L’Oise lance le très haut débit

Le conseil général de l’Oise lance un plan de 264 millions d’euros pour équiper le département en fibre optique. Le débit des connexions pourrait atteindre plus de 100 mégabits par seconde.

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Yves Rome, président du conseil général de l’Oise, souhaite développer la fibre optique.
Yves Rome, président du conseil général de l’Oise, souhaite développer la fibre optique.

Alors que le département de l’Oise vient tout juste de terminer son équipement pour le haut débit, soit un minimum de 512 kilobits/seconde, le conseil général fait miroiter des débits de rêve à 100 mégabits/ seconde voire plus grâce à la fibre optique. Grâce à ces fils plus fins qu’un cheveu on peut se mettre à envisager de nouveaux usages comme la domotique, l’e-santé, l’e-éducation etc. « En mai dernier, nous avons adopté notre schéma directeur territorial d’aménagement numérique (SDTAN) à l’unanimité et nous sommes le premier conseil général à avoir choisi la technologie FFTH », souligne Yves Rome, lui même très au fait du sujet puisque qu’il est président de l’Avicca (association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel). Le principe FFTH (Fiber To The Home) indique que la fibre optique va de l’opérateur jusqu’à l’intérieur du logement individuel. C’est le nec plus ultra du très haut débit puisqu’il s’agit de remplacer à terme le traditionnel réseau téléphonique sur câble de cuivre par une technologie au débit quasiment illimité.

Yves Rome, président du conseil général de l’Oise, souhaite développer la fibre optique.
Yves Rome, président du conseil général de l’Oise, souhaite développer la fibre optique.

Un budget conséquent
« Actuellement, le département a déployé un réseau de 1 100 km de fibres optiques, souligne Yves Rome. 81 collèges sont connectés au très haut débit ainsi que 86 grandes zones d’activités. » Dans ces derniers cas l’entreprise doit prendre à sa charge le raccordement final c’est-à-dire entre le réseau fibré et son propre réseau, une dépense encore coûteuse. Dans le plan Très haut débit du conseil général cette dépense « en bout de ligne » ne sera pas à la charge du consommateur final. Le syndicat mixte Oise très haut débit (SMOTHD) comprendra la région, le département et les communes volontaires. Le SMOTHD sera propriétaire du réseau et fera payer des droits d’usage aux fournisseurs d’accès à Internet (FAI). La première phase concerne 157 000 prises raccordées en cinq ans, la seconde phase, toujours en cinq ans, concerne 121 000 prises. Le budget global pour la construction de ce réseau supplémentaire de 1 400 km est de 263,5 millions d’euros : le conseil général de l’Oise apportera entre 80 et 100 millions d’euros, la région Picardie 40 millions, les fonds européens du Feder 36 millions. L’Etat doit également participer ainsi que les communes adhérentes.

Des zones prioritaires
« Nous démarrerons les travaux à l’automne 2013 dans les zones grises c’est à dire celles où le débit ne dépasse pas les 2 mégabits/ seconde empêchant de souscrire à une offre triple play internet, téléphone, télévision », souligne Yves Rome. Actuellement seules les campagnes et zones peu denses sont concernées par ce grand plan car Beauvais, Compiègne, Chantilly et un bout de Creil considérées comme des zones denses sont « réservées » aux opérateurs privés (Orange, SFR etc.). Les investissements se feront par « plaques » de 3000 prises pour intéresser les fournisseurs d’accès. Chaque commune devra mettre la main à la poche. « Il s’agira de payer 370 euros par prise pour un coût réel de 1 200 euros », souligne Yves Rome. « A l’avenir on ne pourra pas se passer d’une excellente connexion », estime-til. Comme l’état du réseau routier ou des services périscolaires, l’attractivité d’une commune se jugera aussi à la présence ou non du très haut débit. » Le président du conseil général espère bien que les maires seront sensibles à cet argument un an avant les élections municipales de 2014.