour la construction, « l’activité a plongé fin 2012 et il est difficile d’avoir des prévisions en début 2013 ». En Picardie, les entreprises industrielles ont vu leur chiffre d’affaire baisser de 6,5 %. Dans la construction, les autorisations ont baissé de 13 % et les mises en chantier de 21 %. Le commerce de détail est touché également, avec une baisse de 1 % du nombre de magasins. La région en comptait 9 026 à la fin de l’année 2012.
L’agriculture a connu une année 2012 « humide et peu ensoleillé, rappelle Agnès Cochu de la direction régionale de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt (DRAAF). La conséquence a été un rendement plutôt moyen ». Mais un final, la production reste satisfaisante grâce au blé qui est resté à un niveau élevé. Dans les transports, une baisse du tonnage et des immatriculations ont été constaté. Mais ce secteur se distingue par une stabilité au niveau des emplois après avoir connu une forte baisse ces dernières année. Le chiffre d’affaires des transports routiers a même augmenté de 1 % par rapport à 2011. Enfin, pour le tourisme, la saison reste honorable, malgré la météo et la crise. Il y a eu une baisse de la fréquentation de 0,9 % dans l’hôtellerie, de 1,8 % dans les campings et de 0,5 % dans les meublés. Mais le taux d’occupation est supérieur à la moyenne en province (57 %) pour l’hôtellerie et supérieur à la moyenne nationale pour les meublés (52 %). Le nombre de visiteurs est lui en augmentation, puisque la Picardie a accueillie en 2012 5,8 millions de personnes, soit 2 % de plus qu’en 2011.
Du coté de l’emploi, la Picardie a perdu 6 000 unité, soit une baisse de 1 ,6 %. « C’est trois fois plus que l’année précédente et trois fois plus qu’un niveau national », constate Yvonne Pérot. Le taux de chômage a atteint ainsi 12,3 % au quatrième trimestre 2012 (10,2 % en France). La construction (-2,8 %) et l’industrie (-1,8 %) sont les plus touchés et l’emploi intérimaire a perdu 20 % de ses effectifs avec 2 600 emplois en moins. L’une des conséquences est pour l’Aisne qui est devenu le deuxième département le plus touchés en France, derrière les Pyréennées- Orientale avec un taux de chômage de 15 %.
Si le chiffre de créations d’entreprises est stable en Picardie (11 000), il y a deux chiffres qui s’opposent. Celui des créations d’auto-entreprises a fortement augmenté ( + 7,5 %), compensant la chute des créations hors autoentreprises (- 9,6 %).