La maroquinerie made in France fait des adeptes avec pierre et la louvre

Après des années de tâtonnement, Marie- Laurence Vincent souhaite trouver la vitesse de croisière pour son concept de sacs à main made in France. Sa marque Pierre et La Louve s’implante dans l’Oise via un système de vente privée à domicile de sacs à main fabriqués entièrement sur le sol français.

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De la pochette à 29 € au sac à 225 €, Marie-Laurence Vincent prouve qu’un produit made in France de haute qualité est accessible.
De la pochette à 29 € au sac à 225 €, Marie-Laurence Vincent prouve qu’un produit made in France de haute qualité est accessible.

 

De la pochette à 29 € au sac à 225 €, Marie-Laurence Vincent prouve qu’un produit made in France de haute qualité est accessible.
De la pochette à 29 € au sac à 225 €, Marie-Laurence Vincent prouve qu’un produit made in France de haute qualité est accessible.

Elle cherchait un nom très français. Un nom qui devait évoquer un conte et qui finalement est devenu une évidence. Il devait coller à son concept de création d’un produit de tradition française et de grande qualité. « J’ai une volonté de protéger un des savoir-faire français qu’est la tapisserie », assure Marie-Laurence Vincent. La créatrice isarienne de la marque de maroquinerie Pierre et La Louve va à l’encontre des canons de la mode en proposant des produits qui ne seront pas désuets avec la prochaine saison. « Je travaille sur des tissus intemporels. Ce que le client achète aujourd’hui ne sera pas démodé demain », poursuit-elle. Eviter la surconsommation et faire du made in France sont deux des objectifs de la créatrice d’Elincourt-Sainte-Marguerite.

Donner de la modernité
Il y a encore quelques années, Marie- Laurence Vincent travaillait dans le service marketing pour de grands groupes. Yves Saint-Laurent, Givenchy ou encore Lolita Lempicka ont été ses employeurs. Inconditionnelle des sacs à main, elle décide de quitter Paris en 2007, démissionne de son poste chez Lolita Lempicka et s’installe dans l’Oise. Elle part avec une idée de création de marque dans la maroquinerie. « Quand on est créative, on aime raconter des histoires », précise-t-elle. Mais pour la rendre intéressante, dès 2007, elle penche pour des réalisations purement françaises. Toute la fabrication et un maximum des produits utilisés doivent provenir du marché intérieur. Pour cela, elle décide de s’attaquer à la tapisserie. « J’avais un penchant pour la tapisserie que je trouvais assez désuète voire ringarde alors que c’est un matériau noble. J’ai travaillé sur des motifs pour lui donner de la modernité », continue-telle. Ainsi, lors d’un premier salon en 2007, au cours duquel elle obtient un prix découverte, elle y montre un sac de sa collection Les Parisiennes sur lequel l’inscription « made in France est tissée de manière bien visible.
Elle se lance à l’assaut du marché et commence par s’attaquer à des magasins où des grandes marques françaises de maroquinerie sont installées. Le modèle ne fait pas recette. En 2010, elle change de mode de distribution en conservant son idée. « Mon produit avait deux vocations fortes, préserver la tapisserie et l’emploi en France », assène-t-elle. A cette même date, elle doit changer de fournisseur, car la tapisserie roubaisienne auprès de laquelle elle se fournissait ferme. Elle passe alors par Art de Lys, un autre fabricant de textile basé à Lys-lez-Laonnois. Pour la distribution, elle décide de passer par des conseillères de vente, via des ventes privées, ainsi que des ventes sur Internet. Si les ventes par Internet restent marginales, son système de vente à domicile commence à fonctionner. « J’ai mieux vendu et notamment sur le second semestre 2012, parce que mon produit défendait de vraies valeurs », indique-t-elle.
Aujourd’hui, elle compte cinq conseillères de vente dans l’Oise et compte sur la prise de conscience des consommateurs pour poursuivre son combat et faire connaître sa marque et ainsi préserver des emplois en France. « Ma marque a une vraie renommée sur la qualité », affirme-t-elle. Le bouche à oreille reste son meilleur mode de vente et elle réinvestit l’argent de chaque sac vendu dans son entreprise pour les prochaines collections. Celle à venir pour le printemps et l’été est déjà prête à être lancée. Pour cela, elle compte passer de cinq conseillères actuellement à une quinzaine d’ici la fin de l’année 2013. Doucement mais sûrement, elle cherche à installer la marque en Picardie et pourquoi pas dans le nord de la France.