Entrepreneur-salarié : entreprendre en toute tranquillité

Voilà un an que la BGE Oise, bientôt BGE Picardie, a mis en place un dispositif qui aide les entrepreneurs à reprendre ou créer leur entreprise : la coopérative. Elle permet aux entrepreneurs, qui ont ou ont eu une entreprise ou qui sont en test d’activité, de poursuivre le développement de leur activité dans une structure avec un salaire et un accompagnement en permanence. Ce système est idéal pour ceux qui ont un projet concret, un chiffre d’affaires mais qui n’osent pas encore se lancer dans le monde de entrepreneuriat. Il octroie surtout le statut d’entrepreneur-salarié.

Les coopératives ont été présentées lors d'une journée consacrée à l'entrepreneuriat à Clermont.
Les coopératives ont été présentées lors d'une journée consacrée à l'entrepreneuriat à Clermont.

 

Yvon Delahaye, responsable de la coopérative et de l'antenne de Clermont BGE Oise
Yvon Delahaye, responsable de la coopérative et de l'antenne de Clermont BGE Oise

Depuis de nombreuses années, la BGE accompagne les créateurs et les repreneurs d’entreprise : test d’activité, couveuse, formations, aides et conseils… Mais, depuis un an, elle va encore plus loin dans sa démarche en instaurant un nouveau dispositif : la coopérative. La BGE Picardie est l’une des premières BGE de France à le mettre en place. Cette nouvelle forme d’aide donne ainsi la possibilité à ceux qui ont un projet bien étudié d’obtenir un CDI et surtout d’avoir le temps de le concrétiser. Chaque personne obtient le statut d’entrepreneur-salarié qui est « un gage de sécurité » car il permet de conserver les acquis de droits sociaux (retraite, Pôle emploi) et couvre également les accidents du travail ou civils.
En somme, chaque personne adhérente travaille dans son entreprise sans avoir d’immatriculation et perçoit un salaire, chaque fin de mois, de la coopérative, en fonction de son chiffre d’affaires. « La coopérative permet de développer les activités de l’entrepreneur sans qu’il ait le souci des contraintes administratives mais, par contre, il faut quand même qu’il y ait une activité car plus l’entrepreneur a un chiffre d’affaires haut, plus il est payé », explique Yvon Delahaye, responsable de la coopérative. Autre avantage de la coopérative, elle accueille tous les profils : demandeur d’emploi, personne handicapée, salarié à mi-temps, retraité… Tout est possible tant que le projet vit. Le but à terme ? Retrouver un emploi, créer son entreprise ou devenir coopérateur salarié.

Deux coopératives
Pour accéder à cette coopérative, le créateur ou le repreneur d’entreprise doit cependant montrer patte blanche aux conseillers. Il doit avoir une entreprise, un minimum de chiffre d’affaires, un projet certifié et une solide expérience. « Le but n’est pas d’assister les personnes mais de les aider dans leur projet de vie. Nous sommes là pour leur donner un coup de main, il faut donc qu’il y ait une base solide, nous ne pouvons prendre n’importe quel profil et chaque candidature est minutieusement étudiée »,continue le responsable. Il existe deux coopératives qui ont le même but mais qui n’accueillent pas les mêmes profils. La première, Coop emploi, est la coopérative de développement de l’emploi pour tous les emplois. La seconde est la coopérative de développement de l’emploi dédié uniquement aux services à la personne (CDESAP). Pour celle-ci, un dossier est remis à chaque entrepreneur avec des conseils et une tarification des services. Dans chaque coopérative, c’est avant tout un test d’activité en grandeur nature pour les entrepreneurs adhérents (10 % du CA pour la Coop emploi et aucune adhésion pour la CDESAP). C’est pourquoi le système de la coopérative, l’une des formes de l’économie solidaire qui prône le partage équitable de la richesse, donne de nombreux avantages. La BGE donne également accès à de nombreuses formations spécialisées, soit sur les métiers (par exemple : Comment faire le ménage ?), soit sur la gestion d’une entreprise (comptabilité, clients…). De nombreuses réunions sont également organisées entre les membres pour un partage d’expériences ainsi que des rencontres individuelles avec les conseillers de la BGE, pour un suivi personnalisé.

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Les coopératives ont été présentées lors d'une journée consacrée à l'entrepreneuriat à Clermont.
Les coopératives ont été présentées lors d'une journée consacrée à l'entrepreneuriat à Clermont.

L’argent de la cotisation est utile à tout le monde car la coopérative appartient à chaque entrepreneursalarié. Une aide précieuse pour le développement de l’activité. Mais ce système est-il réellement profitable à tout le monde ? « Si l’entrepreneur joue le jeu et qu’il arrive à se développer, ça fonctionne très bien. Il y a en a qui y restent plusieurs années car ce système leur convient et ils ne veulent pas se lancer dans une immatriculation, et d’autres, quelques semaines ou mois pour se donner confiance et développer leur portefeuille client, ce qui reste le plus difficile à obtenir », remarque Yvon Delahaye. Car cette coopérative ne peut être profitable qu’à l’entrepreneur qui se donne tous les moyens.
Ce dispositif est aussi un bon moyen de se faire une réputation et de se créer un réseau, toujours difficile à générer dans l’isolement. Ce dispositif n’est pas contraignant car l’entrepreneur peut quitter à tout moment la coopérative, sans aucune contrainte. D’ailleurs, 75 % des adhérents ont eu une sortie positive : 50 % ont créé une entreprise et 25 % ont retrouvé un emploi. « Une fois qu’une personne a créé son entreprise, nous la suivons durant trois années car c’est au bout de trois ans qu’on peut juger de la pérennité de l’entreprise. » Mais cette opération va encore plus loin. D’ici trois ans, l’objectif de la BGE Picardie est de créer un autre statut au sein de cette coopérative : le statut de salariécoopérateur. L’intérêt est qu’une personne qui devient salarié-coopérateur peut acheter une part de la coopérative pour une totale efficience du système. Pour que entrepreneuriat ne soit plus synonyme d’inquiétude…