Les CHSCT pour améliorer les conditions de travail

A l’occasion de la Semaine de la qualité de vie au travail, le CESTP-Aract (centre d’ergonomie et de sécurité du travail Picardie – association régionale pour l’amélioration des conditions de travail) a décidé de faire un focus sur les 30 ans des CHSCT (comités d’hygiène et de sécurité des conditions de travail). L’occasion de mettre en lumière par l’exemple deux de ces structures au sein d’entreprises régionales.

Malgré des exemples positifs, 30 ans après le CHSCT reste un outil sous-utilisé.
Malgré des exemples positifs, 30 ans après le CHSCT reste un outil sous-utilisé.

 

Malgré des exemples positifs, 30 ans après le CHSCT reste un outil sous-utilisé.
Malgré des exemples positifs, 30 ans après le CHSCT reste un outil sous-utilisé.

C’est dans les locaux de l’ARS (agence régionale de santé) que le président du CESTP-Aract, Dominique Bernichon, avait convié les participants à la journée consacrée aux 30 ans des CHSCT. Etaient présents, outre les responsables du CESTP-Aract, des élus syndicaux, essentiellement de la CFDT, des ergonomes, notamment le cabinet de conseil Omnia intervention, des ergothérapeutes et des étudiants en sociologie du travail ou en ergonomie.
Les travaux ont débuté par la projection d’un film d’archives sur la mise en place de la loi sur les CHSCT en 1982. Le contexte et le vote des lois Auroux, ministre du travail du gouvernement Mauroy, ont été rappelés par Edmond Maire, le secrétaire national de la CFDT de l’époque.

Audit à l’hôpital de Chauny
Vinrent ensuite les exemples, avec d’abord celui du CHSCT de l’hôpital de Chauny, dans l’Aisne. La responsable du CHSCT a signalé que « dans un contexte de modernisation et de réorganisation, le CHSCT a décidé de faire réaliser un audit sur les risques psychosociaux » au sein de l’établissement de santé, l’objectif poursuivi étant « d’améliorer le bien-être des salariés de l’hôpital, de réduire le taux d’absentéisme et de mettre en place des actions de prévention ». Sur les 800 salariés, 46 % ont répondu à un questionnaire élaboré par un cabinet extérieur en lien avec les responsables du CHSCT. Ce qui semble être une participation honorable.
Désormais, après avoir mis en place un plan d’actions en dégageant des priorités, on en est à la phase des actions sur le terrain.
Néanmoins, des questions se posent sur les limites aux lois Auroux pour les acteurs du changement. « Comment rendre acteur le salarié dans sa situation de travail ? Comment faire pour que les organisations syndicales et les élus des salariés aient la légitimité pour porter la parole des salariés ? Le rôle des CHSCT est encore peu connu et il y a des espaces de discussion à inventer. »

Une étude nationale
Le second témoignage concerne le centre d’appels amiénois Coriolis service. Le CHSCT a utilisé un outil élaboré par la CFDT : TEQ (travail en question) flash. Il s’agit d’un questionnaire qui permet de définir des axes d’amélioration des conditions de travail à travers le management, les horaires de travail ou l’évolution des salariés. A partir de 254 réponses au questionnaire, les élus ont dégagé des priorités, notamment sur les conditions de travail, les horaires ou le manque de reconnaissance. Les propositions pour un plan d’action concernent l’amélioration des postes de travail, l’évolution des salariés et le management. Dans ce dernier domaine, il s’agit en particulier de veiller à la formation des chefs d’équipe afin que ces derniers et leurs équipes soient en mesure de suivre l’évolution des produits.
Laurence Thery, directrice du CESTPAract, a ensuite présenté une étude nationale sur le rôle des CHSCT. Les CHSCT, entre dispositifs et pratiques est une étude réalisée auprès de 27 d’entre eux, de toutes tailles et à travers toute la France. Il s’avère que cette instance est au coeur de multiples tensions. Son rôle est encore mal identifié par les salariés. Les CHSCT disposent de beaucoup de possibilités mais trop peu connues et utilisées. Il y a une faible sollicitation des acteurs externes. La charge des élus est en augmentation et le turnover important ne permet pas la capitalisation de compétences longues à acquérir. Par ailleurs, le CHSCT est peu associé à la conduite des changements dans l’entreprise.